‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 41 sur 91 · AU PÈRE ANGE CALCAGNI, CORDELIER · texte numérisé non relu

AU PÈRE ANGE CALCAGNI, CORDELIER

Consolation à un prisonnier.

Annecy, 4 février 1618.

Molto Reverendo Padre in Christo osservandissimo,

Andando costi il signor Rocho suo fratello, anch'io vado con esso lui mentalmente a salutar Vostra Riverentia et pregharla che stia allegra quanto Ella potrà in questa sua tribulatione che, gratia al Signore, finira presto, poichè subito che Sua Eccellenza che deve venir fra pochi giorni [sarà giunta(2)], Vostra Paternità sarà messa in libertà (3).

Très Révérend et très honoré Père dans le Christ, M. Roch votre frère se rendant vers vous, je vais aussi en esprit avec lui saluer Votre Révérence et la prier de demeurer joyeuse, autant qu'elle le pourra, en cette tribulation. Grâce à Dieu, elle finira bientôt, puisque dès l'arrivée de Son Excellence, qui doit venir dans quelques jours ( 2 ), Votre Paternité sera mise en liberté ( 3 ).

(1) Frère de Roch Calcagni (voir tome XIV, note ( i ), p. 302), le P. Ange était, depuis le mois de mai 16 17, Gardien du couvent des Franciscains de Sainte-Marie de la Campagne à Plaisance. On trouve sa signature dans les actes de la Fabrique de l'église jusqu'à la fin de 1617. Du 17 février 1618 aux derniers jours d'avril, au lieu de la sienne, paraît celle du Vicaire, le P. Chérubin. C'est en effet le temps de son voyage en Savoie; il y vint sans doute voir son frère, et, peut-être pour une cause politique, il fut incarcéré. Sa parenté avec un officier du duc de Nemours, son arrivée d'un pays où l'influence de l'Espagne demeurait très grande, suffisaient à le rendre suspect. La meilleure preuve de son innocence, c'est que, à son retour, les Supérieurs le confirmèrent dans sa charge de Gardien ; du 23 juin 1619 au 25 mars 1620, le P. Ange est de nouveau signataire des actes de la Fabrique. Après une seconde interruption, il revient et signe le 24 août 1620; enfin il figure pour la dernière fois le 31 décembre de cette même année ; dès lors, un autre Gardien, le P. Pie de Plaisance, lui succède, et l'on ne sait plus rien de lui. (D'après lus notes communiquées par S. G. Mgr Pellizzari, Evêque de Plaisance.)

( 2) Le marquis de Lans était alors à Turin ; il revint à Chambéry le 31 mars. (Cf. Mugnier, Les Entrées du Sénat, p. 94.)

(3) Voir ci-après, Lettre mcdviii, p. 185.

i66 Lettres de saint François de Sales

Et cosi, augurandoli ogni vera consolatione doppo questo travaglio, con tutto il cuore aile sue orationi mi raccommando.

Di Vostra Paternità molto Reverenda,

Affettionatissimo corne fratello et servitor, Franc0, Vescovo di Geneva.

In Annessi, alli 4 di Febraio 161 8.

Al molto Rd0 in Christo, Il P. Angelo Calcagno, Guardiano délia Madonna délia Campagna di Piacenza (0.

Revu sur l'Autographe appartenant à M. le comte Morandi, à Plaisance (Italie).

Ainsi, vous souhaitant toute vraie consolation après cette épreuve, je me recommande de tout cœur à vos prières. De Votre très Révérende Paternité,

Très affectionné comme frère et serviteur, François, Evêque de Genève.

Au très Révérend [Père] dans le Christ, Le Père Ange Calcagni, Gardien de Notre-Dame de la Campagne de Plaisance (1).

(1) Déjà en 1030 la Sainte-Vierge était honorée dans ce sanctuaire, car à cette époque on bâtit tout proche, et sans doute pour le desservir, un couvent de Bénédictins. En 1522, pour remplacer le premier édifice aux proportions trop modestes, on commença la construction de l'église actuelle, remarquable par son architecture et les œuvres d'art qu'elle renferme. Les Frères Mineurs, déjà établis à Plaisance, reçurent en 1 547 la garde de Sainte-Marie de la Campagne ; ils l'ont eue jusqu'à présent, bien que, dépouillés en 1866 de leur antique couvent, ils aient dû en édifier un autre. (D'après une lettre de M«r l'Evêque de Plaisance.)

Année 1618 167

MCD

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