‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 33 sur 102 · MINUTE · texte numérisé non relu

MINUTE

But du voyage à Turin, dont le Saint est revenu depuis trois jours. — Le duc de Savoie parti pour Nice. — Les ecclésiastiques persécutés par les Genevois.

Annecy, vers le 18 mai 1603.

Madame,

(a) Ce m'est un extrem'honneur d'estre si avant en vostre souvenance que non seulement (b) vous ayes daigné

(a) rQuand j'ay veuj La lettre quil vous pleut Tm'escrire le...J «l'envoyer du 16 avril, ("je n'ay sceu si je devois plus admirer. ..J me feroit rougir de honte d'avoir attendu l~la faveurj lhonneur de la semonce que vous me faittes de vous escrire, Tsi j'eusse esté... si mon absencej

La lettre quil vous a pieu m'envoyer du 16 avril, avec la semonce que vous me faittes de vous escrire

(b) non seulement — fil vous aye pleu...J

(1) Anne d'Esté, fille aînée d'Hercule II, duc de Ferrage, et de Renée de France, fille de Louis XII, avait épousé en premières noces (1548) François

m'escrire le 16 avril, mais aussi il vous aye pieu de (c) tesmoigner que vous auries aggreable de recevoir de mes lettres. Mais la favorable plainte que vous me faites a moymesme de n'en point recevoir me couvriroit de honte si j'eusse autant eu de commodité de vous en envoyer comme j'en ay eu de désir ; car, en Tasseurance de vostre bonté, Madame (d), je n'eusse pas failly de vous faire plus souvent la révérence par lettres, si je n'eusse esté empesché par le voyage et séjour que j'ay esté contraint de faire en Piémont, pour obtenir la mainlevée des revenuz de mon evesché que Son Altesse m'avoit fait saysir un peu après que je fus fait Evesque. D'où je ne suis de retour que des trois jours en ça, ayant esté despeché seulement au dernier jour que Son Altesse fut en Piémont, après lequel il partit pour aller a Nice conduire Messeigneurs les Princes (e) sur la mer pour le voyage d'Espagne, lequel, autre chose ne survenant, je tiens des ormais pour fait : et ce sont toutes les nouvelles de Piémont.

Et quant a celles de ce pais, elles sont (f) si désagréables que je ne pense pas vous en devoir entretenir, puis qu'elles ne consistent qu'en volleries et pilleries que font ceux de Genève sur nous, et particulièrement sur les gens d'Eglise qui seulz ne sont receuz a aucune contribution

(c) de — prne semondre a vous demander... commander... désirer de mw lettres plus souvent. J

(d) car, — appuyé sur vostre bonté, Madame, et Tsur la bienveuillance quilvous... de vostre grâce. ..J

(e) les Princes — fjusquesa... pour prendre mer...J

(f) elles sont — ["telles... si fascheuses que... extrêmement.. .J

de Lorraine, duc de Guise, et en secondes noces (1566), Jacques de Savoie, duc de Nemours. On sait quel rôle prépondérant les princes de Guise ses fils jouèrent durant les guerres de religion, et comment furent massacrés à Amboise le duc et le Cardinal (1588). Leurs frères utérins avaient été entraînés par eux dans le parti de la Ligue. Charles-Emmanuel de Savoie-Nemours, fait prisonnier à Blois avec sa mère, put s'évader comme elle ; après l'assassinat du roi il devint gouverneur de Paris, soutenu qu'il était par l'ardeur fanatique de la duchesse. Celle-ci, dès que la paix fut rendue à l'Etat, put se livrer de nouveau à son goût pour les lettres et les arts. Elle mourut à Paris le 17 mai 1607, et fut, le 6 juin suivant, inhumée dans l'église de Notre-Dame d'Annecy, où saint François de Sales prononça son oraison funèbre.

186 Lettres de saint François de Sales

ni composition, dont s'en est ensuivi l'abandonnement d'une grande quantité d'églises (0. Nostre Seigneur y veuille mettre sa bonne main pour nous donner sa sainte paix.

(g) Ce pendant je remercie très humblement Vostre Excellence du soin qu'ell'a eu de mon frère (2) et la (h) supplie de me continuer lhonneur de cette bienveuillance quil luy plait me porter, bien que j'en sois indigne. Et je prieray tous-jours Dieu quil luy playse de vous donner, (sic) me croyant tous-jours ridelle et ( * ) affectionné au service de Vostre Excellence et de Monseigneur son filz ....

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.

(g) TU me reste de saluer... remercier.. .J

(h) mon frère — TC'est l'un des effectz de vostre grande charité et bonté de cœur ;J et la Tsupplier, comme je fay en toute humilité. ..J ( i ) tous-jours — fautant J ridelle et fpassionnéj

(i) Voir ci-après, p. 197, la lettre à M. de Soulfour.

(2) Ce frère pourrait être Bernard de Sales, qui séjourna quelque temps à Paris, ainsi que l'indique notre Saint dans une lettre du 7 mars 1608.

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