A L ABBE G
Il le prévient qu*un certain religieux a assez de forces pour vivre selon les règles de la communauté.
Au seigneur G., abbé, le frère Bernard : tout ce qu'il désire pour lui-môme.
Apprenez que le frère G., depuis qu'il est re- Tenu de la Crète S où il a pris des remèdes, a suivi très-exactement la règle de la communauté en tous points, comme un des plus robustes ; on ne lui a servi aux repas rien autre chose que la nourriture commune , et il a constamment assisté aux veilles avec les autres. Si donc il veut en agir autrement avec vous, n'y consentez pas : car soyez certain que ce n'est pas chez lui maladie du corps, mais vice de l'âme. Adieu.
cet homme dit vous avoir confié. Il est venu se plaindre de cela auprès de moi, sans doute à cause de l'amitié intime et particulière qu'il sait exister entre vous et moi. Comptant, moi aussi, sur cette amitié, je le dis à votre honte, comment n'avez-vous pas, pour faire taire ces cris importuns, vendu plutôt le calice del'autel, si vous n'aviez ni bœuf ni cheval à vendre, pour rendre à cet homme ce qui lui appartient. Épargnez, je vous en prie, votre propre personne, épargnez la bonne renommée de voire maison, épargnez le saint temps du Carême où nous sommes, et que ce qu'on doit à ce pauvre homme sans contestation lui soit rendu sans délai, avant que la chose soit divulguée davantage et qu'on ne puisse plus s'acquitter sans un plus grand déshonneur.
LETTRE CDVIII.
LETTRE CDVL
A l'abbé de SAINT-NICOLAS*.
A son très-doux ami et collègue, Tabbé de Saint- Nicolas, le frère Bernard^ de Clairvaux : l'esprit de piété.
L'ennemi du Christ, le diable a fait son métier en séduisant un chrétien.Nous également nous avons, autant que possible, fait le nôtre en convertissant le malheureux séduit, qui par hasard est venu à nous. 11 vous reste à faire, vous aussi, ce qui vous concerne en recevant le converti; et ainsi tous ensemble nous espérerons que Dieu, un jour, fera ce qui lui appartient, en rendant à chacun selon ses œuvres.
LETTRE CDVII.