LETTRE DU PRIEUR ET DES RELIGIEUX DE SAINT-CLAUDE
Monsieur,
* vide Epist. dcxc. * Nous avons reçu la vostre par les mains du sieur présent porteur,
et pour response à icelle nous vous assurerons que nous monstrerons tousjours par effects l'affection et volonté que nous avons au service de Dieu pour son honneur et gloire, et mesmement au faict du restablissement de la sainte Messe audit lieu de Dyvonne. Et pour y satisfaire, nous avons donné ordre à nos fermiers de fournir argent pour redresser l'autel et autres réparations nécessaires, et prié le sieur porteur d'en poursuivre l'exécution. Pour les ornements, nous en
* vide supra, p. 60, avons délivré suffisamment pour la célébration du divin service *.
* idem, not. (2). Quant à l'entretien du sieur Curé *, outre ce que le ministre
possedoit en domaine dépendant de la cure et trois cents florins de pension qui estoyent par nos fermiers payez audit ministre, nous avons bien voulu nous charger et incommoder de luy augmenter l'entretien de quarante francs sur nostre revenu ; qui fera une notable somme pour un homme d'église. Nous assurons que plusieurs curés n'en ont pas tant, et que la religion ne nous sauroit contraindre d'en donner davantage, d'autant que nous surpassons la portion congrue ;
* idem, not. (3). et sommes mary ne pouvoir donner telle pension que celle de Cessy *,
selon qu'il est porté par la vostre, d'autant qu'il nous est impossible,
Lettres de quelques correspondants 387
parce que le revenu n'est pas semblable, pour ce que ledit prieuré de Dyvonne est chargé de la troisiesme partie du revenu de pension annuelle au resignataire, par authorité du Saint-Siège, outre les pensions annuelles qu'il nous faut payer trois cent vingt livres, pour l'argent emprunté pour le remboursement du prix auquel on a esté condamné par arrest à Paris. Vous assurons que la reunion du dit prieuré nous revient à plus de quatre mille ecus en frais, pour l'avoir retiré de la main des hérétiques ; à quoy l'on doit avoir considération, mesme les réparations qu'il convient y faire présentement, tellement que nous ne tirerons rien du revenu dudit prieuré durant cinq ou six ans, joint que l'on nous menace des décimes pour ceste année. N'entendant pas que la dite pension de trois cents florins et augmentation de quarante livres par cy après, soient payez par nous lorsque le revenu de la cure sera reuny, comme il estoit anciennement.
Et d'autant que le droit de présentation de ladite cure nous appartient, désirant neantmoins nous conformer à vostre volonté, nous vous supplierons accepter la présentation que nous vous ferons du mesme qu'il vous a plu choisir ; ou, en tant que l'authorité vous ait esté donnée du Saint Siège pour la première fois, de choisir tel que bon vous semblera, et que cela soit, comme nous ont donné a entendre de vostre part nos confrères, nous vous supplions nous donner acte, tant pour celle de Dyvonne que pour celle de Cessy, que ce soit sans préjudice pour l'advenir. Si non, nous vous supplions ne pas trouver mauvais si nous maintenons nos privilèges, que nous croyons que vous nous conserverez ; qui nous fera sur ce vous baiser très humblement les mains, et prier Dieu de vous conserver et vous donner santé longue et heureuse vie, nous qui sommes,
Vos très humbles serviteurs, Les Grand Prieur et Religieux de S1 Claude.
A Saint Claude, ce 20 may 161 1.
A Monsieur Monsieur le Reverendissime Evesque de Genève.
Revu sur une ancienne copie conservée à Paris, Bibliothèque nationale, Galerie Ma^arlne, vitrine xxxn, n° 524.
388 Appendice