‹ Œuvres de Schiller Mélanges de Schiller preécédés du Visionnaire. 7Chapitre 54 sur 95 · CONSIDÉRÉ COMME UNE INSTITUTION MORALE · texte numérisé non relu

CONSIDÉRÉ COMME UNE INSTITUTION MORALE

Un penchant 1 pi'iiiVal cl irrésistible peur le nouveau et l'extraordinaire, le désir que l'homme éprouve de se sentir dans une disposition passionnée, ont, comme l'a remarqué Snlzer, donné naissance au théâtre Rptiisé par les grands efforts de l'esprit, énervé par les occupations monotones et souvent accablantes de son état, et rassasia de sensualité , l'homme devait sentir dans son être un vide qui répugnait a son éternel besoin d'activité. Notre nature, é^ili'inent incapable de demeurer longtemps dans l'état de la béte, et de continuer sans interruption les travauï délicats de l'intelligence, demandait un état moyen qui untt les deui lins opposées , qui , baissant les cordes trop tendues , les amenât à une douce harmonie, et qui pût faciliter le passage alternatif d'un état à l'autre. Or, c'est surtout le sens esthétique, ou le sentiment du beau, qui procure cet avantage. Mais, comme la première sollicitude

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3. Du» la TOofit, ces meis sont "rf-cé-lés d'une intro.luciion asseï longue, itnlit un triimi i-.. I,i lr.,.luct'iiN à lu (i: de l'ijpujr.ulr;. 1. Vojei la TUerii giniralt in tttia-ÀTU da Salier, i Partiels Sduuupttt,

d'un sage législateur doil {Ire de choisir, de deui influences, la plus Élevée, il ne se contentera point d'avoir désarmé les

penchants de son peuple ; il les emploiera, en outre, pour peu que ce soit possible, comme instrument* pour exécuter des plans supérieurs, et s'cHorceia de les changer en des principes de félicil^. [tans celte vue, il a choisi, avant toute autre chose , le théâtre, qui ouvre une carrière s;tns limites 1 l'esprit altéré d'activité, nui donne îles aliments à (un tes les faeiillés de l'ilme, sans en exaller une seule, et qui unit la culture de l'esprit et du cœur au plus noble passe-temps.

Celui qui, le premier, lit la remarque que In plus ferme colonne d'un liiat est la religion . que , sans elle , les lois ellesmêmes perdent leur foive, a peut-être , sans le vouloir ou sans le savoir, soutenu le théâtre par son côté, le plus noble. Celle insuffisance, ce caractère d'incertitude des lois politiques, qui rendent la religion indispensable à un Ktal , sont précisément aussi re qui détermine l'influence morale du théâtre'. Les lois, voulait dire ce sage, ne s'occupent que de devoirs négatifs.... I.a religion étend ses préceptes a 1'aciiviié positive. Les lois

ne font I • ■ les actes qui délient les liens sociaux ..

La religion en commande qui rendent ces liens plus étroits. Cettes-ll n'eiercent leur empire que sur les manifestations extérieures de la volonté, les actions seules leur sont soumises,... celle-ci étend sa juridiction jusqu'au) recoins les plus secrets du cœur, et poursuit la pensée dans sa source la plus intime. Les lois sont glissantes et élastiques, changeantes comme le caprice ou la passion.... La religion oblige rigoureusement el pour toujours. Mais si même nous supposons ce qui ne peut être, si nous accordons A la religion cette puissante inlluence sur le cœur de chaque homme en particulier, ferat-elle, pourra-t-elle faire .'ielle seule tout le travail do la culture humaine? La religion (je distingue ici son côté politique de son côté divin) agit plutôt, en général , sur la partie la plus matérielle du peuple, el peut-eire est-ce surtout par les sens qu'elle agit d'une manière si infaillible. Sa force est perdue si nous lui ùtons ce moyen d'action. El par quoi agi! la scène? La

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