‹ Œuvres de Schiller Mélanges de Schiller preécédés du Visionnaire. 7Chapitre 50 sur 95 · LE PENSER MATÉRIEL · texte numérisé non relu

LE PENSER MATÉRIEL

L'«e«M de h pmisto. - LWgmilion matérielle. - Thfcriu.

Au moyen de ces cinq organes, toute la nature matérielle a un accès ouvert et libre a la faculté spirituelle. Les modifications extérieures deviennenl par eux modifications intérieures. Par eux le monde extérieur reflète son image dans l'âme. Et c'est là le premier fondement de la vie spirituelle : la représentation des objets, l'idée perçue. Cette représentation n'est pas autre chose qu'une modification de l'âme qui est égale à la modification du monde sensible, et dans laquelle l'âme distingue son propre moi de la modification. Te suis donc dans le moment entièrement identique avec ce que je me représente, et la personnalité seule en distingue mon moi et m'apprend que c'est une modification e\térii:itre. Hais la représentation, l'idée perçue, n'est pas encore la vue complète de l'objet, l'examen des forces , des intentions : elle n'est que le fondement sur lequel cette opération repose, la matière sur laquelle l'entendement opère et crée. La seconde, la principale affaire, serait donc l'activité de l'entendement appliquée à cette matière sensible qui lui est iiffi'i'te , à savoir la pensée.

Mais, comme la représentation Je l'objet n'est qu'un acte unique d'une' faculté simple, o l'occasion d'une modification de l'esprit nerveux au moment de la sensation ( voyez la dissertation de Garve sur les inclinations, dans les vicies deï Académie rie Berlin, p. 110, 111), et comme la sensation n'est autre chose que la conséquence d'une modification dans les organes des sens . que celle-ci est le résultat d'une modification dans le monde matériel, que cette dernière est fugitive

SCS MÉLANGES.

f! passagère : il s'ensuivrait que la reprisent al ion d'un objet disparaîtrait dès que sa cause n'existerait plus , et qu'un premier objet aurait fui quand je m'occuperais d'un second. Ile celle façon, renleiideiiienl , qui n'agit que par ia comparaison , serait tout aussi inutile qu'il l'eut été sans force intermédiaire , sansorgane, sans monde. Il lallaii dune qu'il y eût de nouvelles forces intermédiaires , pour fixer ces modifications sensibles de l'esprit nerveux au moment de la sensation , et les faire durer encore dans le temps même où leurs causes, les modifications des organes des si-ns , uni depuis Imi^li'mps cessé d'agir. Ceci me mène a un nouvel organe, qui n'est ni sens ni âme : on le nomme communément le sensorium commun; j'aime mieux l'appeler l'organe de la pensée ou l'instrun ent de l'entendement, lions cet organe le grand univers, eu tant, bien entendu , qu'il a déjà passé par la voie des organes des sens , doit reposer dessiné en pelii et êlre présent à l 'entendement. [ N'eSl-il pas à présumer après cela que la modification même

devant l'ilme, et que c'est seulement cette modification de [iièrue nature dans l 'nr^ane de la jh-msi'i- qui ,v.:i\ sur elle'.' que par conséquent l'âme , si elle peut être enfermée dans un lieu , habile dans cet organe t ]

Si maintenant l'on demande r.e que snnl les idées matérielles de l'organe de la pensée ou de l'imagination , el comment elles v sont produites par les idées matérielles de la sensation : on a imaginé a cet égard diverses théories, que je vais examiner ici de plus près.

1° Ces idées sonl-elles des impressions dans le canal de l'esprit nerveux, dans les nerfs, causées par l'afflux de l'esprit nerveux? Ce serait alors une modification dans la partie la plus grossière du nerf, dans la structure. A quoi bon, dans ce cas, un être si subtil, si immatériel que l'esprit nerveux, si la lourde et matérielle masse doit ngirsur lui! Mais c'est, dit-on. une impression! Qui expliquera par la forme un la profondeur de l'impression la variété prodigieuse des idées, leurs nuances inlinies depuis li ' lij- t -i »■■■! ini iii r ri ■ 1 > H" 1 ■■' 1

peut comprendre comment une impression, une impression passive, morte, inerte, comment quelque cliuse de négatif agit

sur l'âme? Ne suis-je pas absolument obligé de me représenter toute influence comme un mnim nii iii? et ici j'admets précisément le contraire. De plus, comment se fait-il que le courant des esprits, qui sans cesse monte et descend rapidement le long des parois des nerfs , n'ait pas bieRtÔt effacé ces impressions? Il faut ou que res miprv^inni soient si subtiles et l'esprit nerveux relative m [.'il! si grossier, qu'il 'ie puisse les eflacer, ou, au contraire, que l'esprit nerveux soit si extraordinaire m ont Mil'lil . >-: 1rs iinj/iT.-^'iiis si L-['.i?siiTi'S par rapport à lu:, que ce soit à cause de cela qu'il ne les puisse effacer. Dans la première hypothèse, toute la théorie de l'esprit nerveux est renversée : sa rapidité, son influencera nature spirituelle n'existent plus. Haller lui-même n'accorderait pas cela. Dans la seconde.... mais je ne veuv pas l'aire n-Joi-e un tel monstre.... Il y a plus: comme les canaux des nerfs perdent de leurs parties constitutives, et que des parties nouvelles remplacent celles qui sont perdues, je demande si ces parties qui se perdent sont plus considérables que l'étendue de l'impression ou infiniment plus petites. Dans le premier L'as , chaque battement du pouls arracherait plusieurs idées, l'urine en entraînerait, la sueur en évaporerait. Dans le second , il faut que l'impression soit étonnamment grossière . [Jiiisijrir.' ti's pru'Iie^. [n-rdiies et substituées n'en sont pas les éléments. On fera peut-être une objection : les cicatrices se conservent, malgré la perte et la substitution , jusqu'à la vieillesse la plus avancée , pour qui i n'en serait-il pas de même des impression? Sans doute, si l'on peut se représenter les impressions comme dos cicatrices; mais alors malheur a toi , bel organisme île la peu.si'e '■ malheur à la nature, substance simple île l'esprit! ilelle opinion perdra plus encore lorsque dans la suite il sera question de l'association. En attendant, elle est

qui est palpable que peser la chose infinie d'après de saines conceptions; car je suis forcé de laisser a cette théorie cet avantage , qu'on la peut toucher au doigt. Plus raisonnable déjà est la pensée de ceux qui placent l'idée matérielle de l'imagination

S" dans les mouvements de l'esprit nerveux, en harmonie avec les mouvements originels des esprits des sens. De cette

: du coté où les preieigne que l'imaginai le sang se précipite.

des impressions, elles seraient nécessairement s languissantes que les humeurs couleraient plus

représenter une action eiercee sur un être matériel ; avec l'impression faite sur le canal , je ne le pouvais sans rougir de honte. Cependant cette théorie ne suffit pas non plus à écarter toutes les objections, à rendre raison de tous les phénomènes* du penser matériel. Elle aussi nous laissera dans l'embarras à l'article de l'association , où pourtant nous aurons surtout besoin d'elle. Autre opinion : les idées matérielles de l'imagination seraient-elles peut-être

3" des vibrations de libres ;n;ilues comme les cordes d'un instrument, et dont la somme et la connexion constitueraient l'organe do la pensée? Qui croira que le plus ou moins de tension deces libres puisse entrer en comparaison avec cette indescriptible variété des idées sensihles cl abstraites !i leurs degrés divers? La variété surprenante des corps élastiques ne nous donne pourtant que peu de tons essentiellement différents; la variété surprenante des corps qui font trembler la lumière ne nous donne pourtant que sept couleurs diverses. El l'on veut que ces fibres , instruments de pensée , puissent marquer tous lestons, toutes les couleurs, toutes les autres notions infiniment variées, tant matérielles que spirituelles I En outre, ni l'anstomië, ni l'analogie, ni quoi que ce soit dans toute la structure de l'homme, n'ont rien qui mène à cette théorie. L'anato-

PHILOSOPHIE DE LA PHYSIOLOGIE. 271 miste a trouvé qu'entra toutes les parties du corps , l'organe de la pensée était la moins élastique et la plus molle. Ce n'est qu'une pure théorie sans preuves, et dans le chapitre de l'association elle sera complètement renversée.

C'est de la combinaison fortuite des trois théories que s'est formée l'hypothèse de M. Bonnet, a peu près comme les éléments d'Kpicure se sont accrochés entre eu*. Avec une impardonnable légèreté, le jiiiijili.'iir français saute par-dessus les points les plus difficiles ; ii s'appuie sur des choses qu'il lui est impossible de démontrer, et en lire des conséquences que personne, k l'exception d'un Fr;m(;ais, ne peut hasarder. Que sa théorie plaise h sa pairie, je le veux bien : l'Allemand plus pesant se révolte quand il a soufflé la poudre d'or et ne voit dessous rien que du vent.

.Mais les idées matérielles île l'imagination sont-elles toujours dans un tel état de vivacité qu'elles puissent représenter les objets à l'ame, ou n'y sont-elies pasî

La première hypothèse est impossible : sans quoi, endormis et éveillés, nous penserions toujours, et nous ne pourrions ainsi penser avec ordre. Si la seconde est vraie, il faut que des causes interviennent qui éveillait l'idée endormie en quelque sorte, et qui la ;i:v-r nient ii l'àme.

Or ee sont là Je nouvelles idées de l'i ; n;i filial ion . r-uit sensibles, soit éveillées pur des idées, sensitiies , qui, en vertu d'une illimité l'.r t l ■ 1 1 1 [ .■ s nu de lé'U un d'effet, ont rappr.n à l'i<lée endormie, et y sont rattachées par le mécanisme, intérieur de l'organe de ia pensée- Supposons, par exemple, que l'idée matérielle d'une source sommeille dans l'organe de h pensée, Puis, par la voie des sens, faisons parvenir le mot source dans cet organe : la tnodi6calion dont il sera affecté se rattachera, par son mécanisme morne, à l'idée matérielle de source, qui sommeille. Celle-ci est alors éveillée, agit sur l'Ame,

doute que ne l'a clé l'image sensible primitive. Mais l'idée matérielle de source, qui revit ainsi, éveillera sa voisine la plus proche, l'idée d'un homme, si vous voulez, qui dans !e temps se tenait auprès 1 , ou d'un son qui fut alors entendu : elle

I ill-l i -1 1- i- 1,1 .t- l-i i. r -il .|n • II- Il- iii -Mi

éveillée par l'idée sensible, et l'âme aura la perception de cet homme ou de ce ron. Cette idée, revivant, réveillera, elle aussi, sa voisine, celle-ci une autre; l'âme aura d'autres perceptions, et ainsi de suite , sans cesse et en tous sens , jusqu'à ce qu'une nouvelle idée sensible d'une autre espèce rompe celte chaîne et en commence une autre. C'est là la série des idées fondée sur l'association, série qui repose sur l'alïinité de .temps, de lieu ou d'effet, faisons maintenant l'application des théories exposées plus haut, et voyons quelle est, entre toutes, celle qui nous satisfait le plus.

Parlons d'abord des vibrations de cordes. Je veux emprunter aux sons et aux couleurs une démonstration par analogie, qui parait extrêmement favorable à ce système. Si dans une chambre obscure j'apporte toute sorte de couleurs, et si par une petite fente j'amène la lumière sur une d'elles, sur la rouge par exemple, alors toutes les couleurs rouges deviendront visibles dans la chambre, tontes les autres resteront in-

VijiM— i Si jr |.|» 1 Ii.i-m I un i ,-,*■[■■ .]i I ,i.iir. ■ t .(n.

je touche sur l'un d'eux une corde et produise un son, alors, sur l'autre clavier, la même o.ji\!'.;. et nulle nuire sans inon intervention, tremblera, et rendra, plus faiblement il est vrai, le même son.

Nous pourrions donc dire : Le monde, tel qu'il se trouve dans les organes des sens, tient la place du premier clavier; et l'esprit nerveux la place de l'air. L'organe de la pensée représente le second clavier. Il y a dans le monde des sens autant de cordes que d'objets; autant de libres dans l'organe de la pensée que de cordes dans le monde des sens, et, des deux parts, le mende et l'organe de la pensée, ies cordes de l'une, les libres

I. 11 j a liai» la IBile i auprès de l'arbre . Ne «rait-co pas plulOl • auprit

de l'autre, se correspondent aussi exactement que font enirc ouï lus deux claviers et leurs cordes.

Certaines cordes tremblent donc dans les organes des sens. Ce tremblement, l'esprit nerveux le.propage dans l'organe de la pensée. L'âme l'éprouve : c'est l'idée sensible. Mais quelles fibres trembleront? l'as d'aums que celles qui sont en tout pareilles aux fibres du monde. Quelle idée aura l'âme? Pas d'autre que la même absolu nu: ut, de même que (a corde du second clavier n'a rendu que le son du premier. La couleur rouge ne me fera songer qu'à la couleur rouge, de môme que la couleur rouge dans la chambre obscure ne rend visible que la rouge. Est-ce là l'association? Co n'est rien qu'un écho de la même idée, qui n'esl bon à rien. Mais, supposé qu'une association eût réellement lieu avec ce mécanisme , que suit-il de là ?

On est Hjitù d'aiinu'iîru que tous les ubiels un; d'avance d;ms l'organe de la pensée ilw libres rorrcsponilnnles, avnul d'être perçus sensiblement. Supposons donc, que je voie la mer. La

d'Amérique. Il faut alors que les fibres de ces diverses idées se ressemblent en quelque chose, pour que l'une mette l'autre en mouvement. .Mais si je n'ai pas encore vu de vaisseau*, si je n'ai pas entendu parler d'une guerre d'Amérique , il faudrait donc , quand la fibre de la mer est mise en mouvement, que je songeasse à un vaisseau, à la guerre d'Amérique, avant d'avoir sensiblement perçu cris objets, Ile que bonnet met en avant pour répondre à cette objection, n'a ici nulle application.

Je ne veus rien dire de suites plus monstrueuses de cette théorie, car chacun doit être déjà convaincu qu'elle n'a point de fondement. Je n'ai pas jugé nécessaire de l'attaquer autrement qu'avec ses propres armes , et mon but est atteint.

Je viens donc à la seconde, et elle me conduit dans le même labyrinthe. Il (ne faut nécessairement admettre que toute idée, même k plus simple, répond à sus esprits propres, à ses canaux propres. Ces canaux ont une pince dé terminée , qu'elles changent aussi peu que les veines la leur. En outre, il faut que j'admette également, d'après la très-pénétrante observation de M. de Hallcr, qu'aucun canal ne s'anastomose avec un autre , mais que chacun d'eus continue à part depuis sa pointe extrême

dans l'organe sensible jusqu'à son autre extrémité 1 . Or les associations ton! extrêmement capricieuses, trés-acci dente] les et trés-variécs, et pourtant les canaux n'ont qu'une place déterminée, et pourtant les esprits ne s'anastomosent point les uns avec les autres.

Cette même difficulté précisément et d'autres encore se trouvent dans la uV-orie dis impressions. Ici, de plus, il est impossible de concevoir comment une impression est mise en mouvemenl de manière à donner une idée îi l'Ame, Une impression en mouvement? Je ne puis poursuivre cette analyse,

doute, que plus d'un évitera d'arrêter là-dessus sa pensée, alin de nu pus voir le vice de son opinion, cl de ne pas perdre entièrement dans cette mer sans étoiles l'ancre même de son intelligence.... Mais que ilaller ait pu ainsi flotter a la surface, c'est ce que je ne comprends point. Ilaller est trop grand pour que celte erreur lui fasse tort :

Qiiaurloquc bonus dormildl Hallerus.

Ne pouvant iIhiil; expliquer IVissiirialiwn matérielle par lr !rii''i-.inisi;ie l 'orçrsne de la peii^e . paive que celui-ci est déterminé et constant, et celle-là infiniment variée et changeante, dois-je faire de l'âme le principe régulateur, dois-je admettre

Hcmblaliii-, Imite la niasse fies idées qui sfimme illenl dans l'organe de la penséeï 11 faudrait alors qu'elle se les représentât toutes, il faudrait qu'elle les comparât toutes avec celle idée sensible, il faudrait qu'elle accomplit toute l'opération de la pensée pour avoir une seule idée. Non, il faut absolument que l'association ait son fondement dans les idées matérielles, bien que nous ne pui.^siuns l'eipliquer d'apivs ims l ii- mécaniques.

siLlo rie trouver mi sens eiact eî latijCiisant aui rosis Kindmdt Aéct, que j'ai Slé obligé ou remplacer dans la traduction par un terme genérlL J'ai peine à cruire ifie dos iinnlii/it Orrjnii d.->iLfrit .■ le =en,uriuiu , » ou ., le cerveau, • et <|uo dit tondrrndr .(aVr indique > le nerf, • en «qualité île canal, de conduit da l'esprit nervout.

la recherche, je crois que ce serait le chemin lu plus court pour perdre en litre mu ni la raison. Dans le fait, je n'éprouve aucune démangeaison de ce genre, et il me paraît plus conforme à mon objet de renverser dus théories, que d'en créer ou vouloir créer de nouvelles et de meilleures. Si je faisais cela, il ne serait pas besoin qu'il y eût une Abdère pour qu'on me traitât avec de l'ellébore 1 .

L'association matérielle est li: fondement sur lequel repose la pensée , c'est le fi! conducteur de l'intelligence créatrice. Par elle seulement, celle-ci peut combiner et .séparer les idées,

sion des idées matérielles est déterminée par le mécanisme de l'organe delà pensée, l'entendement par les idées matérielles, et la volonté par l'entendement, il s'ensuit qu'a la On la volonté est déterminée méraiiiqueinent. Mais qu'on écoute la suite. L'âme a une influence active sur l'organe de la pensée. Kilo

de l'attention. Elle a donc du pouvoir sur la force des motifs déterminants; disons plus, c'est elle-même qui se fait des motifs déterminants. Cela posé, nous voyons nettement ce que.

e'est ipie la liberté. Ce nY-[ que la cuimini ht premier et .lu

fécond vouloir qui a donné lieu à une ipterellu à cet égard. I,e

(car c'est là une lai éternelle) ; mais à choisir ce qui peut déterminer mon entendement i'i ce qu'il y a de mieux. Toute la moralité de l'homme est fondée sur l'attention, c'est-à-dire sur l'influence active que l'âme exerce sur les idées matérielles dans l'organe de la pensée.

Qu'en vertu de cette influence active, une idée matérielle

toutes d'une manière, si je puis ainsi parler, deutéropalhique. Elle touchera l'Ame plus éner;;iiiuemenl. Kl le s'imposera plus puissamment à l' m tel licence, dans toutes les associations; plus puissamment elle la déterminera; elle deviendra le tyran du second vouloir, le premier n'ayant pas été Ju tout exercé. C'est

machinalement le bien ou le mal. Elles avaient commencé par le faire librement, moralement , parce que leur attention était encore indéterminée. Mais main [niant l'idée, même sans attenlion, devient ta plus vive : dit' enriiaîne i'âme à une chose unique , elle récrie sur l'i-itcMi;:* ncr cl Il 1 vouIot. C'est là que gtl le fondement île toutes les passions et de toutes les idées dominantes, et c'est là que. nous trouvons en même temps l'indication du remède propre à alTaiMir les unes et les autres.

Quand l'Ame attache, .son attention à plusieurs niées et les introduit dans de nouvelle» associations, on dit qu'elle invente. Quand elle laisse reposer son attention sur les attributs particuliers de plusieurs idées, et que par la pensée elle dégage ces attributs des associations qu'ils fnrment, on dit qu'elle abstrait. Ces idées introduites , par la pensée, dans de nouvelles associations, ces autres tirées. j:ac l'alisliai.'iii ut, de !,'i:is assi -ria lions naturelles, l'Urne les Use à part dans l'organe de la pensée, et jusqu'à la consciente que l'Ame a d'elle-même dans ces opérations, elle parait la liver aussi dans des formes matérielles, parce que, au retour des anciennes idées, elle ramène tou-

I ce c:iiri:iii ilcltikil! «i- [■liiui' ihWm'A ï.Ui < Ni r. s -i- S': ejiic'rru-iilj île M. HofTmei«ler (susiL liii-u ilm.s iV]ilii.u iW IS1I que tUira cille Je \XM). Voici quel CSI le leito iiii|Hiii[i': l U'ircirrmn fine ucilri ;<■»<■ UrtJ.TUf! diari thxtigei- Bin/lnuaafttn in ilailu LMiafiigttii jotui. I! laul Urt, je pense : Wtrttmm fini nwn'illl Idn kraft dieui thxligtn Linftuusi, elc.

PHILOSOPHIE DE LA PHYSIOLOGIE. 277 jours celte con^'k'nce. Dans ce c:is nous disons : «lie se souvient. Quand l'âme, en vertu de sou attention, ébranle plus fortement quelque idée matérielle, ri: lie- ci, .'i son lotir, ébranle plus fortement l'idée la plus proche : l'association deviendra donc plus prompte, plus vive. C'est ce que nous faisons quand nous réfléchissons à quelque chose ou qui: nous laissons notre imagination se jouer. C'est donc par l'attention que nous cierçons notre imagination, que nous nous souvenons, que nous abstrayons et inventons; par elle que nous voulons. C'est l'influence active de l'anic sur l'organe de la pensée qui accomplit tout cela.

L'organe de la pensée est donc le vrai tribunal de l'entendement, et est soumis à ce dernier tout aussi bien quecedernierlui est soumis à lui. L'entendement est en conséquence dépendant

en tout . eu'i'jilÉ [unir l'aUiuiliiiu. Vf m r-.'i jinui'qmii li- fiuable des

esprits dans la maladie, peut, s'il est propagé jusque dans cet organe (et combien il est aisé qu'il le soit!), changer le plus sage en un fou ridicule entre tous, le penseur en imbécile, ia personne la plus douce en furie. L'organe de la pensée est dépendant de l'entendement en tout, excepté pour l'influence de la sensation. Voilà pourquoi un entendement sain peut produire la mémoire la plus juste ; voil.'i pourquoi un entendement toujours actif peut la détruire par l'excès de tension : l'un et l'autre nous est prouvé par l'eiemple de grands penseurs, des Garve, des Mcndelssohn, des Swift, qui ont faussé l'instrument de leur entendement, de manière qu'il ne rendait plus de sons justes. Et c'est, pai ce que cet instrument est dans une si exacte connexion ave: la faculté di: penser, que je l'ai nommé, l'organe de la pensée ; mais il ne s'ensuit pas que je regarde la pensée comme une conséquence du mécanisme.

Mon 3me n'est pas seulement un être qui pense, mais encore ui>. être qui sent. C'est ce dernier caractère qui seul la rend

JIÉLAtiOES.

heureuse; le premier seul la rend capable du second. Sous verrons comment le créateur des hommes a e'troilement attaché la pensée au sentiment. Le sentiment est cet état de mon âme où elle a conscience d'un dianpement en mieux ou en pis : état qui si; distingue île la perception des idées en ce nue l'âme n'éprouve d'un coté que la manière d'être d'un objet extérieur, et de l'autre la sienne.

Je vois le ciel éclairé par le soleil , le ciel étoile , je vois un las confus (le pierres ; j'entends murmurer une source , résonner un clavier; j'entends lu croassement d'un corbeau. Dans Inules ces modifications de ma manière d'être il y a quelque chose de commun : la représentation d'un olijel extérieur. Mais d'autre part combien mon état n'cst-il pas différent à chacune de ces perceptions ! Je vois avec plaisir le ciel éclairé par le soleil , avec plus de plaisir encore le ciel étoilé. Je détourne les yeux du tas de pierres. Ile même j'entends volontiers le murmure de la source, plus volontiers encore le clavier qui résonne ; et j'ai envie de boucher mon oreille au croassement du corbeau. Ce qui me réjouit, je le nomme mélodieux et beau ; laid et discordant , ce qui me cause de la peine.

Mais, en vertu de la première loi , qui est en tête de cette description de l'homme, rien ne me peut réjouir que ce qui me r' 1 Nil itlns paria !l ; ni ré'Ti un 1 miut de I;. peine que ce ipii me rend plus imparfait. Le mélodieux et le beau me rend-il plus parfait que le discordant et le laid! En d'autres termes, est-ce mon propre état qui devient meilleur ou pire....'

I. le fragment *e termine S ce membre -Ip nhn<e. <ui;i d'un» ti-aule dai» le m a ni l'en t. Ce mnnii-i-r[t L ,l"inc iVrilit^" ■j.i> . |irn;i-r h s.iïlthi'v , est un. Joule le commencement île la mise au net dn la disse nation.

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