‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 73 sur 88 · LETTRE DE M. LOUIS DE LA TOURNETTE A M. CROTTI · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. LOUIS DE LA TOURNETTE A M. CROTTI

Monsieur,

* Je donne a S. A. S. quelques nouvelles que j'ay entendu des * videp. 300, not. (1). nostre retour de Bade, là où nous avons esté et n'avons rien faict, encoures que nous avons esté trois Ambassadeurs, si non despendre beaucoup d'argent. A la vérité, s'il m'est permis de parler avec vous sans offenser personne, je ne sçay qui peut avoir conseillé S. A. S. de mander deux Ambassadeurs extraordinaires avec moy, pour demander une simple responce sur les poursuittes et propositions que j'ay desja faict cy devant a sept ou huict assemblées et diètes, suivant les commandements de S. A. S. Pour moy, j'estime sçavoir cette négociation mieux que mon Pater ; s'il eut pieu a S. A. Sme de me laisser suivre mes dessins, possible luy aurois-je apporté quelque contentement. Vous sçavez, quand l'on est tant de gens ensemble, chacun veut croire son opinion. Vous priant d'asseurer S. A. S. sur ma parolle, que je suis autant praticque des affaires de Suisse, autant aymé et cognu, que tel qui a demeuré en ce pais les cinq et six ans, au rapport que le seigneur Auditteur Valdengue en fera, s'il veut dire la vérité. Je suis bien asseuré qu'il y a deux personnages parmi le monde qui voudroient bien que je fusse ailleurs qu'en ce pais : je m'expliqueray un jour avec vous plus amplement.

Je ne veux point contrevenir, ny moins y pencer, au commandement de S. A. S. ; mais on a bien esté esbey de voir venir trois Ambassadeurs a la Diète générale, pour demander a Messieurs de Berne ouy ou non. Si ce feut esté pour une conférence, ou bien une

(1) Jean-Michel Crotti de Savigliano, coseigneur de Costigliole, conseiller du duc de Savoie, secrétaire d'Etat et des Finances par patentes du 13 avril 1611.

Nous ne donnons ici qu'une partie de la longue lettre que Louis de TAlée, seigneur de la Tournette, écrit au secrétaire d'Etat.

414 Appendice

assemblée pour disputer les droits de S. A. S., cela estoit bien, car trois sçavent plus que non pas un. Je me remettray de cela et de toutte chose en ce monde aus commandemens que m'en fera tousjours S. A. S. mon Seigneur.

Je suis a jamais, appres vous avoir baisé humblement les mains, Monsieur, Vostre plus humble et plus affectionné serviteur,

De la Tornette.

De Lucerne, ce 3 novembre 16 12.

Revu sur une copie de l'Autographe inédit, conservé à Turin, Archives de l'Etat, Svitfera, Lettere Ministri, Mazzo 5.

Page 1