‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 72 sur 88 · LETTRE DE M. ANTOINE DES HAYES A M. DE GHARMOISY · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. ANTOINE DES HAYES A M. DE GHARMOISY

Monsieur, vide p. 271, not. (1). * Je suis très aise du desseing que vous avez pris de faire nourrir vostre filz en ceste court, a quoy je vous pourray servir, puis que Dieu a voullu que nous feussions esloignez l'un de l'autre. J'en ay parlé a Madame la Princesse, quy est toute disposée de vous obliger en cela, mais je ne l'ay supplyee de rien, luy ayant seulement dict que je vous l'avoys conseillé et que vous y estiez résolu : sur quoy elle m'a dict qu'elle s'offroyt. L'on me faict croire que dans peu de jours la court sera a Montargis, ou je me prometz de donner bon commancement a l'affaire. Vous sçavezquily a maintenant trois premiers gentilzhommes de la Chambre : monsieur le Grand, monsieur le Marquis d'Ancre, au lieu de monsieur de Bouillon, et monsieur de Souvray. Appres en avoir dict ung mot a Sa Majesté, comme l'on doibt, et don.t je me prometz telle responce que vous sçauriez désirer, je menageray vers l'un des trois vostre contentement, et sy je ne suys assez fort, je manderay de vos amys.

Aladame de Guyse est allée en son Conté d'Eux, d'où elle espère retourner dans ung mois et rapporter de quoy vous contenter. Je l'en ay suppliée a son partement, et monsieur du Demare aussy, auquel j'ay promis recognoissance, veoyant que l'affaire deppend de luy. Sy vous n'aviez esté nourry chez les Princes, je seroys bien enpesché a vous faire conprendre comme l'on sy gouverne et les incomoditez quilz reçoivent, faulte d'avoir pris garde a leurs affaires.

Monsieur Rousselet vous escripra comme j'ay représenté audit sieur du Demare que vous estiez pressé d'une petite partye deue a monsieur de Mezieres, affin que sil estoyt possible, elle feut acquitee contant au retour de ma dite dame. Je verray a son retour ce quil fera, m'ayant asseuré que ce sera sans plus de remise ; mais je vous conseille d'agréer que monsieur Rousselet et moy luy promettions ce que nous adviserons : c'est le plus court chemin. 'VideEpist.Dcccx. * J'avois cy devant escript a Monseigneur de Genefve le désir que

messieurs de S1 Benoist avoyent d'estre enseignez de luy le Karesme

Lettre de M. des Hayes 399

prochain *. Toutes les parroisses ont ceste mesme vollunté et plusieurs * vide p. 271, not. (2),

j « » et cf. p. 37, note (1).

des pnncipaulx d'icelles s en sont addressez a moy. Mais ayant este faict marguillier deppuis trois sepmaines et l'ayant accepté, voyant que tout d'une voix j'estois désiré, je suys dispensé d'escripre pour aultruy et obligé d'escripre pour S1 Benoist, non seullement comme en ayant charge, mais encores pour la comodité de ceste petite maison ou j'espère que mondit Seigneur logera. Que sil acceptoyt une aultre chaise et que l'on luy donnast le logement ordinaire des prédicateurs, cela ne seroyt convenable a sa qualité ; sy l'on luy en donnoyt ung plus grand, cela l'obligeroyt a quelque despence. Céans, il sera logé chez son serviteur, hors de cerimonye ; je luy donneray ung carrosse pour visiter ces (sic) amis, je luy feray faire pénitence et le dechargeray de tout soing. Il aura des auditeurs aultant que l'église en pourra tenir, quy est assez cappable. L'on estimera quil a plustost defferé a la supplication de son serviteur qu'a la prière des plus grandes et favorisées parroisses.

Je luy en escriptz amplement, et luy envoyé une lettre que Monsseigneur le Nunce résidant en ceste ville, logé, comme vous sçavez, a l'hostel de Clugny, escript a Monsseigneur le Nunce de Thurin, auquel il mande que messieurs les parroissiens de S1 Benoist, bien memoratifz du fruict des prédications que Monsseigneur de Genevefve (sic) a faict aultrefoys en leur parroisse, d'où il est maintenant, l'ont pryé luy escripre pour supplier Son Altesse d'avoir agréable que l'on prye Monsseigneur, pour le bien de la relligion, de prendre ceste peinne * * cf. p. 273, not. (1). et luy donner congé d'accepter la supplication que l'on luy en fera. Vous pourrez fere donner la lettre par M. du Fresne, ou par quelqu'un quy en retirera responce. J'ay premièrement pris ce chemin, a cause que je ne veoy une entière intelligence de la Royne avec Son Altesse ; sy elle n'est suffisante, quand j'auray la parolle de Monssieur de Genefve j'en feray escripre Leurs Majestés et le Saint Père, sil en estoyt besoing*. Lors quil sera icy, il ce (sic) fera beaucoup de bonnes choses * Yïde pp« 2"2' 273> pour le bien de la relligion. C'est pourquoy je vous supplye vous employer a ce bon œuvre et m'en fere mander promptement responce, attandant laquelle je prye Dieu, Monsieur, quil vous conserve et garde.

Vostre plus humble serviteur,

A. des Hayes.

A Paris, ce 2e juing 1612.

A Monsieur Monsieur de Charmoisy, escuyer, Sr de Marclaz. En sa Maison, a Necy.

Revu sur l'Autographe appartenant à Mlle Adélaïde Vuy , à Carouge (canton de Genève).

400 Appendice

LES GRANDS PARDONS D ANNECY (i

ier septembre 1612

(2) Il y a sept ans que l'on joua et représenta quelques histoires a Sainct Mauris, tellement qu'a modelle de ce, l'on a faict dressé des eschaffaultz pour représenter quelques histoires, ayanct esté faictes quelques despenses

Et de plus, comme Monseigneur le Reverendissime, a certaine assemblée quil feit faire, feit appeller messieurs les Scindics ausquelz fut remonstré la grande affluence de peuple qui accourera icy au Jubilé qui ce (sic) célébrera vendredy prochain, dont par ce moyen les logis seront remplis, tellement quil sera besoin de rechercher quelques licts pour les plus notables, dans ceste ville, vers les plus riches d'icelle, et ce quy il fault pourvoir

Pour l' affluence des personnes qui arriveront en ceste ville pendant le prochain Jubilé,.que en cas de nécessité, l'on recherchera quelques licts vers les plus aisés, pour loger ceux que seront représentés par mondict Seigneur le Reverendissime ; estant donné acte de la remonstrance faicte par messieurs les Scindics, de la volonté de monseigneur le Marquis de Lans continuant le faict de la garde.

(1) Voir tome XIII, note (2), p. ior, et ci-dessus, note ( 1 ), p. 265 ; cf. aussi les Lettres dcclxxxvii, dcccvi et dcccxvii.

Cette relation, inédite, croyons-nous, jusqu'à ce jour, fournit une intéressante contribution à l'histoire de la piété en Savoie, au début du xvne siècle. Elle fera surtout connaître de quelle popularité jouissait au temps de saint François de Sales et grâce à son zèle, le culte de Notre-Dame de Liesse d'Annecy.

Nous avons respecté scrupuleusement l'orthographe du texte, nous contentant d'ajouter les apostrophes et les accents. Pour l'intelligence de certains mots plus difficiles à entendre, il a paru bon, soit de les répéter entre parenthèses ( ) et en italiques, avec une orthographe moderne, soit de les expliquer par des synonymes.

(2) Dans ce procès-verbal, nous avons cru pouvoir omettre rénumération des dépenses et autres détails dépourvus d'intérêt. Les passages omis sont indiqués par des points de suspension.

Quant à la description des fêtes, elle est reproduite in-extenso.

Les grands Pardons d'Annecy 401

Jésus Christus, Filius internerai» Virginis Mariée

Cy commence la solemnité du grand Jubilé concédé par Sa Saincteté, de sept en sept ans, a la très dévote Chappelle de la très sacrée et très heureuse Vierge Marie, fondé (sic) en l'église collégiale de ladicte Vierge d'Annessy, ou réside (sic) les Révérends Seigneurs doyen, secretain (sacristain), chantre, chanoines et Chapitre d'icelle.

Du jeudy, sixiesme septembre mil six cens dou^e

Comme il plaict a Dieu de donner a chascun la commodité de son sauvement, il luy a pieu d'inspirer le très sainct Siège Apostolique, plus de 200 ans, d'honnorer la Chappelle fondé (sic) en ceste cité d'Annessy, estant en l'église dressée soubz son nom, ou résident les Révérends Seigneurs doyen, secretain, chantre, chanoines, prebstres d'honneur de ladicte église, de plusieurs privilèges et indulgences ; et entre aultre d'ung Jubilé de sept en sept ans, lequel a esté continuellement, par le clergé, habitans de la dite cité, circonvoisins et estrangers, très dévotement célébré, ainsy que les livres et registres des archives de l'Hostel de ville ont délaissé par escript et enseigné.

Et partant, ce jourdhuy, alifin que chascun se contint a son debvoir quant au peuple, suivant l'ordonnance de noble et spectable sieur Jean Flocard, docteur es droitz, noble Jean Crochet, noble Guilliaume Meclard, honnoré de ce tiltre de procureur au Siège presidial du Conseil du duché de Genevois, et noble François Marvin, scindics et consulz de la cité d'Annessy *, et des seigneurs leurs Con- * cf. P 219, not. (2). seillers : messire Janus de Sales, chevallier de la saincte Religion de Sainct Jean de Jérusalem, résidant pour maintenant a Malte *, lieute- * vide P. 362, not (3). nant de noble sieur Louys de Sales son frère, seigneur dudict lieu de Sales et de Thorens*, a deux heures après midy, auroit faict assem- * vide tom. xn, p.95, bler partie des enfans et habitans de la ville, au son de 4 tambours, accompagnés du fiffre ; qui, assemblés a la place du Collège, les a faict marcher comme cy après :

Premièrement, tout a la teste marchoit le tambour majour, tenant son baston rouge; puis le gojat (goujat) dudict sieur lieutenant, portant la cuirasse et toulache (bouclier) d'icelle, et en la teste le casque, le tout gravé et doré. Apres luy, suivoit le susdict sieur lieutenant, habillé de riches vestements, portant l'aulse col aussi doré et grave, et ung sergentin portant la houppe tissée de soye verte, meslee a fil d'or, et au bout de chasque cordon, des bouttons de mesme estoffe, le manche toutesfois de bns'it (bisette?). Les 4 capitaines des quatre penons de la ville suivoient ledict sieur lieutenant, portant chascun une

Lettres V 26

not. (1).

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partisannc (pertuisane) dorée, et couverts les manches de velours, deuement garnis de clouz dorés.

Quatre rangs d'allebardiers, bien armés de cuirasses la pluspart ; cinq arquebusiers tenant place de caporaulx ; deux rengs de muscataires, et suivoient le tambour sonnant a l'accoustumee, 3 rangs d'aultres muscataires ; et les arquebusiers, de rang a rang et a cinq par rang, suyvoient aussy deux tambours. Le garçon de l'enseigne, portant une partisanne dorée couverte de velours verd, garnie aussy de clous dorés, sans aulcune enseigne, pour les causes cy après. Puis, trois rendz (rangs) d'allebardiers, six aultres d'arquebusiers, finalement six aultres rengs de picqueurs. Et ladicte compagnie finie par trois sargens, de quatre [qu'ils étaient,] d'aultant que le quatriesme estoit employé, par commandement du sieur scindic Marvin, sargent manent, a mettre en reng la compagnie.

Et en tel ordre sont sortis par la porte du grand verger dudict Collège, proche de la grande porte du Pasquier Messieres. Et arrivés au devant de l'Hostel de ville, seroit monté noble Monet Falcaz, capitaine enseigne de la ville ; auquel Hostel de ville les susdicts sieurs Scindics estoient assemblés, avec leurs Conseillers, cy devant nommez en l'assemblée de ce jourd'huy : ou estant, leur auroit demandé le drappeau neuf, plyé dans une grande baucine d'argent, affin d'estre benict. Lequel drappeau, ledict sieur Falcaz l'auroit reçu, Vide p. 356, not. (4). gettant les genoux en terre, des mains du sieur premier Scindic* ; et après les remeroiations ordinaires, ledict sieur Falcaz seroit descendu portant a deux mains ladicte baucine et le drappeau neuf dans icelle, et auroit trouvé la compagnie qui avoit faict alte jusques a sa venue, et se meit a son rang : estans a ladicte compagnie davantage de 200, sans ledict chief et officiers.

Et prenant le chemin du Pont de la Hasle, sont arrivés au cimistiere de Sainct Maurice et ont environné ledict cimistiere. Ledict sieur Falcaz seroit entré dans ladicte église, et arrivé au marchepied du grand autel, ou il trouva Illustre et Reverendissime Seigneur François de Sales, Esvesque et Prince de Genève, revestu d'une estolle et la miltre en teste, auroit présenté ledict drappeau (estans messieurs les Scindics, accompagnés de plusieurs Conseillers et de secrétaires, dans leurs sièges) : lequel drappeau auroit benist, usant de plusieurs sainctes et belles cérémonies ; puis, mise (sic) a son baston, mondict Seigneur l'auroit eslevé un peu hault par la poignée, et despuis remis audict sieur Falcaz qui, retournant a sa trouppe qui faisoit aussi alte, a continué son chemin par devant Saincte Croix, ou soit la porte Genotton ; et se rendant devant l'Hostel de ville, auroit arborisé aux fenestres ledict drappeau, ou il a demeuré jusques au lundy après, dixième de ce moys.

Les grands Pardons d'Annecy 403

Cependant, le pennon de la Procure estoit prest pour entrer en garde avec l'enseigne desployee, ce quil fet ; et puis se feit la prédication a Sainct François, par le Père François, Capucin. Estant a noter que pendant que la trouppe passoit par devant la Porte Genotton, le penon d'icelle s'estoit mis en tout debvoir, s'estant assemblé avec l'enseigne déployée, portée par le fils ayné de Mr Jean Gabriel Compte ; qui néanmoins a esté aulcunement altein en sa charge par Me Jean Greyfié, procureur au Conseil de Genevoys, et par Me Claude et François Greyfié ses frères, qui se sont mis en debvoir de luy arracher ladicte enseigne : s'estant tous les pennons esmeus tellement, que les ungs ont levé les armes contre les aultres, estant le tout reucy, par la grâce de Dieu, que nul n'a esté orTencé.

La prédication achevée, l'on a sonné la procession a l'église de Sainct François, ou réside le très vénérable Chapitre de l'église Cathédrale de Sainct Pierre de Genève, ou touttes les églises se sont assemblées avec les croix, sauf celle de Nostre Dame. Et peu après sont parties en procession, chascune en son ordre, sçavoir :

Les dévots Capucins premier ; puis la croix de Sainct François et de Saincte Clare joinctes ensemble, avec les Pères de Sainct François qui les environnoient. Troisiesmement, la croix des dévots Orateurs de Sainct Dominique, et après eulx, les Révérends Chanoines réguliers du prieuré du Sainct Sépulcre. Finalement, les Révérends sieurs Prévost et Chanoines de Sainct Pierre, avec leurs serviteurs, tous revestus de leur habit viollet, le rocquet au dessoubz ; les enfans de cœur (chœur) habillés de tuniques de damas incarnat. Et puis, Illustre et Reverendissime Seigneur François de Sales, Evesque et Prince de Genève, revestu d'une chappe de drap d'or, assisté de deux sieurs chanoines revestus de tuniques de satin rouge, et ung prestre qui portoit au devant la croce, revestu de une chappe de damas roge (sic), estant près des deux chantres portant des chappes de satin rouge et des miltres de damas a leurs testes et tenant leurs bastons d'argent en main ; et dernier (derrière) mondict Seigneur, autre prestre revestu d'une chappe de damas rouge pour porter sa miltre.

Et estant entonné l'hymne Veni Creator Spiritus, la procession a commencé, au rang que dessus, a marcher, mise néanmoins en reng par le Me des Cérémonies de Mrs de Sainct Pierre, qui portoit un beau baston d'argent et marchoit en teste de la croix de Sainct Pierre. Puis suivoit un enfant de cœur portant un cros (gros) benistier d'argent, deux aultres portans chascun un chandellier d'argent, la grand croix de Sainct Pierre [portée] par un prestre revestu d'une tunique de damas roge ; et après les serviteurs et musiciens habillés de leurs surplis, nos Seigneurs les chanoines, chascun par ordre ; enfin les deux chantres que dessus, puis celluy de la croce, et

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Monseigneur avec ses assistans, a costé le porte miltre. Et sont partis de ladicte église de Sainct François en tel ordre.

Puis suyvoient quatre petits enfans portans chascun une tocque armizee des armes de la ville, devant et dernier, portant chascun une torche cire blanche qui n'estoit allumée ; estans suivis du secrétaire de la ville tout seul, puis de messieurs les Scindics portans leurs bastons de scindicat en main, le premier revestu de sa robbe d'audience, ayant les parementz devant et des manches de velours, avec sa cornette. Et après eulx, trois huissiers avec leurs baguettes d'argent, vestus de leurs longues robbes ; puis nos seigneurs du Conseil, de la Chambre, juge mage, advocat et procureurs fiscaulx, noblesse, advocats, procureurs et le reste du peuple.

Ayant icelle procession prins son chemin pardessus le Pont Morens pour aller vers celuy de la Hasle, passant pardevant Sainct Dominique. Et ladicte procession arrivée sur le Pont de Nostre Dame (tout ledict Pont, et fort bien loing, bordé de soldats, comme aussy celuy de la Hasle, du pennon de la Procure, l'enseigne desployee, et au devant l'Hostel de ville le drappeau neuf et tantost benist porté par ledict sieur Falcaz), s'est trouvé a costé du bout du Pont, près la petite maison de Me Jean Baptiste Garbillon, la croix de la vénérable église de Nostre Dame, avec les Révérends sieurs François de Lornay, doyen, revestu d'une chappe de drap d'or frizé ; le porte croix revestu d'une tunique drap d'or parsemé quelque peu de soye viollette, et precedoit le fnaistre bedeau avec son baston d'argent de ladicte église ; puis deux enfans de cœur (chœur) revestus de tuniques de diverses couleurs, ainsy que les aultres enfans d'icelle église, portans deux chandelliers d'argent. En devant le dict sieur Doyen marchoit un seigneur chanoine, revestu d'une tunique de pareil estofïe que la chappe dudict sieur Doyen, portant ung grand turibule ou encensoir d'argent; puis les serviteurs de ladicte église, faisant la musique. En après, les prestres d'honneur et les sieurs chanoines, portant leurs aumusses aux bras, et finallement deux chantres portans deux beaux et grands bastons d'argent neuf, ayant de grosses pommes d'argent a la cyme, revestus de chappes d'or très riches : qui tous, après avoir salué le clergé, se sont mis audevant la croix de Sainct Pierre avec celle de Sainct Maurice, puis ont commencé a chanter en musique, a leur tour, le reste du Te Deum, etc., avec Messieurs de Sainct Pierre. En tel ordre sont entrés dans l'église de Nostre Dame, qui estoit parée très richement, ainsy que sera declairé cy après.

Les grands Pardons d'Annecy 405

Description du parement de l'église de Nostre Dame

Premièrement, a la première porte de l'entrée de ladicte église, sçavoir celle qui est plus proche de la chappelle de Nostre Dame, au dessus de l'arcade reposoit l'image de la très sacrée Vierge Marie en bosse, et au dessoubz d'icelle estoit escript ce distique en grosse lettre jaune, estant ung anagramme faisant les premières lettres des motz Maria Virgo :

^aterno > fflictos,

POEGINA, — NTELLIGE >MORE.

<ERTITUR — RATUS ?OEX

OENITRICIS OPE.

Le susdict distique entouré de lierre et de buis, qui estoit soustenu de quatre belles colonnes aussi de buys et de lierre, environnées d'ung papier feullaige de roze, avec l'arcade de ladicte porte de mesme parure, et a chasque costé ung chérubin. Dont lesdictes 4 colonnes estoient posées deux de chasque costé, soustenues par un lyon du costé de la chappelle, et d'ung chien de l'autre ; et entre les deux colonnes estoit une colonne de papier, deuement eslaboree de beaux feullaiges. Par laquelle porte la procession n'entra point, ains par celle cy après.

Description de l'autre porte de l'entrée de l'église de Nostre Dame et par laquelle la procession est entree

Au dessoubz du couvert de ladicte porte, près les degrez de THostel de ville, par ou la procession fait son entrée, estoit une Annonciade très riche, et au dessoubz, aultre distique parlant a ceulx qui desiroient d'entrer :

Crimen ad hoc fugias si vis attingere limen, nam sine sorde coli Virgo beata cupit;

estant environné aussy de lierre et de buys, comme aussy l'arcade de ladicte porte garnie d'aultres deux chérubins comme la précédente ; et de chasque costé, de deux colonnes de buys soustenans le susdict

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distique ; et entre deux de ses (sic) deux colonnes, de chasque costé, estoit mise une colonne platte diversement eslaboree, [semblable] a celle de l'aultre portai.

Puis la procession a continué a marcher, sçavoir : les Pères Capucins et tout le reste du clergé, sauf Messieurs de Nostre Dame et de Sainct Pierre, contre l'hostel (autel) de Nostre Dame, au devant la trille de fer duquel s'estant reposés, Monseigneur le Reverendissime seroit allé prendre le très sainct et très auguste Sacrement, qui a esté remis par ledict sieur Doyen, qui continuellement, despuis l'arrivée a ladicte église, luy a assisté avec les aultres assistans que dessus. Et après que mondict Seigneur a heu en main le très sainct Corps de Jésus Christ, les deux chantres de Nostre Dame ont commencé Pange lingua, qui a esté chanté en musique par le cœur (chœur) de ladicte église, et celluy de Messieurs de Sainct Pierre chante le second verset dudict hymne ; et ainsy successivement les ung (sic) après les aultres, jusque a la fin d'icelle. Et arrivé mondict Seigneur auprès des degrés du jubé, ou estoit paré l'oratoire pour reposer Jésus Christ, a esté conduict par ledict sieur Doyen, avec les deux assistans, audict oratoire richement paré, ou il a reposé le Sainct Sacrement ; et cependant, les deux cœurs des deux églises chantoient en musique divers mottetz a la louange de nostre Dieu.

Mais avant que descripre le reste, fault revenir au portai dressé devant le treillis de fer de la chappelle de Nostre Dame.

Description du portail

dressé devant la trille de fer de la chappelle de nostre dame

avec la parure de l'autel d'icelle

Oultre que ladicte chappelle, comme aussy tout le reste, estoit richement tapissée, sans seulement veoir cuing (coin), tant petit quil fut, qui ne fut couvert de tapisserie, et des plus belles, l'autel de ladicte chappelle estoit bien et dévotement paré.

Au devant des personnages qui sont audict autel en bosse, estoit ung drap d'or qui leur arrivoit ung peu plus hault de la ceinture ; le sainct siboire (tabernacle) revestu d'ung pavillon de toille d'argent, garny de ses escallins esclattans.

A l'entrée de ladicte chappelle, estoit dressé ung portai de bois, enrichy de deux colonnes plattes de bois a chapiteau, avec la corniche très riche au dessus ; le tout despeint merveilleusement. Dont, au dessus de chascune colonne estoit posé un pommeau doré. Au dessus de la corniche, qui estoit faicte a jour, estoit ung Jésus a bosse, revestu d'une chemise de toyle d'argent ; au bas, a l'endroict

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de ses piedz, ung pommeau, et deux aultres a chasque costé, et au bas d'icelle corniche, sçavoir entre les consoles dorées et argentées, estoit escript ce distique en lettre d'or :

Virginis Anneciam venfas si pur us ad Aïdim acta remittentur cime ta nef and a tibi.

Description de l'Oratoire dressé au jubé, sçavoir près le Crucifix

L'oratoire estant dressé au jubé de ladicte église près du sainct Crucifix, en lieu fort eminent, dressé d'une merveilleuse façon, sans que ledict Crucifix fut veu ; fort bien, de la Vierge et de sainct Jean, la teste seulement et les mains, qui sembloient adorer le très auguste Sacrement. Et estoit dressé ung autel, auquel pour y arriver, falloit monter six degrés, ausquelz ne paroissoit aultre que de feullaiges dorés et argentés, enrichis de diverses couleurs ; et a chasque bout desdicts degrés, ung chérubin ; et au marchepied de l'aultel, de chasque costé, deux vases grands de mayolica (faïence) blanche, remplis de diverses fleurs, notamment de passefleurs de Rome, qui sont jaunes. Et estoit ledict autel bien hault eslevé, paré au devant d'ung parement de satin rouge cramoisy, parsemé de larmes d'or en broderie ; et au milieu dudict parement, ung soleil aussy en broderie, ou estoit brodé ung Agneau. Et sur l'autel reposoit le très sainct et très adorable Sacrement dans ung siboire doré ; deux grands anges dorés, mis l'ung d'ung costé et l'aultre a l'aultre, tenans chascun ung brandon et au dessus ung cierge cire blanche allumé, et dernier (derrière) ledict siboire estoient trois escallins richement élaborés ; et tout dernier, sçavoir près le Crucifix, ung parement de damas rouge parsemé d'estoilles d'or, et tout autour dudict oratoire, des tappisseries de peau dorée, neufves. Le fons qui estoit près de la voulte estoit bleu, parsemé d'estoilles, avec ung aultre parement de satin bleu estoillé, et au milieu, ung Jésus a façon de soleil.

Tout au devant et a l'aspect du peuple, y avoit trois arcades a façon de portes : celle du milieu fort grande, les autres deux, petites. A l'une des dictes petites, sçavoir a celle du costé du clochier, estoit dressé l'effigie de Moïse en grande statue, tenant les tables de la Loy es mains ; icelle arcade bouché (sic) d'une tapisserie de peau doré. Et a l'aultre estoit l'effigie du grand Prebstre Aaron, revestu de ses habitz sacerdotaux, portant le turibule ou encensoir es mains ; serrée au dernier (par derrière), de pareille tapisserie que l'aultre. Et la grande du milieu, toute ouverte, richement parée.

Et entre la grande et les petites arcades estoient deux portes ouvertes, et au dessus ung fons despict (peint); chacune porte soustenue

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avec lesdictes arcades, de quatre grandes colonnes argentées, a façon de chappiteau et a canaulx creux et de relief, et deux autres grandes plattes richement travaillées, ausquelles estoient le soleil et la lune en deux verres rond (sic), et aultres verres en triangle, et les aultres en long, qui rendoientune grande clarté. Sur lesquelles plattes colonnes estoient deux chérubins revestus d'une robbe drap d'or, et sur deux colonnes d'argent, aultres deux chérubins revestus de robbes toille d'or et de soye viollette ; et sur lesdictes aultres deux colonnes d'argent, estoient deux grandes fleurs de cartons couleurs, et au dessus desdictes arcades et portes estoit parsemé d'etoilles qui rendoient grande clarté. Et tout au dessus, une cornice grande, despeinte richement, ou estoit escript le distique :

Ecce Sacramentum cœloque soloque colendum; Ecce viatorum spes, via, vita, salus.

Et a l'arcade de Moïse estoient escriptz ces mots :

Lex per Moysen data est, et gratia per Christum.

A la porte proche de ladicte arcade de Moïse, dont le dessus estoit faict en fons despict (peint), et au milieu d'icelluy le très sainct nom de Jésus en grosses lettres d'or, et au dessoubz de ce très vénérable Nom estoient escriptz ces mots aussy en grosse lettre :

Ecce Panis Angelorum.

Au tour de la grande arcade, qui estoit au devant le très auguste et très sainct Sacr.ement, estoient couchés ces mots, aussy en grosse lettre :

Factus cibus viatorum,

Vere Panis Angelorum.

A l'aultre porte ouverte, estant de l'aultre costé près celle ou estoit Aaron, garnie de son fons despict, et au milieu, ce très sainct nom, Maria, au milieu d'ung soleil ; estoient escriptz au dessoubz ces mots :

Non mittendus canibus.

Finalement, a la porte faicte en arcade, ou estoit Aaron portant l'encens a ses mains, comme dict est, estoient escriptz a l'entour de ladicte arcade ces motz, parlant au Sainct Sacrement :

Tu es Sacerdos secundum ordinem Melcbicedec (sic).

Et tout au dessus de la grande corniche, sept vertus en grande forme, toutefïois a platte figure : dont la première estoit Justice, puis la suivante Prudence, Charité, et droict au milieu Foy, portant le très sainct Sacrement sur calice ; et après elle, Espérance, Force et

Les grands Pardons d'Annecy 409

Tempérance. Et deçà et delà desdictes vertus, deux soleils : l'ung, ce mot au milieu, Jésus, et a l'aultre, Maria, et entre deux desdictes vertus, des grands rameaux de laurier. Puis au dessoubz desdictes arcades, ou soit desdictes colonnes et pillastres, estoit ung très riche tour de lict, travaillé sur gaze de diverses couleurs de soye, sans franges, qui estoit si long quil arrivoit d'ung but (bout) a l'aultre; et au milieu, ung très beau Agnus Dei, et au dessoubz, douze Apostres. Dont au milieu estoit l'image de la très sacrée Vierge Marie tenant son Enfant aux bras, en broderie d'or sur sattin blanc, et a costé, ung tableau de l'effigie de Nostre Seigneur, de la face seulement, et de l'aultre costé, aultre tableau d'ung Crucifix a broderie d'or. Et au dessoubz desdicts Apostres, 4 pantes de courtines de satin blanc, garnies de leurs franges de soye blanche et fil d'or, ou estoit escript en grosses lettres d'or :

Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum; benedlcta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui.

Et les aultres trois arcades tout au dessoubz, estoient parées richement d'ung estofïe rouge semé de petites croix blanches de sainct Mauris, et aux 4 pilliers estoient mis quatre pillastres enrichies (sic) de diverses couleurs, avec des rosettes de papier dourees, argentées et coulouriees. Et au tour de l'arcade du costé du clochier estoit escript :

Quce est ista quce processit sicut aurora consurgens ?

Sur celle du milieu :

Mulicr amicta sole, et luna sub pedibus ejus.

Et au tour de la troisiesme arcade estoit escript :

Et duodecim steUarum erat coronata.

Puis a costé de celle du milieu, deçà et delà au dessus d'icelle, sçavoir aux deux sièges qui sont de pierre, deux anges revestus de rouge, les ailes dorées, tenans chascun ung chandellier d'argent ou estoient deux cierges de cyre blanche. Au milieu de l'arcade du milieu, pendoient les armes d'heureuse mémoire Pape Clément, qui jadis s'appelloit Robertus de Gebennis ; au milieu de l'arcade près le clochier, pendoient les armes d'Illustrissime et Reverendissime Monseigneur Cardinal de Savoye, et au milieu de l'aultre et troisième arcade, celles de Son Altesse et de Monseigneur. Et sur le pillastre près du clochier ont esté mises les armes du vénérable Chapitre de Nostre Dame ; a l'aultre après, celles d'Illustre et Reverendissime Seigneur François de Sales, Evesque et Prince de Genève ; sur le

4ïo Appendice

troisième, celles de monseigneur Sigismond d'Est, marquis de Lans, lieutenant gênerai pour Son Altesse deçà les montz, et sur le quatriesme pillastre estant près la chappelle de Sainct Laurens, les armes de la ville. Chascune desdites armoiries entorees d'ung chappeau de triomphe, avec des rouleaux de bandes de papiers couleuriés. Ayant esté le susdict oratoire parsemé en divers lieux de petitz chérubins, et estoit paré l'autel de Saincte Barbe fort richement, auquel l'on communyoit, et le reste de l'église estoit richement tapissé.

Et le très sainct Sacrement mis au susdict oratoire, mondict Seigneur le Reverendissime est descendu, puis la procession avec tout le clergé a commencé a partir par la porte de la grand allée ; et messieurs les Scindics sont demeurés dans Nostre Dame, sans avoir suivy et accompagné ladite procession. Et comme toutes les croix sont sorties de l'église, Messieurs de Nostre Dame sont pareillement sortis par le premier portai, avec leur croix et au mesme ordre que cy devant, et ont attendu auprès du Pont ladite procession qui passoit, saluans tout le clergé a mesure quil passoit, notamment Monseigneur le Reverendissime. Et arrivés au cuing Gouard, les Pères de Sainct Dominique, après une profonde salutation, se sont retirés, et les aultres croix aussi, soudain qu'elles sont arrivées au commencement du Pont Morens, estant demeuré, avec la croix de Messieurs de Sainct Pierre, seulement celle de Sainct François. Puis arrivés a l'église de Sainct François, chascun s'est retiré, estant environ l'heure de sept après midy. Et toute la nuyct l'église de Nostre Dame a esté ouverte et plaine de peuple, et sur les autelz, de chandelles pour esclairer les penitens et ceulx qui y abordoient.

Du vendredy, septiesme septembre, jour et feste de sainct Gras

Encores que la nuict précédente l'église fut toute remplie de peuple advenue (sic) a la dévotion, tant pour avoir plus de commodité de se confesser que pour adorer le très sainct Sacrement, n'a resté pourtant que la musique, mays [a] faict sa function avec les orgues, violles, lutz, espinettes et aultres instrumens musicaulx.

Estant a noter que le jour d'hui, tandis que Monseigneur le Reverendissime estoit dans l'église de Nostre Dame, nonobstant que l'enseigne de la ville fut arborisee aux fenestres de l'Hostel de ville, ne laissât (sic) pourtant d'arriver le pennon de la Porte de la Perrière, avec l'enseigne desployee dudict cartier, [et ledit] pennon de se geter en garde soubz la conduicte de noble Pierre Marvin, capitaine

Les grands Pardons d'Annecy 411

dudict cartier. Et portoit l'enseigne monsieur Jean Rogex, estant sergent honnorable Pierre des Roches, dict des Terres ; et estoient en soldatz bien armés, davantaige de 200, sans les officiers, qui ont faict ung corps de garde devant l'Hostel de ville, oultre les quatre des quatre grandes portes.

Puis arrivée la minuyct, l'on a commencé de sonner les cloches grosses et petites, par ce que a la dite heure commençoit le Jubilé, et aux quatre heures semblablement. Et aux cinq heures ont esté commencées les Matines par monsieur le doyen François de Lornay, avec le reste de l'Office de tout ce jour la , estant tousjours l'église remplie de peuple qui tachoit de se confesser ; dont, pour le peu de confesseurs, plusieurs s'en sont allés confesser et communier a leurs parroisses, d'aultant que mondict Seigneur le Reverendissime, par ordonnance quil feit attacher aux portes des églises, n'en commit la charge des confesseurs sinon a quatre sieurs chanoines de Sainct Pierre et a trois sieurs chanoines de Nostre Dame qui ne pouvoient souffire ; estans lesdits quatre de Sainct Pierre : Révérends seigneurs Estienne de la Combe, Claude Grandis, Philibert Rogex et Janus des Oches ; et les aultres, Jean Loys Jacques, Thomas Peyssard et Roux des Oches.

Et es aultres actions de musique, estoient meslees les trompettes, qui estoient en nombre de sept ; n'estant a oublier que soudain que le Jubilé fut ouvert, le chasteau ne manqua a rendre son debvoir et de tirer des pièces de canons a la louange de nostre Créateur, jusques a 40 coups. Estant si plain l'autel de la Communion, et la dévotion des penitens [si grande,] qu'après avoir esté repeus de ce tant sacré Sacrement, ils s'en alloient par les autelz baiser les linges par humilité. Ayant messieurs du Conseil de la Chambre et messieurs les Scindics assisté a tous les Offices, sauf a Matines, accompagnés de grand noblesse, respondues a divers cueurs (chœurs) de musique, tantost aux orgues et ores aux violles, lutz et trompettes.

Puis environ une heure, l'on a célébré Vespres, et après, la prédication par le Père Capucin cy devant ; et enfin, joyé (joué) une partie de l'histoire de la vie de Joseph, vers Sainct Mauris, sur ung théâtre basti aux despens de la ville, et qui a duré deux heures et demye. Et [après] disné, les escholliers ont faict monstre pour donner a entendre quilz avoient a jouer une histoire le lundy prochain.

Et a esté continué la mesme dévotion le jour de Nostre Dame, auquel ledict sieur Doyen a faict l'Office, saufz a la grand Messe, qui a esté célébré (sic) par Monseigneur le Reverendissime au grand autel, et a l'apres disné il a faict un très rare sermon. Puis après Vespres, joué et représenté le reste de l'histoire de Joseph.

Ce qui a esté obmis, c'est que le cartier de Bœuf est entré en garde,

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son enseigne desployee, portée par messire Humbert Falquet, conduict par noble Jean Jacques Demoliet, capitaine, et honnorable Petremand Jacquet, sergent, estans environ 250 ; dont arrivans devant l'Hostel de ville, a la salve qui a esté faict, a esté percer (sic) le drappeau d'ung coup de basle, et le cartier de la Perrière s'est retiré.

Le Dimanche continuant le divin service, et la splendeur et la dévotion s'augmentant, a esté continué la fin de l'histoire de Joseph que fut commencer (sic) hier seulement (n'ayant esté commencé le vendredy , comme cy dessus est dict, ains hier seulement). Et mondict Seigneur prescha a la coustumee, sçavoir après Vespres ; puis, environ les six heures du soir, la procession assemblée a Sainct Pierre et partant dudict lieu, seroit venue droict par dessoubz [la] rue, puis entrée a Nostre Dame, chantans. Et tous les cœurs des églises assemblés en pareil ordre que celle cy devant, Monseigneur a prins le très sainct Sacrement, puis marchand au mesme reng qu'a l'ouverture du Jubilé, la procession est partie par la grand allée de Nostre Dame, qui est allé (sic) vers le pré Chapuis, au coing Gouard ; et puis revinrent a l'église, ou Monseigneur a remis le Sainct Sacrement au siboire de l'autel de Nostre Dame, et Y Ave Maria sonnée, la procession s'est retirée.

Et le lundy, les escholliers ont représenté en vers latins la Vie de sainct Placide, surnommé sainct Heustache ; puis après, au lieu d'une farce, ont esté sonné les pris aux ascendants aux classes.

Voila la fin du sainct Jubilé célébré a lhonneur de nostre Rédempteur, auquel et a la très sacrée Vierge sa Mère soit louange, honneur et gloire. Ainsi soit il.

Vassal.

Archives de la Mairie d'Annecy, Déîib. municip., vol. 33.

Lettre de M. de la Tournette 413

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