‹ Œuvres de Saint-Simon & d'EnfantinChapitre 79 sur 94 · HUITIÈME PENSÉE · texte numérisé non relu

HUITIÈME PENSÉE

Cette conception se présente à priori dans notre esprit : nous l’exposons dans ce mode ac- Uf, imaginant, Messieurs, que vous ne nous saur-

Socrate, lequel avait déjà douze cents ans de date, le caractère politique, d'une part, en donnant au pape la souveraineté de Rome, et d’une autre part, en forçant les Saxons à reconnaître la juridiction papale, jusqu’au xrv° ou xv° siècle, époque où Wiclef et Luther ont paru. Enfin, depuis Wiclef Jusqu'à ce jour, voilà près de cinq cents ans d’écoulés, et pendant ces cinq cents .dernières années, la doctrine de Socrate a cessé d'abord d’être scientifique, puisque le nouveau système astronomique produit par Copernic a été préféré par les savants à celui dans lequel la terre était placée au centre du monde et où tout l'univers avait été créé pour elle, particulièrement pour l’homme qui l’habitait; elle s’est dépouillée ensuite du caractère religieux, car Bayle d’abord, ensuite Voltaire et les Encyclopédistes, l'ont complétement tournée en ridicule sous ce rapport, et ont donné le nom de superstition à la croyance qui, jusque-là, avait porté celui de dévotion. Enfin elle a cessé d’avoir un caractère politique, quand l’empereur Napoléon a retiré au pape la souveraineté que Charlemagne lui avait donnée.

Qu'elle est belle, simple, qu’elle sera riche dans ses résultats, cette division non point créée mais observée, non point métaphysique mais physique, qui partage le temps écoulé depuis Socrate jusqu’à nous, d’abord en deux parties égales, ayant chacune un caractère bien distinct, puisque pendant la première moitié l'esprit humain a prineipalement marché à priori, tandis que, pendant la deuxième, l'Ecole s’est occupée de la recherche de toutes les petites sources dont la réunion forme le fleuve philosophique à pos-

- rez pas mauvais gré de ce que nous ne prenons pas la peine de la repasser au passif.

Vous êtes sûrement étonnés, Messieurs, contrariés de voir la suite du discours de Socrate renvoyé au troisième mémoire; nous allons vous faire connaitre les raisons qui nous ont engagé à prendre ce parti, nous espérons que vous les approuverez.

C’st du sort de l’Espèce humaine, jusque dans : l'avenir le plus reculé, que nous parlerons dans la deuxième partie du discours de Socrate ; nous présenterons l'influence de la conception de la gravitation, comme devant être la plus grande possible; nous présenterons cette idée comme devant jouer le rôle d'idée générale absolue et remplacer l’idée Dieu. Or, cette idée, dans l’état actuel des choses, est si loin d’avoir

teriori, fleuve qui, par parenthèse, prend le nom de priori quand il se divise en canaux qui vont vivifier toutes les parties du domaine scientifique et porter l'union, l'abondance etle bonheur dans tous les champs d’inteiligence particu- | lière.

Quelle est belle cette sous-division du temps qui s’est écoulé depuis Socrate jusqu'à nous, en quatre parties égales, ayant chacune un caractère bien marqué, bien tranché, ainsi que nous l’avons établi dans la présente note.

Que l’histoire va devenir intéressante et instructive, quand les historiens auront reclassé les faits d’après cette théorie !

ce degré de généralité, que nous ne serions point compris dans ce que nous-dirions, si, par un travail particulier, nous ne lui imprimions pas, ou si nous ne démontrions pas, au moins, qu'elle est susceptible de l’acquérir, démonstration qui sera l’objet du mémoire suivant.

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