‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 161 sur 273 · T UC3B X 3 ^ O · texte numérisé non relu

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hommes les choses que je vous ay apprises, et entrant '

aux maisons dites : La paix soit céans. Comme s'il eust voulu dire : Annoncez d'abord en entrant es maisons que vous n'y allez pas pour y mettre la guerre, mais pour y apporter la paix de ma part, et que quiconque vous recevra demeurera en paix ; au contraire, quiconque vous rejettera aura indubitablement la guerre. Mais cecy je le diray tantost.

Le saint Evangile, comme la sainte Eglise, n'est que paix *. Il a esté commencé par la paix, comme nous * Vide supra, p. 286. voyons en l'Evangile qui se lit en la Nativité de Nostre hujus°EditP, p.^! Seigneur, en laquelle les Anges chantoyent : Gloire à Dieu es lieux hauts, et paix en terre aux hommes de bonne volonté *. Et par après il ne presche que la paix : * Lucae, n, 14. Je vous donne ma paix, dit le Sauveur * parlant à ses * Joan., ubi supra. Apostres, je vous baille ma paix, mais je ne la vous donne pas comme le monde la donne, ains comme mon Père me la donne. Le monde, semble-t-il dire, ne donne point ce qu'il promet, car il est un trompeur ; il amadoue les hommes, leur promettant beaucoup, et puis en fin ne leur donne rien, se moquant ainsy d'eux après qu'il les a trompés. Mais moy je ne vous promets pas la paix tant seulement, ains je vous la donne ; et non pas une paix telle quelle, ains telle que je l'ay receùe de mon Père, par laquelle vous surmonterez tous vos ennemis et en demeurerez victorieux. Ils vous feront voirement bien la guerre, mais nonobstant leurs assauts vous conserverez la tranquillité et la paix en vous mesme. En somme, le saint Evangile ne traitte presque par tout que de la paix ; et comme il commence par la

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paix, de mesme il finit par la paix pour nous enseigner que c'est l'héritage que le Seigneur Dieu nostre Maistre a laissé à ses enfans qui sont en la sujétion de la très sainte Eglise, nostre bonne Mère et son Espouse très chère.

Cependant, comme cette paix est un peu bien générale, il nous faut traitter de la seconde, qui est celle qui nous pacifie avec Dieu, avec le prochain et avec nous mesme. Quant au premier point, nous avons desja dit que c'est par le moyen de la Mort et Passion de Nostre Seigneur que nous avons esté reconciliés avec Dieu. Mais comme despuis nous nous sommes tant de fois rendus rebelles et desobeissans à ses divins commandemens et avons perdu, autant de fois que nous sommes tombés au péché, cette paix que Jésus Christ nous avoit acquise, nous avions besoin d'un nouveau moyen de reconciliation. C'est à cette fin que nostre divin Maistre institua le très saint et très auguste Sacrement de l'Eucharistie, à fin que comme nostre paix avoit esté faite avec son Père céleste par le sacrifice qu'il luy offrit luy mesme sur la croix, il fust semblablement apaisé par ce divin sacrifice autant de fois qu'il seroit offert à sa justice irritée. Nul homme, fors les enfans de l'Eglise, ne peut avoir de tels moyens pour se reconcilier avec Dieu, à faute * Ephes., 11, 3. desquels aussi ils demeurent tousjours enfans cVire * et misérables.

Nostre Seigneur disoit donc bien justement : Je vous donne ma paix, puisqu'il se donnoit luy mesme qui *Ibid.,$M4;Mich., est la vraye paix *. La paix n'appartient qu'aux enfans v' ly de l'Eglise, il est vray ; car tous les autres n'ont point les

moyens de reconciliation que nostre Sauveur nous a donnés pour nous remettre en la bonne grâce de Dieu son Père autant de fois que nous la perdons, bien que véritablement nous la perdions par nostre faute. La guerre n'est entre les Chrestiens sinon entant qu'ils ne sont pas en la grâce de Dieu ; car, s'ils y demeurent, le diable, le monde et la chair n'ont nul pouvoir sur eux. Hé, ne le voyez-vous pas, puisque Nostre Seigneur asseure ses Apostres qu'ils vivront en paix, ayant par

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