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un souffle emporte ïphigénie et Aulis, et la sympathie s'éteint et faitplaccù l'admiration de celle qui l'a excitée. Sous devrions certes connaître lus inclinations ilu beau seie par l'exemple de sa grande reine. La fière Élisaln-îti :iurail plutôt pardonné une violation Je Sa Majesté qu'un doute sur sa beauté. L'nc actrice aurait-elle donc des sentiments plus philos ophiqu es? Auraitelle, s'il s'agissait île .samlier quelque chose., plus de souci de sa gloire sur le théâtre que de celle qui s'acquiert derrière les coulisses? J'en doule fort. Tant que les viclimes de la volupté seront représentées par les filles de la volupté, tant que les scènes de douleur, de crainte, de terreur, serviront surtout à faire parade de la taille élé^-uitc , des jolis pieds, des manières gracieuses des actrices; en un mot, tant que le rOle de la tragédie sera de fournir des occasions de volupté raffinée; je dis trop, tant que le théâtre sera moins une école qu'un passetemps, qu'il aura pour principal objet de prévenir les bâillements de l'ennui , de tromper les tristes nuits d'hiver, et d'enrichir la grande troupe de nos petils-inaltres oisifs avec l'écume légère île la sagesse, le papier-monnaie du sentiment, et de galantes obscénités; aussi Inn^truips qu'il travaillera surtout pour la toilette cl la taverne : aussi longtemps nos auteurs dramatiques ■levnml [vinuiLT!' à ta vanité iiatrii>i:<|in; tTi; n si ■ [;: t n' r
le peuple. Avant qu'il y ait un public formé pour son théûtro , il sera, je crois, difficile que le théâtre forme son public.
Mais craignons pourtant ici d'aller trop loin , de mettre à la charge du public les défauts du poêle. Je remarque dans le drame deux inodes principales, deux extrêmes entre lesquels se trouvent la vérité et la nature. Les hommes de Pierre Corneille sont de froids écouteurs de leur propre passion, des pédants de sentiment pleins de morgue. J'entends Rodrigue, dans sa peine, professer en plein tlié.ltre sur l'embarras où il
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de son Ame, comme une Parisienne ses mines devant le miroir. Chez les Français la triste bienséance a châtré l'homme de la nature. Leur cothurne s'est changé en élégant soulier de danse. En Angleterre et en Allemagne (mais ici toutefois pas avant que Goethe eût chassé au delà du Rhin les contrebandiers du hongoùt), on offre aui yeux, si j'ose ainsi parler, jusqu'à la
verve clfrénée ses tai -1 ih-s de nui^cur -:\ ses Voulons; la pétulante imagination ih-spru-t":-. enflammés la tiansformeen monstre dans tus fictions exagérées, et publie d'elle les plus honteuses anecdotes. A Paris on aime les poupées éléganlrs et polies, que l'art a raclées pour enlever tout le hardi ri.lti.-f de la nature; on
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s de
l'esprit, jiour nn'-tiiiiï.-f IVsinin.u: délicat d'une marquise langoureuse. Nousautrcs Allemands, nous nous permettons, comme les Anglais au cœur fort, des doses plus hardies; nos héros ressemblent a un i.uliath sur rte vieilles tapisseries, grossier et gigantesque, point pour la dislance. Pour hicii copier la nature,
temps une délicatesse pleine de réserve pour adoucir dans des miniatures les traits trop forts' qu'on se permet dans de grandes peintures murales. Nous sommes devant l'univers , nous autres hommes , comme la fourmi devant un grand et majestueux palais. C'est un immense édifice : notre regard d'insecte s'arrête sur une des ailes, et y trouve peut-être telles statues, telles colonnes mal placées. LVil d'un être supérieur embrasse en même temps l'aile opposée, et y aperçoit des statues et des colonnes qui répondent symétriquement a leurs compagnes de l'autre aile. Que le poète peigne pour des yeuï de fourmis, qu'il ni pelisse l'autre moitié pour la transporter aussi dans notre champ d'observation; qu'il nous prépare par l'harmonie du petit a l'harmonie du grand ; par la symétrie d'une partie à la symétrie de l'ensemble, et qu'il nous fasse admirer celle-ci dans celle-là. Une méprise en ce point est une injustice envers l'Être éternel , qui veut être jugé sur le plan infini du monde, non d'après dus fragments particuliers qu'on en extrait.
Quelque fidèle que soit, aussi loin que nos yeux la suivent, une copie de la nature, elle fait tort à la l'rovidence, qui ne
Mans les M\ lions poslirisuroj, e
ptui récutu.
mettra peDt-élre ie sceau qui; dans le siècle prochain à l'icuvrc commencée dans ce siècle-ci.
Mais il est possible aussi que le coupable ne soit pas le poète quand la tin du draine est manquée. L'u'on monte sur la scène i'l qu'un observa comment les jeux de l'imagination prennent un corps dans la personne de l'acteur. Celui-ci a doux Uches difficiles, mais nécessaires. Il faut d'abord qu'il s'oublie lui - Blâme, ainsi que la foule qui l'écoute, pour vivre dans son rùle; puis, d'un autre coté, il Tant qu'il pense qu'il est en scène, qu'il pense a la prépuce du spectateur, qu'il ail égard au goût de ce dernier, et qu'il modère la nature. Dis fois contre une je trouve le premier de ces devoirs sacrifié au second, et pourtant, si le génie de l'acteur ne peut su/lire à tous deux, mieux vaudrait toujours qu'il manquât au second dans l'intérêt du premier. Entre le sentiment et l'expression du sentiment, il y a lu même succession rapide et certaine qu'entre l'éclair et le coup de tonnerre; el si je suis vraiment ému, j'ai si peu besoin de régler mon corps sur le ion de la passion, qu'il me serait phn.it (lil'iii'il.-. iiiip.issilile iiièiuc, ■!■ - réprimer les innuïi.'ments spontanés de mes membres. Le comédien est, jusqu'à un certain point, dam. I d*uu somnambule, cl je remarque entre eui une frappante analogie. Si ce dernier, bien qu'il paraisse n'avoir nullement conscience de ce qu'il fait, peut, dans sa marche nocturne , quand tous ses sens extérieurs dorment en quelque sorte du sommeil de la tombe , assurer chacun de ses pas , avec la plus inconcevable précision , contre un danger qui •■■ . • i • n la plus grande présence d'esprit; si l'habitude peut alli'i iuir u s pieds -i miTVL'illi'usement; si, enfin, car il nous faut recourir à quelque chose 'h- plus pour expliquer ce phénomène, si un crépuscule de la connaissance, si un mouvement superficiel cl lu^itif dus sens peut tant l'aire : pourquoi le corps, qui du reste suit toujours l'âme si fidèlement dans toutes ses modilicalions, serait-il condamné, dans le cas présent, à franchir violemment les limites au point de fausser le ton du sentiment? Si la passion ne se permet pas d'extravagance, et elle ne peut s'en permettre si elle est vraie, ni ne le doit dans une (Une cultivée, alors, j'en suis bien sur, les organes ne s'égareront non plus dans aucun excès monstrueux.
Quelque grande qui: soi! unie absence Je perception dont l'illusion seule rend l'acteur capable, nu devrait-il pas lui rester, tûul aussi bien qu'an suriiiiaini.ult!, sans qu'il en fait car) science, un certain sentiment du présent, qui le conduirait sans peine, lui aussi, le long de l'abîme de l'exagération et de l'inconvenance, par le pont étruit du beau et du vrai? Je ne vois pas ' pourquoi cela serait impossible. .Mais dans l'autre cas, au
consciencede sa situation actuelle, et détruit le rêve de l'art par l'idée du monde réel qui l'eiil'iure! Tant ;jis pour lui s'il sait que peut-être un millier d'yeux et plus sont attentifs à chacun de ses gestes, que tout autant d'oreilles dévorent le moindre son de ses lèvres ! Je me souviens de m 'être trouvé là un jour au moment uù rr tti: iiiaiheiuvuiu |n usée : ■ On m'observel » vint enlever le tendre Roméo à son eitase.... C'était exactement la chute du somnambule auquel un avertissement, un cri qui le saisit sur le laite d'un toit !t pic , donne tout a coup le vertige. Le danger cache n'eïisiaii pns pour lui, mais la vue soudaine de la hauteur abrupte l'a précipité d'une cbute mortelle. L'acteur effrayé s'arrêta roide et sot; la grâce naturelle de sa pose disparut ; a le voir mi courber gauchement, on eût dit qu'on allait lui prendre mesure d'un habit.... La sympathie des spectateurs s'éteignit dans un éclat de rire.
En général, nos acteurs ont étudié, pour chaque genre de passion, une attitude à part, qu'ils savent prendre avec une prestesse qui parfois va jusqu'à devancer !e sentiment, A l'orgueil manque rarement le tour de téte vers l'épaule et le poing sur la hanche. La colère réside dans le poing fermé et le grincement des dents. J'ai vu sur un certain théâtre caractériser régulièrement le mépris par un coup de pied. La tristesse des héroïnes de théâtre se cache derrière un mouchoir bien lavé. Quant à la terreur, qui de toutes les passions s'en lire encore . au meilleur marché, elle choisit le premier bloc venu, pour se débarrasser, elle de son fardeau, et le public d'un mauvais cahotîn. Les acteurs des plus forts rôles tragiques, et ce sont ordinairement les voix de basse-taille, les matadores de la scène, ont coutume de nous grogner leurs sentiments avec une humeur grondeuse; leur ignorance delà vraie passion, qu'ils
torturent, qu'ils n.uinil du Lis un h.mt comme un malfaiteur, ils la cachent bruyamment SOUS le tumulte de leur voii et de leurs gestc-s, tandis qu'au contraire les netcurs doux et touchants traînent leur tendresse et leur mélancolie dans un gé- Eiiis.-i'iiii'iil miiuit.nii!. qui l.-issi' !es nmllrs jn-qu'i-n diront. La
dompté le farouche conquérant de ita^dad, et certes Mengs et le Corn'^e y auraient épuisé en vain tout leur latent de peintres. Aussi bien il nous est plus facile de fermer nos jeux
qu'on blesse, que de bouclier avec du coton nos oreilles maltraitées '.
Sans doute si poète, acteur et public font faillite, il ne restera guère de la grosse somme qu'un défenseur patriotique de la scène accumule sur le papier qu'une fraction misérable. Mais cela doit-il détourner notre attention un seul instant de celle utile institution ? Que le théâtre se console avec ses sœurs plus dignes encore, la morale, et, je hasarde la comparaison timidement, la religion, qui, bien qu'elles se présentent avec leurs vêlements sacres, ne sont pointa l'at.i des souillures de la Toule imbécile et impure. C'est déjà pour le théâtre un assez grand mérite, que ça et là un ami de la vérité et de la saine nature y retrouve son monde à lui , réve son propre sort dans
I. « tfeit encore une question do savoir si un rôle ne B a K no |uu â être Joue
afleclalion. une coquetterie qui se jouo avec!» grimaces de ta paillon. On doit se souvenir du su«v:. avec lri.[uol I- r.iic <ie /.air" 3 t;i rendu en Franco et en .llijJ'U-rri: v-' r il--» .IvliLiuiitcs i:l iinn [:ii:rr([:«. ;Voy. [j/ssirij- dans la
itromolurijir de Ham.hnurr,, Lu- article, t. VU , p. 71, Sd. Lachinaun.) Il sorail dêsi raldc hju .iil ruïïnl part.ml a: yil-\mtt!, nue lu. (■tercices dramatiques r.iLil 1 1 ■- il L-T! .1.1. - -\.- ■iLiim.i .'i c n-;. l: ':■ :. j-Oi ; ^■■iL-nlo-
menl le l»ui ijiiilt sain aiuuiL di.uie. anuiiiTail partout cl raffinerait le senti, ment du Ijcsu. du bon oidu vrai, cl en raorao temps Ira acioun de profession s'appliqueraient aiec un,: plus vue l'.unlalimi a -..iiLi.riir la fc-luire de leur élal. • (AoM île fournir.) — On avail snpprinif dans !cs titillons- complilos la lie de celle nota, depuis les mou : ■ On doit se souvenir, etc. » On l'a donnée tout anllèn dans les plus récentes.
frances, et exerce sa sensibilité h la vite drs situations malheureuses. Un noble cujur, non corrompu, puise au spectacle une nouvelle e( vivifiante chaleur; pour la foule plus grossière , elle y entend du moins vibrer encore les derniers sons perdus de quelque corde, infligée et oubliée, de L'âme humaine '.
I, Djnslo ntperlnîrt tcuncmbergenii , mi article e« îignfi de la leurs 11 .