SERMON POUR LA FETE DE LA TOUSSAINT
Ier novembre 1617 h)
Oculus non vidit, nec auris audivit, nec in cor hominis ascendit quœ prccparavit Dens iis qui diligunt il lu m.
Nul œil ri a veu, ni oreille ouy , ni
cœur d'homme ri a peu penser quelle
et combien grande est la gloire que
Dieu a préparée à ceux qui Vayment.
I Cor., 11, 9; Is., lxiv, 4.
Ce sont, mes chères Sœurs, les parolles desquelles saint Paul se servoit en escrivant aux Corinthiens pour les exciter à se desprendre des choses basses et transitoires, à se desvelopper des biens caducs et terriens, à se desgager des affections de cette mortalité, à relever leurs cœurs en haut et à penser aux biens perdurables et éternels. Et moy, ayant à vous parler en cette solemnité des Saints, j'ay pensé me servir des mesmes parolles de ce grand Apostre et de les vous addresser, pour vous exciter par icelles à rehausser vos cœurs et vos pensées à la considération de la gloire et félicité éternelle que Dieu a préparée à ceux qui le craignent et ayment
( 1 ) L'étendue et le ton de ce sermon donnent à penser qu'il a été prononcé devant un auditoire assez nombreux, tel que pouvait le contenir l'église du Ier Monastère de la Visitation, consacrée en 1617. D'autre part, on reconnaît dans la rédaction, le style de la Mère Claude-Agnès de La Roche, qui s'éloigna d'Annecy en juillet 1620. Or, en 1618, saint François de Sales ne se trouvait pas en cette ville le jour de la Toussaint; en 1619, il adressa un sermon à la Communauté la veille de cette fête, il est donc peu probable qu'il lui ait renouvelé la même faveur le jour même de la solennité. Ces diverses considérations nous amènent à conclure que le présent discours est bien de 1617.