‹ Œuvres de Saint-Simon & d'Enfantin (volume 2)Chapitre 7 sur 44 · ET L'ULTRAMONTANISME EN FRANCE XX VII · texte numérisé non relu

ET L'ULTRAMONTANISME EN FRANCE XX VII

de tout culte et l'extinction de tout sentiment religieux ! Figurez-vous. que les partisans de l’irréligion, calculant les gradations par où le faux zele de la foi la conduit à sa perte, prononcent dans leurs cercles ce discours:

« Nos représentants avaient reporté sur ses bases antiques l'édifice du christianisme, et nos mesures pour le renverser étaient à Jamais deconcertées; mais ce qui devait donner à la religion une si grande et si imperturbable existence devient maintenant le gage de notre triomphe et le signal de la chute du sacerdoce et de ses temples. Voyez ces prélats et ces prêtres qui soufflent dans toutes les contrées du royaume l'esprit de soulèvement et de fureur; voyez ces protestations perfides où l’on menace de l’enfer ceux qui reçoivent la liberté; voyez cette affectation de prêter aux régénérateurs de l’empire le caractère atroce des anciens persécuteurs des chrétiens; voyez ce sacerdoce méditant sans cesse des moyens pour s'emparer de la force publique, pour la déployer contre ceux qui l'ont dépouillé de ses anciennes usurpations ; voyez avec quelle ardeurilégare les consciences, alarme la piété des simples, effraye la timidité des faibles, et comme :1l s'attache à faire croire: au

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peuple que la révolution et la religion ne peuvent subsister ensemble !

€ Or, le peuple finira par le croire en effet, et balance dans l'alternative d’être chrétien ou libre, il prendra le parti qui coûtera le moins à son besoin de respirer de ses anciens malheurs; il ne voudra plus connaître n1 adorer que le Dieu créateur de la nature et de la liberté; il ne voudra plus sacrifier que sur l’autel de la patrie! »

« Ah! tremblons que cette supposition de lin-crédulité ne soit fondée sur les plus alarmantes vraisemblances ! »

Le tribun fut prophète. Bientôt le sacerdoce réfractaire, émigré, insurgé ou conspirateur, soutenu et poussé par les princes de l’Église infidèles à l'alliance antique du christianisme et de la démocratie; bientôt le sacerdoce insermenté se fut tellement associé à la pensée liberticide et à la guerre à outrance des aristocraties et des monarchies européennes contre la démocratie française, que le peuple, autrefois #rês-chréfien, comme. ses rois, laissa fermer les temples et proscrire les prêtres du christianisme, pour aller entendre, dans des fêtes civiques, les apôtres de la raison, les ordonnateurs du culte de l'étre supréme et les fondateurs de la fhéophilanthropie, tous pontifes

| ET L'ULTRAMONTANISNE EN FRANCE cux improvisés de la révolution que la démience et la rage de ses ennemis devaient rendre passagère ment folle à son tour.

Mais, au milieu des extravagances qui se produisirent sous son drapeau et qui étaient provoquées par les fureurs de ses adversaires, la révolution française garda la puissante vitalité qu’elle ürait de la concordance de ses principes fondamentaux et de ses réformes capitales avec les exigences irrésistibles de l'esprit moderne, avec les nécessités nationales devenues manifestement souveraines. Le parti de l’ancien régirne (noblesse et sacerdoce) eut beau remuer l’Europe en sa faveur, s'appuyer sur la guerre étrangère et la guerre civile, il fut vaincu par le génie d’un soldat, qui devint bientôt le conquérant de l'Italie et qui réalisa le programme prophétique de Mirabeau, en faisant flotter partout le drapeau tricolore et en rétablissant les libertés gallicanes en France, par un concordat avec le pape, suivi d’articles organiques dans lesquels la déclaration du clergé de 1682 et l’édit de Louis XIV de la même année étaient remis en vigueur.

Malheureusement, Pie VII, qui s'était proclamé bon démocrate en tant que bon chrétien, sur son siège épiscopal d’'Imola, était accessible

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aux insinuations perfides d'une société ambitieuse, condamnée et dissoute par Clément XIV, après avoir été expulsée de la plupart des Etats européens. Les jésuites, partout repoussés, étaient parvenus à s’introduire dans les conseils du Vatican pour y exercer une influence ommipotente dont ils usèrent tout d’abord pour faire prononcer par le Saint-Siége le rétablissement de leur ordre qui eut aussitôt d'habiles et ardents émissaires pour reprendre partout l’enseignement de sa morale et de sa politique, naguère universellement condamnées .

Dès les premiers jours de leur rentrée en grâce au Vatican, leur souffle malfaisant s'était fait reconnaitre dans les embarras que la cour de Rome suscita obstinément autour de la diplomatie française, sur toutes les questions relatives à l’interprétation du concordat et des articles organiques que l'ultramontanisme repoussait plus violemment que jamais comme trop favorables aux libertés gallicanes. |

Napoléon s'irrita vivement des obstacles que son gouvernement rencontrait dans les rapports de l’Eglise et de l'État, de la part du Saint-Siège envahi par l'esprit de Loyola. Il demanda un exposé de l’un des actes d'opposition de la cour

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