‹ Œuvres de Saint-Simon & d'EnfantinChapitre 91 sur 94 · CONCLUSION DE CE TROISIÈME MÉMOIRE · texte numérisé non relu

CONCLUSION DE CE TROISIÈME MÉMOIRE

Nous conclurons de ce que nous aurons dit dans ce troisième mémoire, qu'il est possible d'organiser une théorie générale des sciences, tant physiques que morales, basée sur l'idée de la gravitation considérée comme loi à laquelle Dieu a soumis l'univers, et par laquelle il le régit. Nous dirons quel est le plus prompt moyen par lequel on peut arriver à cette organisation; le voici: c'est que toutes les sociétés savantes mettent au concours la question à traiter, et nomment des commissaires chargés de décerner le prix à l'ouvrage qui aura le mieux atteint le but (c'est à Rome que ces commissaires doivent s’assembler). L'importance de ce travail est bien évidente, car la crise dans laquelle toute la population européenne est engagée n'a d'autre cause que l'incohérence des idées générales;

aussitôt qu'il y aura une théorie proportionnée à l'état des lumières, tout rentrera dans l’ordre, l'institution commune des peuples européens se rétablira d'elle-même, et un clergé d'une instruction proportionnée aux connaissances a0quises rétablira promptement le calme en Europe, en mettant un frein à l'ambition des peuples et des rois,

Nous ferons voir qu'il ne faut point s’effrayer de la difficulté qu'offre l’organisation d'une nouvelle théorie ; qu'il ne faut point se laisser dominer par un trop vif désir d'atteindre un très-haut degré de perfection. Nous engagerons les philosophes qui entreprendront ce travail à considérer combien la théorie qui a servi de base à l'ancienne doctrine scientifique, religieuse et politique, était vicieuse et cependant combien elle était utile. Nous leur prouverons que ce qui est important, c'est d'ébaucher ce travail le plus promptement possible, parce que, dès qu’une première ébauche en sera faite, il existera des moyens de faire cesser le terrible fléau de la guerre générale, et de réorganiser la Société européenneé, Seul objet philosophique qui mérite dans ce moment de fixer l'attention des savants: enfin nous dirons aux philosophes, nous contem-

porains, qu'après avoir rempli notre tâche de

notre mieux, nous lèéguerons à nos successeurs

le soin de perfectionner nos travaux.

Dans la préface générale qui se trouve en tête

du Mémoire sur la science de l’homme, ôn a

dù remarquer le passage suivant :

« Le travail que J'ai conçu ne se borne point au présent mémoire; il doit se composer de quatre mémoires avant pour titres : Mémoire sur la science de l’homme, Mémoire sur la philosophie, M émoiresur la réorqanisalion , du clergé, Réorganisations nationales des différents peuples. Je suis poussé à l’exécution de ce plan de travail, bien plus par la conviclion du besoin que la Société en a, que par le sentiment de ma capacité, pour fournir une carrière aussi longue et aussi pénible. de déclare, en y entrant, que je suis prêt à quitter la direction de l’entreprise ; que mon plus grand désir est de voir une personne plus capable que moi de s’en charger, et que je devien drai dès ce moment pour elle un collaborateur qu'elle emploiera comme elle le jJugera à propos. En attendant l'heureux jour où je metrouveral débarrassé de cette tâche infiniment au-

dessus de mes forces, voici la marche que je

süivrai pour la remplir le moins mal qu'il me sera possible. Je fais observer au lecteur que je dois, pour le moment, me regarder comme chef de l’entreprise et faire ma combinaison comme si je devais en diriger toute l'exécution.

« Je prends douze ans, à parür du 1” janvier 18138, pour l’exécution (c'est depuis cette époque, en effet, que j'y travaille). Mon Mémoire sur la science de l’homme sera présenté aux sociétés savantes de l'Europe le 1% janvier 1816; celui sur la philosophie, le 1* janvier 1819; celui sur la réorganisation du clergé, le 1% janvier 1822, et celui sur les réorganisations nationales des différents peuples, le 1% janvier 1825. » (1)

« La première section de mon Mémoire sur la science de l'homme est terminée; j’en ferai faire plusieurs copies à mi-marge, et je les remettrai aux personnes les plus capables de juger un travail de cette nature. Jde les prierai de m'aider de leurs conseils, en plaçant en marge leurs observations. Je leur remettrai copie de la seconde section quand elle sera

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