SERMON POUR LA FETE DE LA PURIFICATION
2 février 1620 (1 )
* Psaimi xxxii, 9, Dieu dit comme il fait et fait comme il dit* ; en quoy
il nous monstre qu'il ne nous faut pas contenter de bien dire, mais qu'il faut que nous ajustions les effects à nos propositions et les œuvres à nos parolles si nous luy voulons estre aggreables ; et tout ainsy que son dire est faire, il veut de mesme que nostre dire soit incontinent suivi du faire et de l'exécution de nostre bon propos. Pour cela , quand les anciens vouloyent représenter l'homme de bien, ils se servoyent de la comparaison d'une pesche sur laquelle ils appliquoyent une feuille de pescher, parce que la pesche a la forme d'un cœur et la *Piutarch., opusc. feuille du pescher celle de la langue *. Ils signifioyent
de Iside et Osiride, . ,,, - . . ,
c. xxxv. ainsy que 1 homme de bien et vertueux a non seulement
une langue pour dire beaucoup de bonnes choses, mais que cette langue estant appliquée sur son cœur, il ne parle sinon à mesure que son cœur le veut, c'est à sçavoir, il ne dit sinon des paroles qui procèdent premièrement de son cœur, qui le porte quant et quant à l'opération et aux effects de ses paroles. Pour le mesme sujet, les quatre animaux n'avoyent pas seulement des aisles pour voler, mais aussi des mains au dessous
* Ezech., 1, 5-8. d'icelles *, à fin de nous donner à entendre que nous
( 1 ) Plusieurs raisons se réunissent pour autoriser à croire que ce sermon et le suivant sont de 1620, époque à laquelle, selon le témoignage de sainte Jeanne-Françoise de Chantai, le saint Evêque prêchait fort souvent à la Visitation. De plus, on reconnaît dans ces deux pièces le style de la Mère Claude-Agnès de La Roche. Enfin le sermon pour le Vendredi-Saint contient diverses allusions qui ne permettent pas de lui assigner une autre date.