DUC DE SAVOIE
A Révérend, cher, bien amé et féal, le Prévost de Genève, Le Duc de Savoye.
Révérend, cher, bien amé et féal,
Ceux de la Religion de Sainct Maurice et Lazare nous ont faict entendre le préjudice que leur appourteroit l'union du prieuré de Sainct Jean hors les murs de Genève a la Collégiale de Viry *, si elle * vide tom. praeced., s'en ensuivoit, ainsy qu'au Baron de Viry en avons accordé le placet ; cf.suprà,p.'io5,no't.(")i ce qu'avons faict, ne Nous resouvenant que ledict prieuré fust ap- ct p' n5»not- exproprié a ladicte Religion. Qui Nous faict a présent vous dire que n'avez a en faire plus aulcune poursuitte, ains vous en despartir, n'estant nostre intention de en rien prejudicier a ladicte Religion.
A tant prions Dieu qu'il vous ait en sa garde.
D'Ast, ce ii janvier 1599.
Charles Emanuel.
Boursier.
Au Prévost de Sales.
Revu sur le texte inédit, inséré dans le Ier Procès de Canonisation.
458 Appendice
A nostre très cher, bien amé et féal, le Prévost de Sales, Le Duc de Savoye.
Très cher, bien amé et féal, Nous avons veu par vostre lettre du septiesme du présent, la dévotion que ce peuple a monstre en ce qui est de sa nouvelle conversion ; ce qui Nous a appourté un singulier contentement, comme aussy l'espérance que vous avez que le reste en fera de mesme, en quoy Nous nous asseurons que vous vous employerez avec la mesme affection et pieté qu'avez faict par cy devant, avec tant de louange et satisfaction nostre. Et pour ne faillir en rien d'y appourter de nostre cousté tout ce qui sera en nostre pouvoir, Nous avons ordonné au Président Rochette que tout aussy tost que Nous serons partis, il s'achemine en ces quartiers la pour establir ce qui est nécessaire pour l'entretene-
* Cf. supra, p. 18. ment des curez*, a celle fin que chascun d'eux y puisse faire sa rési-
dence pour y exercer religieusement ce qui est de leur charge ; a quoy vous tiendrez main et l'y assisterez de tout vostre pouvoir, ainsy que de mesme escripvons a l'Evesque de Genève.
Quant a l'establissement de la Maison de vertu ou Refuge de Tho-
* vide tom. prœced., non, mise en avant par le Père Chérubin * a Romme, vous en traicte-
p. 98, not. (1).
rez avec ledict Président, et par ensemble avec ledict Evesque, vous adviserez de ce qui est nécessaire que faisions pour icelle ; et Nous en envoyerez les mémoires pour, sur icelles, y faire les dheues considérations et y prendre la resolution que verrons estre convenable.
* idem, p. 198, not. (1). Et touchant le sieur d'Avully*, de Vallon (O et Dame du Four,
Nous treuvons très raisonnable ce que vous en escripvez, et ne leur sera rien innové qu'au preallable ilz n'ayent leur recompense. A tant prions Dieu qu'il vous ait en sa garde.
De Chambery, ce 28 apvril 1600.
Charles Emanuel.
BOURSIBR.
Au Prévost de Sales.
Revu sur le texte inséré dans le Ier Procès de Canonisation.
(1) Probablement Gui Joly, seigneur de Vallon.
Lettres de Charles-Emmanuel Ier 459
Très Révérend, très cher, bien amé et féal Conseiller et devost Orateur,
* Parce que les bonnes œuvres sont tousjours contrepesees par * vide Epp. ccm, c<av. sinistres relations, et que bien souvent les publiques mesmes ont besoin d'appui particulier pour les soustenir et deffendre, aussy est il nécessaire que, pour les balancer au poix de la raison, l'on y prenne les expedientz plus nécessaires. Cecy je dis a l'occasion de quelques mauvaises relations qu'ont esté faictes a Sa Sainteté, qu'ont besoin de vostre soustien par le moyen d'une bien ample attestation qu'il faut que vous Nous envoyez de Testât auquel vous avez veu vostre diocèse auparavant les guerres en ce que concerne le spirituel ; mais particulièrement en combien d'endroictz l'on y frequentoit l'exercice de la religion prétendue reformée, et par combien de ministres elle y estoit divulguée et maintenue, et si des le commencement des guerres, l'on y a remis les cures et planté heureusement la religion Catholique et Apostolique, Romaine, et abolly ledict exercice de prétendue religion jusques sur les portes de Genève ou, par tous les lieux, l'on célèbre la sainte Messe. Et d'aultant qu'il faut faire le boclier de ladit'attestation contre ce que l'on a donné a entendre a Sa Sainteté, il est nécessaire que non seullement elle soit signée de vous, mais de vos chanoines qui en peuvent avoir eu notice, et de quelques autres notables ecclésiastiques qui pourront servir a la foy indubitable de ladicte attestation, comme aussi pour son ampliation, a laquelle Nous nous asseurons que n'oblierez rien ; non plus que du bon ordre que l'on tint, moy présent, pour appeller ceux qui estoyent esgarez a la vraye foy, et combien d'ames l'on y gagna pour lhors et jusques a présent, et si l'on y continue l'œuvre et quel fruit s'en ensuit, et plus amplement, comme trop mieux vous sçavez convenir, pour me l'envoyer au plus tost a l'efTait que dessus.
Ce qu'attendant, prions Dieu quil vous ait en sa sainte et digne garde.
De Thurin, ce 25e d'octobre 1603.
Le Duc de Savoye,