‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 50 sur 91 · A M. CLAUDE DE BLONAY · texte numérisé non relu

A M. CLAUDE DE BLONAY

Union de joies et de peines. — La Mère de Chantai est à Lyon et se dispose à rentrer à Annecy.

Annecy, 19 mai 1618.

Monsieur,

Je participe a tous vos contentemens et a tous vos desplaysirs, selon nostre réciproque, ancienne et invariable amitié ; c'est pourquoy je regrette la perte de la présence de monsieur vostre beaufilz (0, et prie Dieu quil console sa chère vefve, a laquelle je voudrois bien pouvoir rendre du service.

La Visitation vous attend, et Mmc de Chantai me conjura a son départ, ou par une lettre, de vous conjurer de

( 1 ) Amé de Mojonnier, fils de Jean de Mojonnier et de Louise de Laconay , avait épousé la fille aînée de Claude de Blonay, Françoise-Madeleine. Il teste et codicille les 30 avril et 18 mai 1618.

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les assister a présent (0. ElTest maintenant a Lyon avec nostre fille (2), et sera icy dans huit jours pour recevoir la profession de M"e de Vallon (5) et de Mllc Carra (4) le dimanche entre les octaves de l'Ascension.

Monsieur nostre Prieur (5) vous dira les nouvelles tousjours plus asseurees de la paix (6). Je suis, Monsieur,

Vostre très humble confrère,

Franc5, E. de Genève.

XVIIII mai 1618.

A Monsieur Monsieur de Blonnay, Prefect de la Ste Mayson.

Revu sur l'Autographe qui appartenait à M. l'abbé Pettex, curé de Marignier, près Bonneville (Haute-Savoie).

(1) C'était probablement le paiement de la dot de 3000 florins promise à la Sœur Marie-Aimée, que réclamait instamment la Mère de Chantai. Il se fit bien attendre encore.

(2) Sœur Marie-Aimée de Blonay.

(3) La profession de Sœur Claude-Catherine Joly de Vallon fut avancée au 23 mai. (Cf. ci-dessus, note (2), p. 220.)

(4) Sœur Anne-Catherine de Beaumont-Carra (voir ibid., note (6), p. 204).

(5) Jean-François de Blonay, prieur commendataire de Saint-Paul en Chablais. (Voir tome XV, note ( 1 ), p. 354.)

(6) Voir ci-après, note (3), p. 236.

MCDXXXII

A MADAME DE GRANIEU (0

Quelles consolations donner à la Mère de Chastel après le départ de la Mère de Chantai.

Annecy, 20 mai 1618 (2).

Pour moy, ma chère Fille, je n'escris a ce coup qua vous, car je m'imagine que la bonne Mère sera partie,

( 1 ) L*intimité qui s'établit promptement entre Mme de Granieu et la Mère de Chastel, et que l'on peut constater en d'autres lettres de François de Sales, nous permet d'assurer que ces lignes ont été écrites à la première.

(2) Nous corrigeons le quantième. 10 mai, donné par les éditions précédentes, et que dément cette phrase du Saint : « Je n'escris a ce coup qu'a « vous. » Le 10, il écrivait encore a Mmc Liotard et à la Mère de Chantai, et celle-ci ne quitta Grenoble qu'après cette date.

228 Lettres de saint François de Sales

et ce porteur est un personnage qui fait profession d'estre des grandes connoissances de monsieur vostre mary ( « ) et ne me donne que ce moment pour vous escrire.

Mais que vous diray-je ? Ceux qui n'ont qu'une volonté et qu'un cœur, c'est a dire, ceux qui pour tout ne cherchent que le divin amour céleste et que la volonté et le cœur du Sauveur régnent, ilz sont inséparables. C'est pourquoy, ma très chère Fille, prenes la peyne, je vous prie, de dire cela de ma part a ma Seur Peronne Marie (2), laquelle, au départ de cette chère Mère, sera, je pense, un peu attendrie. Mais qu'elle soit asseuree que Dieu l'assistera en sa besoigne ; et a la première commodité je lu}' escriray moy mesme.

Ce pendant, vives toute a ce cœur et pour ce cœur du Sauveur, ma très chère Fille, et je suis, certes, vostre très parfaitement, et

Vostre serviteur plus humble,

Franc5, E. de Genève.

. . may 1618, Annessi.

Madame la Présidente Le Blanc sçait bien ce que je luy suis, et pressé de donner vistement ce billet, je ne luy puis escrire ; je la salue néanmoins de tout mon cœur.

( i) François de Gratet, seigneur de Granieu (voir ci-dessus, note ( i ), p. 219). (2) En revenant à Annecy, la sainte Fondatrice laissait pour Supérieure du nouvel établissement de Grenoble, la Mère Péronne-Marie de Chastel.

MCDXXX1II

A MADAME DE LA FLÉCHERE

Sollicitude paternelle. — Visites consolantes.

Annecy, 22 mai 1618.

Que faites vous, ma très chère Fille? car je suis en peine de ce violet que vous avies l'autre jour, bien que ce porteur m'a dit que vous vous porties bien, grâces a Dieu. Oh ! ce grand Dieu qui est propice aux cœurs de bonne

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volonté *, soit a jamais la vie du vostre, ma très chère * Luc, n, 14. Fille, et du mien, qui est vostre et ne cesse jamais de vous souhaiter cette sainte vie de l'amour céleste.

Nous sommes icy parmi les consolations que cette bonne compaignie nous donne (0, attendans pour compliment de bonheur la venue de nostre chère Mère (2).

Vives, ma très chère Fille, et soyes toute a Dieu, qui m'a rendu et fait vivre tout vostre.

Annessi, le xxn may 16 18.

A Madame Madame de la Flechere.

Revu sur une copie déclarée authentique, conservée à Turin, Archives de l'Etat.

( 1 ) Le président Antoine Favre et sa famille. (Voir ci-dessus, Lettres mcdxxiii et mcdxxv, pp. 215, 217.)

(2) Voir ibid.. note (2), p. 224.

MCDXXXIV

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