‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 66 sur 102 · AU DUC DE NEMOURS, HENRI DE SAVOIE · texte numérisé non relu

AU DUC DE NEMOURS, HENRI DE SAVOIE

pour un père de famille

(inédite)

Instances à l'effet d'obtenir que son fils lui soit rendu.

Je vous remercie en toute humilité de la faveur avec laquelle il vous a pieu m'escrire pour me rendre doux et léger le besoin que j'ay, sur mes vieux jours, de mon filz, lequel, puysqu'il trouveroit pardeça (a) plus de guerre qu'il ne luy seroit nécessaire pour acquérir de la réputation en sa propre patrie , ne peut avoir autre sujet d'arrester d'avantage a venir me servir que vostre commandement. Mays, Monseigneur, (b) vous pouves

(a) pardeça — Ten sa patrie, de très belles occasions pour s'acquérir beaucoup de réputation. ..J

(b) Mays — [\e vous supplie, J Monseigneur, fque la mesme bienveùillance avec laquelle il vous plait de favoriser le filz, vous face faire considération aux nécessités de la viellesse du père, et quej

(1) C'est uniquement d'après l'écriture que l'on peut conjecturer approximativement l'époque à laquelle cette minute a été écrite. Elle semble destinée au duc de Nemours qui guerroya plusieurs fois en France pendant les dernières années du xvie siècle.

406 Lettres de saint François de Sales

tousjours avoir tout autant de serviteurs auprès de vous quil vous plaira d'en recevoir, et je ne puis me voir soulagé d'autre filz que de celluy la. Je vous supplie donq très humblement que la mesme bonté avec laquelle il vous plait de favoriser le filz de vostre bienveuillance, vous mette en considération des nécessités de la viellesse du père, qui, priant Dieu pour vostre santé et prospérité, vous est et sera a jamais, comm'il a tousjours esté et doit estre,

Monseigneur,

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.

Page 1