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DEUXIÈME PENSÉE

Jusqu'à ce jour, la division des travaux scientiliques en études à priori et en études à posteriori, n'a été considérée que sous son rapport

24 ŒUVRES DE SAINT-SIMON métaphysique. Jusqu à ce jour, on a cru que les phénomènes de toutes les classes pouvaient également être étudiés par l’une ou l’autre, par l’une et l’autre de ces deux méthodes. Nous allons nous placer à un autre point de vue ; nous allons envisager cette division sous son rapport physique. Nous ferons voir qu'il est une classe entière de phénomènes qu'on ne peut étudier qu'à poste riori, et que l’autre moitié de la science se présente toujours à nous à priori.

La physique, c’est-à-dire la science, se divise en deux branches principales, savoir : la physique des corps bruts et celle des corps organisés. Les témoignages de nos sens servent de base à l'étude de la physique des corps bruts. Or, les témoignages de nos sens étant évidemment un point de départ à posteriori, il est clair que nous suivons, dans l'étude de cette branche de nos connaissances, la marche à posteriori.

Dans la physique des corps organisés, l’action de notre force vitale (considérée comme force virtuelle; est le point de départ de toutes nos études ; car c’est toujours par analogie que nous jugeons l’ensemble et les détails du phénomène de la vie, dans les autres corps organisés. Il arrive donc (chose qui n'avait jamais été remar-

MÉMOIRE SUR LA SCIENCE DE L'HOMME 9923 quée) que quand on passe des considérations à posteriori aux Conditions à priori, on passe réellement de l'étude de la physique des corps bruts à celle des corps organisés, e{ vice versä.

Uñe bonne définition de la vie, sous le rapport physique, est le seul moyen, est un moyen sûr pour tracer d'une manière invariable la ligne de démarcation entre les sensations à priori et celles à posteriori.

La vie, sous le rapport physique, est le point matériel où toutes nos forces vitales vont converger et d'où elles divergent. Les sensations à posteriori sont les effets produits par les actions vitales, depuis les limites de notre être jusqu’au point de convergence ; celles à priori sont les effets de l’action vitaie divergente.

Si vous prenez, Messieurs, la peine de caver cette idée au point nécessaire pour vous l'approprier, elle deviendra dans vos mains, bien plus habiles que les nôtres, une mine scientifique de la plus grande richesse.

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