‹ Œuvres de SainteBeuve Pensées d'aoûtChapitre 8 sur 15 · A M. ROGER D’A · texte numérisé non relu

A M. ROGER D’A

Con templator cnim , guùm salis lutnina commue insertim fundimt radios per opica domorum, rnnlta minuta, moclis multis, per imnc, vidcliis...

Ltcuïci.

— Un rayon , un rayon venant je ne sais d’où , Rideaux, volets fermés, dans une chambre close. Près du berceau vermeil d’un enfant qui repose , Un oblique rayon trouvant jour au verrou ,

Et passant comme au crible en l’absence du clou , Un rayon au tapis dessinait quelque chose ,

Et , bizarre , y semait des ronds d’or et de rose , Un jeune chat les voit , jeune chat, jeune fou !

Il y court , il s’y prend . il veut cette lumière ; Au pied de ce berceau , manque-t-il la première , Il tente la seconde , et gronde tout fâché.

Je songeai : Pauvre enfant , ce jeu-là c’est le nôlre ! Nous courons des rayons , un autre , puis un autre , Tant que le soleil même, à la fin , soit couché.

a. mua û'uzji w&Luma&m

(Imite du Simiie.sinÿçr Uadlouli, en slvle légèrement rajeuni du sei/i- i ne

siècle).

Vite me quittant pour Elle , Lejeune enfant qu'elle appelle Proche son sein se plaça ;

Elle prit sa tête blonde ,

Serra sa bouchette ronde ,

0 malheur! et l'embrassa.

Et lui , comme un ami tendre , L’enlaçait , d’un air d'entendre

Ce bonheur qu’on me défend.

J'admirais avec envie ,

Et j’aurais donné ma vie Pour être l’heureux enfant.

Puis , elle aussitôt sortie ,

Je pris l’enfant à partie ,

Et me mis à lui poser ,

Aux traces qu’elle avait faites , Mes humbles lèvres sujettes :

Même lieu , même baiser.

Illais , quand j’y cherchais le bâme (1 ) Et le nectar de son ômc,

Une larnio j’y trouvai.

Voilà donc ce que m’envoie ,

Ce que nous promet de joie Le meilleur jour achevé !

(1) //aime, baume.

4 méwmwm iui a>. a»

Partez , puisqu’un départ est nécessaire encore , Puisque la guérison , que notre France ignore , Vous rappelle en Bohême au murmure d'une eau Partez , et qu’en chemin la poussière embrasée Sur votre front pâli s’adoucisse en rosée !

Que le jour ait moins de fardeau !

Que les feux du soleil et son char qui fermente , Rentrent sous le nuage à l’heure trop fumante !

Que votre char , à vous , n’ait secousses ni bruits ; Qu’ii glisse eu de longs rangs de tilleuls et de saules , Comme un doux palanquin porté sur des épaules ,

A la clarté des tièdes nuits !

Qu’au côté douloureux nul coup ne retentisse!

Et qu'à peine arrivée à cette onde propice ,

A l’urne qui bouillonne au pied des rameaux verts. Chaque flot double en vous ses vertus souveraines , Ramène la fraîcheur et la paix dans les veines ,

Et fonde tous graviers amers !

Parte* , et que les dieux se mêlent au voyage ,

Celui du bon sourire et du parfait langage ,

Et celui de la grâce et du noble maintien!

Et celui des beaux noms , qui , jeune et séculaire , Conserve si léger, aux mains faites pour plaire ,

Le sceptre qui ne blesse rien !

Non que le Dieu vivant , le seul qui vous connaisse Celui de la famille et des amis qu'on laisse ,

Vous protège et vous garde, et vous rende aux souhaita Au Thil , dans votre allée où pleure le feuillage,

La porte close attend , par où , vers le village ,

Vous vous échappiez aux bienfaits !

Près de vous à la ville , et quand un soin fidèle A, dès l’aube, aux devoirs partagé votre zèle ,

Aux heures des loisirs et des riants discours ,

On s’assied , et d’amis une élite choisie

Prolonge , recommence honneur et courtoisie ,

Et ce charme, parfum des jours.

Ceux qui , se rencontrant dans cet aimable empire , Se sont , pour tout lien , vus à votre sourire ,

Si plus tard dans la vie ils se croisent encor , Soudain la bienveillance a rapproché leur ftme,

Car leurs destins divers et d'incgale trame Ont touché le même anneau d’or.

& sa» me.

«fl Ui* iD'Jt ZJl&TAÜ&'T*

.... L 'oi Mvel«i eat «le l'ancien régime. L'isole* ment eat un anachroniime. Avec du talent peraonne n'en a le droit.

— Lit Ire. —

Assez d’autres suivront les routes où la foule Marche et guide, à son tour , qui la voudrait guider ; Assez d’autres iront à la pente où tout roule ,

A ce croissant concours qui va tout commander. Assez d’autres suivront l’intérêt ou la gloire ,

Le bien public aussi , fantôme des grands cœurs , Idole si contraire aux Pénates d’ivoire,

Et le Forum rouvert , dévorant ses vainqueurs.

Laissez , laissez encor quelques-uns , à leur guise , Tenir l’étroit sentier et cultiver l’oubli ,

Et haut dans la colline où la source se puise , S’abreuver de tristesse ou d’un rêve embelli.

Il faut au* souvenirs quelques âmes voilées , S’enchaînant au regret , ou bien au lent espoir.

Aux généreux amis tombés dans des mêlées ,

Il faut, plus faible , au moins garder foi jusqu'au soir.

Peut-être à tous les vœux de la jeunesse enfuie Il ne faut pas toujours dire qu’on a failli.

Pour l’avenir qui naît et pour sa jeune vie

On peut croire au fruit d’or qu’on n’aura pas cueilli.

Il serait bon d’ailleurs ( et même pour l’exemple, Dans les rôles divers , c’en serait un bien sûr ), Que quand tous à la fête , à la ville , à son temple , Se hâtent , l’un restât , servant l’autel obscur.

Comme moi vous savez une Dame au bocage

(Las ! aujourd’hui luttant contre un mal inhumain ! ) ,

Qui ne veut qu’une allée en tout son vaste ombrage ,

Et de qui l’on a dit : « Elle est dans son chemin ! »

Oh ! que je fasse ainsi sur ma maigre colline ,

Vers les scabreux penchants où la chèvre me suit ! Qu’en mon caprice même un sentier se dessine , Tournant , et non brisé , de l’aurore à la nuit !

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Pourtant la solitude a ses heures amères :

Des cités , je le sais , parfois un vent nous vient , üne poussière , un cri , qui corrompt les chimères Et relance au désir un cœur qui se retient.

Alors tout l'étre souffre ! on aspire le monde , On y voudrait aussi sa force et son emploi.

On dit non au désert , à la verdure , à l’onde ;

Et les zéphyrs troublés ne savent pas pourquoi.

* Peut-être , hélas ! l’envie au pauvre cœur va naître ,

Et cet amour haineux de l’éclat qu’on n’a pas ;

Mais si soudain alors , vous frappant sous le hêtre ,

Un appel éloigné lève et suspend vos pas;

Si , du prochain cortège où la foule se presse ,

Une voix rompt ce cri tout-à-l’heure importun ,

Si , de dessus la haie où l’épine se dresse ,

La bienveillance en fleurs envoie un bon parfum,

Alors , tout refusant ce qui n'est point possible ,

On est touché du moins , et , d’un cœur (non jaloux ,

On reprend son sentier et la pente insensible ,

Et pour longtemps les bois et l’oubli sont plus doux.

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