‹ Œuvres de Saint BernardChapitre 48 sur 385 · A VN HOMME QUI MANQUAIT A SA PROMESSE · texte numérisé non relu

A VN HOMME QUI MANQUAIT A SA PROMESSE

Il Texhorte à secouer le joug de la volupté et à accomplir son vœu d'entrer en religion.

Si vous VOUS oubliez vous-même, pour moi je ne vous oublie pas : car je vous aime, et plus je vous aime, plus je m'afflige, Maten-' dresse est la cause de ma douleur, et la douleur empêche l'oubli. Mais, hélas ! triste et malheureux souvenir l Je me demandais avec, étonnement qu'est-ce qui vous empêchait de venir, comme vous l'aviez promis. Je ne pouvais croire que vous violeriez, légèrement et sans une raison majeure, votre engagement, et un engagement de cette nature : car je vous avais trouvé assez fidèle et sincère dans votre tendre jeunesse. Je ne me suis pas trompé. La cause qui vous retient est, en réalité, grave et considérable. C'est celle qui a vaincu le trèsvaillant David, qui a séduit le très-sage Salomou. Que dirai-je? Celui qui tombe ne parviendra-t-il pas à se relever ? Oh 1 quej'aurais de choses d'une extrême importance à vous dire? mais il est trop long de les écrire : je vous les résume en peu de mots. S'il reste encore en vous quelque étincelle de notre ancienne affection, si vous avez conservé quelque espérance de sortir un jour de ce misérable esclavage ail vous êtes, si enfin vous ne voulez pas que la confiance, que vous avez encore, dit-on, au milieu d'une telle conduite, dans les prière^ etdansramiiiédenotrecommunauté,soitvain6 et se brise, ne difi'érez pas de revenir à Clairvaux, pourvu toutefois que vous soyez assez libre et maître de vous-même, pour oser vous séparer, au moins quelque temps, de cette bête cruelle qui s'applique chaque jour à dissiper vos biens et à répandre votre sang.

Autrement, sachez que vousêtes entièrement retranché du cercle intime de notre confraternité, et que vous ne pourrez plus désormais espérer qu'en vain de rentrer dans la société des gens de bien : car ce serait vous juger vousmême indigne de leur commerce, que de refuser d'écouter leurs conseils. Du reste, si vous ne tardez pas à venir, j'ai confiance qu'avant

de TOUS filre éloigné de nous, tous serez, par la miséricorde de Dieu, délivré des entrayes de mort qui tous retiennent.

LETTRE CDXVI.

A UN inconnu.

11 assore qu'il n'a pas été le dlstribalear des aumônes da eomle Thibaod.

Los lettres mordantes que vous avez pris l'babitude de nous adresser depuis quelque temps, montrent que tous soufft*ez d'une blessure au coeur. Au commencement, nous aTons pensé que tous ne parliez pas sérieusement, mais que tous Touliez, comme tous en aTiez coutume, plaisanter aTec nous : un moine .Tenu par hasard de Totre pays a dissipé Terreur de notre supposition. Quoi qu'il ne connût jusqu'ici de tos lettres que ce qu'il en a appris de notre bouche, il nous les a expliquées tout autrement, mais aTec beaucoup de Térité ; et il ne nous a laissé aucun doute sur les mauTais soupçons que tous nourrissez contre nous, comme si nous ne nous étions pas conduit en ami Tis-à-Tis de nos amis absents, dans la distribution des aumônes du comte de Champagne. Ce qui TOUS blesse, c'est que tous croyez que cette affaire a été laissée à notre disposition. Hais, si l'on croit que ce comte dirige sa personne ou ses affaires d'après nos conseils, on ne nous connaît guère, ni moi, ni lui, soyez-en sûr. Cela n'est que trop prouTé. Je lui ai demandé, aTec assez d'importunité et de hardiesse, de donner quelque chose à certains monastères, et spécialement à cet éTéque à propos duquel tous me reprochez si durement de n'aTOir pas ouTertement parlé de tous: je n'ai rien pu obtenir. Le comte a distribué lui-même de ses biens ce qu'il a touIu, et à qui il l'a touIu ; j'ai été en partie le témoin, mais non l'instrument de cette distribution ; le plus souTcnt, il a agi sans que je le Tisse, non d'ailleurs que j'en fusse jaloux. Peut-être aurions-nous pu arracher quelque chose pour nous-même, si nous l'aTions touIu : mais Dieu, grâces lui en soient rendues, nous a inspiré la pensée de ne pas même accepter ce qui nous était offert. Si maintenant tous me faites l'honneur de croire plutôt à ma i)arole qu'au bruit public en ce qui me concerne, il ne TOUS restera plus, je pense, aucun prétexte de nous considérer, l'évêque ou nous -même, comme moins dignes que par le passé de vos bienfaits, que tous jugez à propos de nous re-

procher. Croyez cependant que notis somtttes prSts à renoncer de bonne giîce à ce qu^notis ne méritons pas d'obtenir.

LETTRE CDXVIL

A L'ABBi DB TRONCmN.

n le prie de recevoir avec bonté le frère Dodon.

A son très-cher frère et collègue G., abbé de Tronchin, le frère Bernard de Cls^irvaux : le salut dans le Seigneur.

Voici le conseil ou plutôt la décision que nous aTons, dans notre simplicité, donnée au frère Dodon, quand il est Tenu nous conslitter. Comme il n'a apporté aucun motif suffisant pour justifier son désir de quitter son itiônkstère et son Ordre, nous n'aTons Tti aucune raison pour lui permettre de passer dans \ln autre. Ôuant au tœu qu'il prétend afroir fdit d'abord et dont il a surtout pris prétexte pour ses scrupules, comme il est certain que ce TŒU n'a été fait qu'en pensée, tout au plus en parole, et n'a pas eu d'autre suite, il ne doit aucunement être préféré au second Toeu dans lequel il parait, quqique postérieurement, s'être lié par la parole, par la réflexion, par l'habit, par la profession, puisque surtout le premier engagement ne paraît ni plus i^goureux ni plus parfait que le second. C'est pourquoi, nous ne croyons pas qu'il soit sur, même pour TOUS, qui dcTrez rendre compte de son âme au Christ, de lui accorder Totre autorisation sur ce point; car il est écrit : Le Seigneur mettra avec les ouvriers d'iniquité cerne qui ^enfoncent dans des voies tortueuses ^ Recevez- le donc aTec bonté comme un fils, gardez-le aTec soin comme un dépôt qui tous est confié : désormais, si je ne me trompe, il suiVra tos ordres et se rendra à tos conseils.

LETTRE CDXVni.

(Écrite l'an 1152.) A HUGUES, ARGHETÉQUE DB Mlinâf«

n le prie de confirmer la donation faite an monastère 'de Sa Vigny.

A son seigneur et bien-aimé "père Wugues, par la grâce de Dieu archevêque de Rouen, et à toiite réglise de Rouen, Bernard, dit abbé de Ctalrvaux : le salut et ses prières autant qu'il puisse en adresser au Seigaeur.

Notis informons Totre bonté et nous rendons un témoignage assuré de la Térité de ce fait,

* Ps cxxiv, 6.

TO

que le seigneur Philippe^ évêque de Bayeux, a concédéf sur notre prière, à vos fils, nos frères de Sayigny, un fonds de quatre acres de terre situé devant la grange d'Escure, en notre présence et en celle de notre révérend père le seigneur Henri, alors évêque d'York, du seigneur Guy^ abbé de Cher-Lieu, et de nos autres frères. C'est pourquoi nous prions et supplions très-instamment votre piété bien-aimée dans le Seigneur, de pourvoir avec votre sollicitude et vos sentiments paternels à ce que vos fils ne soient pas inquiétés à l'avenir au sujet de cette terre. Si donc quelqu'un, soit à présent, soit plus tard, veut élever quelque plainte à l'occasion de ce fonds ou recourir à quelque violence, il sera de votre charité de vous opposer comme un mur à cette attaque contre une maison qui est la vôtre, et de revendiquer son droit d'en jouir sans trouble : ce que nous écrivons est la vérité, la vérité vraie.

LETTRE CDXIX.

(Écrite Tan 1152.)

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