‹ Œuvres de Saint-Simon & d'EnfantinChapitre 83 sur 94 · DEUXIÈME PARTIE. Pret · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. Pret

Nous diviserons également cette deuxième partie en quatre sections.

PREMIÈRE SECTION

Nous présenterons dans cette première section les deux idées de Newton représentées et conçues à priori. Nous démontrerons : 1° que par celte opération on comprend, on lie entre elles

toutes les vérités trouvées par Newton, et qu'on fait disparaitre les erreurs qu'il avait commises, c'est-à-dire l'opposition dans laquelle il avait placé certaines de ses vues, 2° que par cette marche on rallie toutes les découvertes en physique générale, faites depuis Newton, à celles que ce grand homme nous a laissées; 3° que par ce moyen on organise une théorie qui conduira vraisemblablement à la découverte des faits nécessaires pour soumettre au calcul l’obliquité et l'excentricité des orbes des astres dépendant du système solaire, en raison de leur densité et du degré de rareté des milieux dans lesquels ils parcourent leur carrière.

DEUXIÈME SEOTION.

Nous ferons voir les avantages particuliers pour l'astronomie, et généraux pour la science, qui résulteront de la marche à priori; nous ferons sentir qu'il est important de donner à cette direction la même vogue que celle opposée a-eue constamment et même de plus en plus depuis le calife Almamoun jusqu'à ce jour.

TROISIÈME SECTION

Nous ferons voir dans cette troisième section qu'on donne aujourd'hui beaucoup trop d’importance à l'analyse algébrique, et qu'on fait trop peu de cas de l'analyse logique, ce qui est constaté par le fait que la mathématique se trouve en tête de toutes les sciences de l’Institut, tandis que la logique n’est pas même admise dans la première classe. Nous ferons remarquer que l'analyse logique est la seule qui puisse être employée dans la physiologie, et notamment dans la science de l’homme, qui forme la sommité de cette branche de nos connaissances. Nous ferons voir que la mathémathique, dans ses parlies transcendantes, ne peut être appliquée qu'à des phénomènes dépendant de la physique des corps bruts, qui sont d'un intérêt très-secondaire, en comparaison de ceux de la physique des corps organisés. Enfin nous démontrerons qu'il est important pour le bonheur de la 50ociété de diminuer un peu le degré de considération dont la mathématique jouit dans ce momeñt.

Ce ne sera pas la considération des mathéma-

ticiens que nous dirons qu'il est utile de diminuer, mais seulement de la mathématique, car les mathématiciens sont aptes à être bons logiciens, ils sont aptes à faire faire des progrès à la science de l’homme, ils sont même, en général, plus aptes que d’autres, 1° parce que la mathématique donne de bonnes habitudes logiques ; 2° parce que la mathématique, dans ce moment et depuis assez longtemps, étant la science la plus considérée, les têtes les plus fortes se sont de préférence livrées à cette direction. Nous rappellerons que c'est à Condorcet, mathématicien distingué, que la science de l’homme doit le dernier pas important qu'elle a fait.

QUATRIÈME SECTION

Nous développerons dans cette quatrième et dernière section les idées suivantes :

Si Descartes reparaissait aujourd’hui, il rendrait en peu de temps à l'École française la prééminence dont elle a joui. Les circonstances dans lesquelles Descartes a paru n'étaient point favorables à son génie, et cependant il a fait faire des pas de géant à la science. Que feraitil donc aujourd’hui que les circonstances seraient

les plus favorables possibles à la nature de son génie ?

Nous développerons aussi cette autre idée :

L'observation prouve que les révolutions scientifiques et politiques sont successivement, à l'égard les unes des autres, causes et effets. Locke et Newton ont paru peu de temps après la révolution d'Angleterre, Nous devons nous attendre tous les jours à voir éclore des idées scientifiques neuves et de la plus grande importance. Dites-nous, Messieurs, celles que nous vous soumettons ne sont-elles pas de nature à produire une grande révolution scientifique ?

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