‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 178 sur 273 · XXXII. Pour la fête de la Pentecôte · texte numérisé non relu

XXXII. Pour la fête de la Pentecôte

tousjours bon de prattiquer les vertus, si faut-il pourtant les sçavoir prattiquer par ordre. Que sçay-je moy, si en telle occasion il ne sera point plus expédient que je ne prattique la patience sinon intérieurement et non pas extérieurement, ou bien si je dois joindre l'une avec l'autre*? Il faut donques avoir le don de conseil à fin de * Cf. Introd. a LiVie

,, . 1 j j r 4. j dévote, Partie III,

suivre 1 exercice que le don de iorce et de courage nous c. 1. a fait commencer, et pour que nous ne nous trompions point nous mesmes , choisissant les vertus selon nos inclinations et non selon nostre nécessité, regardant seulement à l'escorce et non point à la vraye essence des vertus.

Apres le don de conseil vient celuy & entendement , lequel nous fait pénétrer les mystères de nostre foy par le moyen des méditations, et choisir les maximes de la perfection intérieure au fond de ces mystères. Mais remarquez, je vous supplie, que je dis par la méditation et oraison, et non par la curiosité, spéculation et estude, comme font les théologiens ; car une simple et pauvre femmelette sera plus capable de le faire que non pas les plus excellens docteurs qui auront moins de pieté *. * Vide supra, pp. 59, Voyons cette pauvre femme : elle s'en ira promptement reconnoistre sur la Croix du Sauveur, voire mesme dans le cœur de Dieu, cette maxime de la perfection : Bienheureux sont les pauvres d'esprit* ; au mystère de *Matt.,v, 3. l'Incarnation elle remarque la mesme maxime, et de plus celle de l'humilité et abjection. Vous voyez donques bien clairement les effects du don d'entendement, lequel, outre ce que nous avons dit, nous fait comprendre la vérité des mystères de nostre foy et combien il nous est nécessaire de regarder à la vraye essence des vertus et non pas à l'apparence extérieure seulement, combien aussi il nous est utile de suivre les vérités conneùes, soit par le don de conseil ou par celuy d'entendement.

Or, le Saint Esprit n'a pas accoustumé de laisser l'ame à laquelle il a bien voulu octroyer ces six dons

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que nous venons d'expliquer, sans y adjouster celuy de qu; Xu™art. v^et sapience, c'est à dire de la « savoureuse science *, » na<n*>qu.xLv,art.

* n;juxta JScclus., vi,

luy donnant un goust, une saveur, une estime, bref un 23.

Serm. III 3I

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