‹ ŒuvresChapitre 14 sur 272 · Première Partie. Chapitre iv · texte numérisé non relu

Première Partie. Chapitre iv

estoit tentée de ne point obéir pour ce regarda) ; et Dieu luy dit : « Ma fille, tu tiens un bon et asseuré chemin. Vois-tu la pénitence qu'elle fait? mais moy, je fais plus de cas de ton obéissance *. » Aussi elle * Reiadon m. aymoit tant cette vertu , qu'outre l'obéissance qu'elle devoit a ses supérieurs, elle en voua une toute particulière a un excellent homme (r), s'obligeant de suivre sa direction et conduite , dont elle fut infiniment consolée; comme, après et devant elle, plusieurs bonnes âmes, qui pour se mieux assujettir a Dieu, ont sousmis leur volonté a celle de ses serviteurs, ce que sainte Catherine de Sienne loue infiniment en ses Dialogues*. * Tract, iv. (e) La dévote Princesse sainte Elisabeth se sousmit avec une extrême obéissance au docteur Maistre Conrad; et voyci l'un des advis que le grand saint Louys fit a son filz avant que mourir* : « Confesse-toy souvent, • Join ville, Hist. de eslis un confesseur » idoine, qui soit « preud'homme et qui te puisse seurement enseigner » a faire les choses qui te sont nécessaires.

1! ami fi délie, dit l'Escriture Sainte*, est une forte * Eccli., vi, m, 16. protection ; celuy qui Va treuvé a treuvê un trésor. Lami fidelle est un médicament de vie et d'immortalité ; ceux qui craignent Dieu le treuvent. Ces divines paroles regardent principalement V immortalité , comme vous voyes, pour laquelle il faut sur toutes choses avoir cet ami fidelle qui guide nos actions par ses advis et conseilz, et par ce moyen nous garantit

(d) en cet endroit (Ms.-A)

(e) [La fin de cet alinéa ne se trouve pas dans le Ms., mais un signe de renvoi semble indiquer l'intention du saint Auteur de faire une addition à cet endroit. ]

altère davantage encore le texte espagnol, en indiquant faussement « une religieuse. »

La vraie leçon a été rétablie par don V. de la Fuente, dans les Escritos de Santa Teresia (Madrid, Rivadeneira, 1861-62). C'est dans cette publication que les Additions, réunies à d'autres pièces, forment pour la première fois un traité à part, intitulé : Libro de las Rclaciones. Sainte Térèse parle encore de Catherine de Cardone au Livre des Fondations, chap. xxvm.

(1) Voir Partie III, chap. xi.

• 24 Introduction a la Vie Dévote

des embusches et tromperies du malin ; il nous sera comme un trésor de sapience en nos afflictions, tristesses et cheutes ; il nous servira de médicament pour alléger et consoler nos cœurs es maladies spirituelles ; il nous gardera du mal, et rendra nostre bien meilleur; et quand il nous arrivera quelque infirmité, il empeschera qu'elle ne soit pas a la mort, car il nous en relèvera.

UH supra. Mais qui treuvera cet ami? Le Sage respond* : Ceux

qui craignent Dieu ; c'est a dire, les humbles qui désirent fort leur avancement spirituel. Puisqu'il vous importe tant, Philothee, d'aller avec une bonne guide en ce saint voyage de dévotion, pries Dieu avec une grande instance qu'il vous en fournisse d'une qui soit selon son cœur, et ne doutes point ; car, quand il devroit envoyer un Ange du ciel, comme il fit au jeune Tobie, il vous en donnera une bonne et fidelle.

Or, ce doit tous-jours estre un Ange pour vous : c'est a dire, quand vous Taures treuvee, ne la (f) considérés pas comme un simple homme, et ne vous confies point en iceluy (g) ni en son sçavoir humain, mais en Dieu, lequel vous favorisera et parlera par l'entremise de cet homme, mettant dedans le cœur et dedans la bouche d'iceluy ce qui sera requis pour vostre bonheur ; si que vous le deves escouter comme un Ange qui descend du ciel pour vous y mener. Traittes avec luy a cœur ouvert, en toute sincérité et fidélité, luy manifestant clairement vostre bien et vostre mal, sans feintise ni dissimulation : et par ce moyen , vostre bien sera examiné et plus asseuré, et vostre mal sera corrigé et remédié ; vous en seres allégée et fortifiée en vos afflictions, modérée et réglée en vos consolations. Ayes en luy une extrême confiance meslee d'une sacrée révérence, en sorte que la révérence ne diminue point la

(f) vous l'aures — treuvé ne le (Ms.-A)

(g) luy (Ms.-A) — icelle (B-C)

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