I. U première OiIiiiqd iJduis ï. Sur ce point
loin de prétendre an. titre de pliilnsnphe . et pourtant je pourrais nie sentir la tentation de chercher aussi à ce prodige une explication naturelle, ou munie de le dépouiller de toute apparence de merveilleux.
— Si vous pouvez cela, mon prince, repris-je en souriant d'un air très-incrédule, vous serez k> seul prodige auquel je
— Et pour montrer, poursuivit-il , combien peu nous sommes autorisés it l'i'eouiir au\ fmvr-i miiikiIiii'i'H.-. . je \nn vous présenter deux solutions dillérentes par lesquelles nous expliquerons peut-être h chose , sans faire violence h la nature.
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riosité au plus haut point.
— Vous ave/, lu avec moi les nouvelles détaillées de la maladie de mon défunt cousin : c'est dans un accès de fièvre froide qu'une apoplexie l'a tné. Ilelie mort extraordinaire me détermina , je l'avoue . à demander là-dessus l'opinion de quelques médecins, et re que j'appris 'i eetle nerasion me met sur la trace de ce prestige. La maladie du défunt, une des plus rares et des plus terribles, a re symptôme particulier, que, pendant le frisson de la (îévro, elle plonge le malade dans un profond el invincible sommeil, qui le tue d'ordinaire par l'apoplexie au deuxième retour du paroxysme. Comme tes paroxysmes revien-
sième paroxysme d'une lièvre tierce tombe, on le sait, au cinquième jour de la maladie,... el c'est précisément le temps nécessaire pour qu'une lettre arrive à Venise do ***, où mon cousin est mari Supposons maintenant que notre Arménien ait un correspondant vigilant dans la suite du défunt.... qu'ilaitun
même quelques desseins que la foi au merveilleux et l'apparence d'un pouvoir surnaturel l'aident à faire réussir.... et vous avei une explication naturelle de la prédiction qui vous parait si itii'oinpréliensible. Iiref, vous voyez par 11 comment il est possit île qu'un tiers m'informe d'une mort qui arrive, à quarante milles de distance, dans l'instant où il me I annonce.
— En réalité", prince, vous assemblez ici des choses qui. prises chacune à pari, parai ss en I . il esl vrai , fort naturelles . mais qui ne peuvent être ainsi réunies que par quelque cause [ui-.-que anssi iinpi'i'l^il'li' que l;i magie.
— Comment! Vous êtes donc moins choqué du merveilleux que du singulier, de l'extraordinaire'! Aussilé.1 que nous attribuons à l'Arménien un dessein important , dont je suis le but ou le moyen.... et ne devons-nous pas le faire, quelque j une ment que nous portions de sa personne'.'., rien nVsl surnaturel, rien n'est forcé de ce qui le mené à son liut par le plus court chemin. Or quel chemin plus court pour s'assurer d'un homme, que !q patente de faiseur de miracles? Oui résiste à celui auquel lus esprits obéissent 1 Mais je vous accorde que ma supposition esl subtile; j'avoue que moi-même elle ne me satisfait pas. Je n'y persiste point , parce que j'estime que ce n'est pas la peine de recourir à un plan combiné et réfléchi, quand il suffit du simple hasard.
— Comment, lui dis-je, ce serait le simple hasard....
— Probablement rien de plus, poursuivit le prince. L'Arménien connaissait" la maladie dangereuse île mon cousin. Il nous rencontra sur la place Niint-Marc. 1, 'occasion l'invitait à risquer une prophétie , qui , si elle ne s'accomplissait pas , n'était qu'une parole perdue, et qui.... si elle se vérifiait, pouvait être de la plus grande cou séquence. Le succès a favorisé cette tentative , et peut-être n'a-t-il songé qu'alors à profiter de la faveur du hasard pour un plan mudiiné Le temps cclaïrcira ce secret ou ne l'éclaireira pas.... mais, croyez-moi, mon ami, dit-il, en posant sa main sur la mienne, et prenant un air tri-ssérieul , uû homme auquel les puissances supérieures obéissent n'aura nul besoin île jongleries , ou il les dédaignera. •
Ainsi se termina une cotïversatiun que j'ai rapportée ici tout entière , parce qu'elle montre les difficultés qu'il y avait à vaincre chez le prince , et parce qu'elle lovera , je l'espère , sa mémoire du reproche de s'être jeté aveuglément et à l'étourdie dans les pièges que lui préparai! une niai hiuation diabolique
6Î LE VISIO NN Ain E.
sans exemple. Ceux qui , dans le moment où j'écris ces lignes . poursuit le comte d'O", jettent peut-être un regard de méprisante moquerie sur sa faiblesse . et qui , dans l'orgueilleuse présomption de leur raison . que rien n'a jamais attaqué ,■ se croient en droit de le condamner sans appel, n'auraient pas tous , je le crains , supporté aussi virilement cette première
épreuve. Maintenant, si . im'nie nprè.s eel heureux début, on le voit néanmoins tomber; si l'on voit s'accomplir sur lui le noir projet contre lequel son bon génie l'avait mis en garde du plus loin qu'il le vu poindre : on se raillera moins de sa folie qu'on ne s'étonnera de la monstrueuse scélératesse h laquelle succomba une raison si bien défendue. Les candidetémoignage, car celui qui pourrait m'en savoir gré n'existe plus. Son aiïreuse destinée est accomplie; son Ame s'est purifiée depuis longtemps devant le trime de la vérité, devant lequel la mienne sera depuis longtemps aussi, lorsqu'on lira ces feuilles". Mais ... qu'on me pardonne les larmes qui m'échappent involontaire! nent au souvenir de mon plus cher ami.... j'écris pour rendre hommage h la justice : c'était un noble cœur, et il eût été certainement l'honneur du trOne auquel , suus l'empire de la séduction, il voulut arriver par un crime.
I ■ Devint lequel 11 mienne puUIre bientôt uini. . [Tnalif )