SERMON POUR LE DEUXIÈME DIMANCHE DE L' A VENT
6 décembre 1 620 ( * )
Tu es qui venturus es, an alium expectamus?
Estes-vous Celuy qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?
Matt., xi, 3.
Matt., xi, 2-10. L'Evangile que nous lisons à la Messe de ce jour * est
divisé en trois parties desquelles nous parlerons maintenant. La première est comme quoy saint Jean estant en prison pour la vérité, envoya deux de ses disciples à Nostre Seigneur pour sçavoir s'il estoit le Messie promis ou s'ils en devo}rent attendre un autre ; la seconde est la response que leur fit le Sauveur ; et la troisiesme, de ce qu'il dit après que les disciples de saint Jean s'en furent retournés.
C'est une chose admirable que nos anciens Pères, qui ont esté si clairvoyans et ont eu de si grandes lumières pour expliquer et développer les plus grandes et obscures difficultés que présente la Sainte Escriture, se soyent néanmoins tous trouvés estonnés sur le premier point de cet Evangile pour sçavoir comme se doit entendre cela, que saint Jean qui connoissoit Nostre Seigneur envoya
(1) Ce sermon appartient certainement d'après le style aux dernières années de la vie de saint François de Sales. L'allusion faite à saint Ambroise (voir ci-après, p. 415) prouve qu'il a été prononcé en 1620, année où le second Dimanche de l'Avent se trouvait précisément être la veille de la fête du glorieux Docteur de Milan. Et comme les deux sermons suivants ont une étroite connexité avec celui-ci, il est évident qu'ils remontent à la même année, ce qui nous dispensera d'en justifier la date par des notes spéciales.