SERMON DE VÊTURE POUR LA FÊTE DE SAINT CLAUDE
6 juin 1 6 1 7 (0
L'on a tousjours fait de grandes solemnités à la réception des âmes qui se sont consacrées à Dieu pour le servir en Religion ; mais je remarque que Ton en a tousjours fait davantage pour celle des filles que non pas pour celle des hommes ; et pour moy je crois que c'est parce qu'estant d'un sexe plus fragile, l'on doit d'autant plus admirer et solemniser la force qu'elles ont à se desprendre de toutes les choses de la terre. Leur générosité fait certes honte à beaucoup de personnes qui se tiennent pour bien vaillantes et courageuses.
Celles-cy estiment grandement, disent-elles, le bonheur d'estre tout à Dieu. Mais pourquoy donques, s'il est vray que vous l'estimez tant, ne vous retirez-vous en Religion pour appartenir plus entièrement à Nostre Seigneur et le servir plus parfaitement, puisque vous n'avez point de légitime occasion de demeurer dans le monde ? O Dieu, je ne me puis destacher de telles et telles choses que j'ayme tant ; je le desirerois bien, mais je ne puis.
( i ) Le procédé général d'après lequel sont déterminées les dates des sermons de Vêture et de Profession ayant été expliqué dans TAvant-Propos, nous ne nous croyons pas obligés de justifier isolément chacune de ces dates. Il suffira de dire ici que ce sermon a été prêché pour la Vêture des Sœurs Marie-Michelle de Nouvelles, Claude-Jacqueline Joris et Françoise-Marguerite Favrot. (Pour cette dernière, voir Les Vies de VIII vénérables Veves Religieuses de l'Ordre de la Visitation Sainte Marie, par la Mère de Chaugy. Annessy, m.dc.lix.)