‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 179 sur 273 · Sermons recueillis · texte numérisé non relu

Sermons recueillis

contentement en la prattique des maximes de la perfection chrestienne qu'elle a reconneùes par le don d'entendement. Ainsy, faisant tout au contraire des gens du monde, qui estiment bienheureux les riches, ceux qui sont honnorés et qui vivent délicieusement, elle tient pour bienheureux les pauvres d'esprit, puisqu'elle a trouvé cette vertu dans le cœur de Dieu mesme; bienheureux les humbles, bienheureux ceux qui portent et font paroistre dans leur extérieur la mortification procédante de l'intérieure renonciation et mespris de tout ce dont le monde fait estât.

Je finis par cette considération que tous ceux qui estoyent dans le cénacle receurent le Saint Esprit et parloyent tous selon que le mesme Saint Esprit leur

* Vide supra, p.317. donnoit* ; mais non pas tous d'une mesme façon, n'ayans

pas tous esté commis pour prescher l'Evangile comme saint Pierre et les autres Apostres ; car nous ne pouvons pas nier qu'il n'y eust des femmes, puisque l'Evange-

* Act., 1, 14, i5. liste escrit * qu'ils estoyent six vingts avec Nostre Dame

et les autres femmes. Or, ils parloyent selon que le Saint Esprit leur donnoit, c'est à dire, ceux qui ne preschoyent publiquement s'entrencourageoyent les uns les autres à louer Dieu. Mais il faut que nous sçachions qu'il y a un parler qui se fait sans dire mot ; c'est le

* Ps. xvin, 1. bon exemple. David dit* que les deux annoncent la

gloire de Dieu. Et comment cela ? car les cieux ne parlent point. Il veut entendre que la beauté des deux et du firmament convie les hommes à admirer la gran-

* Ibid., f. 2. deur du Créateur et à prescher ses merveilles. Il adjouste*

que les jours et les nuits se laissent la charge l'un à Vautre d' annoncer la gloire de Dieu. Qui ne sçait que lors que nous regardons le ciel en une nuit bien sereine, nous sommes excités à admirer et adorer la toute puissance et sapience de Celuy qui l'a parsemé de tant de belles estoiles? Il en est de mesme lors que nous voyons un beau jour esclairé de la lumière du soleil, voire quand le mesme Seigneur nous envoyé la plu}^e, puisqu'elle sert à produire les plantes.

Que veux-je dire par tout cec}^, sinon que nous , qui

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