‹ Œuvres de Saint-Simon & d'Enfantin (volume 2)Chapitre 9 sur 44 · ET L'ULTRAMONTANISME EN FRANCE NAXH · texte numérisé non relu

ET L'ULTRAMONTANISME EN FRANCE NAXH

aux quatre articles de la Déclaration du clergé de 1682. Si les articles sont orthodoxes, pourquoi lès papes les repoussent-ils? S'ils ne sont pas conformes à la croyance des papes, les papes et les Français ne sont donc pas de la même religion ! » | La chute de Napoléon ne pouvait donc qu’enhardir de plus en plus les ultramontains dans la guerre par eux entreprise contre les libertés gallicanes. Les princes de la maison de Bourbon, dégagés de tout lien à l'égard du Concordat, en offrirent l’abolition au pape qui leur redemandait Avignon. La vieille royauté et l’antique papauté s'accordèrent facilement sur l’abandon du traité qui avait relevé le catholicisme en France sous le frein du gallicanisme, et un nouveau concordat, soigneusement préparé par les ultramontains. fut conclu entre M. de Blacas et le cardinal Consalvi, tandis que la Chambre des députés âdoptait la proposition suivante :

« La dotation de l'Eglise catholique, apostolique et romaine se composera désormais : 1° des allocations portées au budget pour dépenses du culte, etc., montant ensemble à 41,621,307 fr., lesquelles allocations seront immobilisées et converties en une rente perpétuelle d’égale somme à

xxxiv COUP D'OEIL HISTORIQUE SUR LE PÉRIL SOCIAL

payer à dater du 1° janvier 1816; 2° des bois et autres biens provenant de l’ancien clergé, et actuellement entre les mains du Gouvernement, lesquels bois et biens seront immédiatement affectés, à titre de propriété incommutable, aux établissements ecclésiastiques. »

Mais le potentat le plus influent de la saintealliance, l’empereur Alexandre, s’émut de la marche rétrograde du Gouvernement français, et il chargea son ambasseur à Paris d'obtenir de Louis XVIII l'ordonnance du 5 septembre 1816, qui arrêta tout à coup le mouvement réactionnaire. Dès l'apparition de ce grand acte de prudence politique, le nouveau concordat et toutes les conquêtes imaginées par 1’ultramontanisme restérent à l’état de projet et parurent destinés à tomber dans l'oubli. Il s’en fallait, toutefois, que cette retraite officielle du parti clérical dût être considérée comme une déroute décisive, impliquant un désarmement absolu. Plus què jamais, au contraire. la secte directrice de l’autocratie pontificale n’avait agi dans l'ombre avec plus d'activité et de succès, en créant, sous le voile de la propagation de la foi, une congrégation qui devait donner au général des jésuites une milice occulte aussi ardente qu'innombrable. Le

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