‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 40 sur 91 · PS. XXIX · texte numérisé non relu

PS. XXIX

Luc, x, ult.

dire que vous pleures continuellement pour cette véritablement bien sensible séparation. Il ne faut nullement que cela soit, car, ou vous pleures sur luy, ou pour vous. Si c'est sur luy, pourquoy pleurer, que nostre Frère est en Paradis ou les pleurs n'ont plus de lieu * ? Que si pour vous, n'y a-il point trop d'amour propre (je parle avec vous ainsy franchement), d'autant qu'on jugera que vous vous aymes plus que son bonheur, qui est incomparable? Et voudries vous que, pour vous, il ne fust pas avec Celuy (*) in quo movemur et sumus *, tous tant que nous sommes qui acquiesçons a son saint playsir et divine volonté ?

Mais venes nous voir, et souvent, et nous convertirons les pleurs en joye *, nous souvenant par ensemble de celle de laquelle nostre bon frère jouit et laquelle jamais plus ne luy sera ostee *. Et en somme, pensés souvent en elle et en luy, et vous vivres joyeux, comme je le souhaite de tout mon cœur, avec lequel je me recommande a vos prières et vous asseure que je suis vostre.

Françs, E. de Genève.

(*) en qui nous nous mouvons et nous sommes

frère, Philippe de Quoex, arrivée le 24 janvier 1618 (voir ci-dessus, notes ( 1 ), (2), p. 156). L'invitation du Saint à l'affligé, de venir le visiter souvent, ne permet pas de reculer ces lignes plus tard qu'au commencement de février, le départ pour Grenoble ayant eu lieu le 26 de ce mois.

MCCCXCIX

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