‹ Œuvres de Saint BernardChapitre 44 sur 385 · A ODON, ABBÉ DE BEAULIEU · texte numérisé non relu

A ODON, ABBÉ DE BEAULIEU

n lui conseille de rendre sans délai le dépôt du pauvre.

A soii frère et ami Odon, abbé des clercs réguliers de Beaulieu, le frère Bernard, indigne administrateur du monastère de Clairvaux : salut.

Il ne serait ni avantageux ni honorable à vous de retenir, si vous le- faites, le dépôt que

1 La Crète était un monastère de l'Ordre de Clteauz, dans le diocèse de Langres.

* Simon, abbé de Saint-Nicolas, dans la forêt des Vosges. Les lettres 83 et 84 lui sont adressées.

A G., ABBÉ DE TROTES\

n recommande à Tabbé de Troyes un clerc de complexion délicate qui renonçait au monde ; il craint qu'il ne soit trop faible pour l'austérité de Clairvaux.

A son ami et compagnon, au seigneur G., abbé des clercs chanoines de Troyes, le frère Bernard, serviteur inutile de Féglise de Clairvaux: le salut dans le Seigneur.

J'ai déterminé ce clerc, qui quittele monde et qui désirait demeurer avec nous, à se réfugier plutôt dans votre Ordre : j'ai craint qu'il ne fût brisé par la rigueur du nôtre. Nous vous le recommandons en conséquence comme un homme qui nous est parfaitement connu, dont les mœurs sont pures, et qui est instruit dans les lettres ; enfin comme un serviteur de Dieu, qui, par la grâce de Dieu, vous donnera, je le crois, de véritables consolations. Si^ en cfiTet, nous désirons qu'il aille chez vous, ce n'est pas tant à cause de lui, qu'à cause de vous, que nous aimons comme nous -même : en raison des mérites de sa vie, nous l'aurions gardé volontiers, si nous ne craignions de recevoir un clerc délicat, qui n'a pas l'habitude du travail. Adieu.

^ Guillaume, abbé de Saint-Martin de Troyes, de TOrdre de saint Augustin. L'expression de clercs chanoines a ici le même sens que celle de clercs ré«:uliers.

LETTRE CDIX.

À RORGON d'aBBEVILLE *•

11 Ini conseille de ne pas tenir grand compte de sa présence corporelle; il le prie de concéder à des Religieux une portion de terie inculte.

A un homme illustre et qui en même temps nous est cher^ à Rorgon d'Abbeville^ Bernard^ dit abbé de Clairvaux : le salut et nos prières.

Od nous a rapporté qu'il tous serait agréable de pouvoir jouir à votre aise de notre présence et de notre entretien ; et cela parce que, dans votre bienveillance, vous croyez que je suis un des serviteurs du Très-Haut. Et moi je vous dis, qu'en raison de l'humilité que vous montrez par là et de la bonne renommée de votre noblesse, qui est venue jusqu'à nous, votre présence nous serait également agréable. Mais, si cette affection naturelle qui est en nous est un bien estimable, elle n'est pas cependant un bien parfait. Car cette vue est toute corporelle ; elle est courte et nous est commune avec le reste des animaux. Nous devons donc plutôt aspirer à cette vision délicieuse de la sociétééternelle ; nous devons nous appliquer aux bonnes œuvres pour y parvenir. Nous prions votre charité de daigner accorder, à titre d'aumône, àréglise d'Ailly ', cette terre qui vous appartient dans la paroisse de Currenne. Notre cher et intime ami l'abbé d'Ailly vous en a parlé ; cette terre est déserte et inculte, et elle vous a toujours été inutile, ainsi qu'à vos prédécesseurs : que le bien que vous ferez en la donnant profite deyant Dieu à votre âme, et aux âmes de vos prédécesseurs et de vos successeurs.

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