CHAPITRE IV
DE LA NECESSITE D'UN CONDUCTEUR POUR ENTRER ET FAIRE PROGRES EN LA DEVOTION
Le jeune Tobie commandé d'aller en Rages : Je ne sçay nullement le chemin, dit-il. Va donq, répliqua
* Tobiae, v, 2, 4. le (a) père, et cherche quelque homme qui te conduise*.
Je vous en dis de mesme, ma Philothee : voules-vous a bon escient vous acheminer a la dévotion ? cherchés quelque homme de bien qui vous guide et conduise ; c'est ici l'advertissement des advertissemens. Quoy que
* in Uh. Audi fiiia, vous cherchies, dit le dévot Avila*, « vous ne treuveres î'elio, Avis 'pour jamais si asseurement la volonté de Dieu que par le vivre chrétienne - chemjn &e cette humble obéissance, tant recommandée
et prattiquee par tous les anciens devotz. »
La bienheureuse Mère Thérèse voyant que madame Catherine de Cardone (2) faisoit des grandes pénitences^), désira fort de l'imiter en cela, contre l'advis de son confesseur qui le luy defendoit (c), auquel elle
(a) dit son (Ms.) — dit le (A)
(b) faisoit — de grandes pénitences, elle (Ms.-A)
(c) qui le — defendoit (A)
(1) Jean d'Avila (le Vénérable), prêtre espagnol, « l'Apôtre de l'Andalousie » (1 500-1569). Esposicion del verso : Audi, filia, et vide, etc. 1556.
(2) On lit Catherine de Cordoue dans tous les textes de M Introduction a la Vie Dévote antérieurs à celui-ci, ce qui est une erreur facile à constater, car le trait auquel il est fait allusion est relaté dans toutes les plus anciennes éditions des Œuvres de sainte Térèse, aux Additions de sa Vie écrite par elle-même. Il est vrai que, dès le milieu du xvne siècle, on a remplacé le nom de Catherine de Cardone par cette vague désignation : « une personne pieuse. » La traduction française publiée par Migne (Paris, 1840- 1845)