‹ Œuvres de Schiller Mélanges de Schiller preécédés du Visionnaire. 7Chapitre 72 sur 95 · III- ;.ijn -.- il- i-uiie H il.rr-jril- riiti .pu -liii" t · texte numérisé non relu

III- ;.ijn -.- il- i-uiie H il.rr-jril- riiti .pu -liii" t

palais de Jupiter, sert les Uieiix immortels.

Mais il faudrait pour cela que la poésie mémo sût marcher ,ivee li' siècle à qui Hic doil rendre cet iuappi-émlde srrviei'. el s'approprier tous les avantages , toutes les conquêtes du temps. Ce que l'expérience et la raison ont accumulé de trésors pour l'humanité, devrait s'animer, se ferouder el se re\étir de grâce et de beauté, sous la main créatrice de la poésie. Dans soi) miroir devraient se concentrer, purifiés et ennoblis, les mœurs, le caractère, toute la soyesse de l'époque; el il faudrait que l'art, idéalisant l'image du siècle, en fit un modèle pour le siècle même. Mais si la poésie peut jouer ce rôle , c'est h la condition de ne tomber elle-même qu'aux mains d'un homme vraiment mùretà la hauteur de la civilisation. Tant que cette condition ne sera pas remplie , et qu'on ne pourra pas dire que la seule différence entre le poète, et l'homme élevé par la culture morale au-dessus de tous les préjugés, est que le premier joint, comme par surrroit, à tous les avantages de l'autre, le privilège du talent poétique, la poésie ne parviendra jamais h exercer sa noble inHuence sur le siècle, et à chacun des progrès de la

culture scîcntilique elle ne pourra que voir diminuer le nombre lie ses admirateurs. Il est impos.siide, eu effet, qu'un espril vraiment cultivé cherche auprès d'un jeune homme sans maturité de quoi récréer .1 rcfain- son esprit et .son cœur; ni qu'il se résigne à retrouver dans de prétendues poésies les préjugés, les m<eurs vulgaires. In IVnuli'.é immelli^-EiU* , dont il détourne ses regards dans la vie réelle. Il exige a bon droit du poète, qui doit être pour lui ce qu'était pour le Romain son Horace, un guide et un ami pour traverser la vie ; il eiige qu'il soit, intellectuellement et moralement, au moins son égal; i-ar inc-nie ans heures de distraction et du jouissance esthétique, il ne peut consentir à se ravaler au-dessous de lui-même. Il ne sufltl donc pas de iirindi'e J t . MUillmonl e:i relevant les couleurs, il faut encore que le sentiment lui-même soit élevé. L'inspiralion seule n'est point asseï : on veut que ce soit l'inspiration d'une intelligence cultivée. Or, le poète ne peut rien nous donner que son individualité propre : il faut donc qu'elle vaille la peine d'être proposée au.ï contemporains et à la postérité. Cette individualité du poêle, sa grande affaire est avant tout de l'ennoblir, do l'épurer, pour nous offrir en sa personne la plus nette et la plus magnifique idée de l'humaine nature,

preinte dans les ouvrages de l'art; nous le reconnaîtrons aisément jusque dans ses moindres manifestations ; et celui qui n'est pas trempé de cette sorte , s'efforcerait vainement de pallier a force d'art l'infirmité essentielle dont il est atteint. Il en est de la valeur esthétique absolument comme de la valeur morale : de même que c'est l'excellence morale du caractère qui peut seule imprimer aux actions de l'homme le sceau de la perfection morale, de même ici, c'est de la maturité et de l'excellence de l'esprit que découle ce qui est mfir et eicellent. Tout le talent du monde ne saurait communiquer à l'œuvre ce qui manque à l'auteur lui-même; et les

défauts qui viennent de celle source première . la lime ne peut les enlever.

Nous ru.' ■■-rions pas P'.'ii embarrassé si noire tache était de

passer en revue, cette mesure k In main , le Parnasse allemand d'aujourd'hui. Mais l'expérience est là, à ce qu'il semble, pour faire apprécier au juste quelle action exercent sur la plus saine partie du public la plupart des poètes lyriques , de ceuxlà mêmes qu'on m; se hase pas île vanter. Il arrive aussi parfois que tel de tes poètes , comme si ce n'était pas assez de ses teuvres pour nous en liiire apercevoir, trahit tout à coup l'état desonamc par dos confessions étranges; et nous donne luimême des échantillons de ses mœurs. Pour aujourd'hui, nous nous bornerons à faire i'application de ces prémisses aux poésies de M. Bflrger.

Maisavons-nonabienledroit de mesurer a cette aune un poète qui s'annonce expressément comme - le chantre du peuple, ■ et qui fait de la popularité sa loi la plus haute ( voyez ia préface du lame premier, page la et suivante )? A Dieu ne plaise que nous allions eliicanur .M. Hurler sur ce mot de peuple , dont le sens est tant soit peu flottant : peut-être quelques mots suffiront-ils pour nous entendre avec lui sur ce point. Un poète populaire, au sons uii l'était Homère pour sos contemporains, ou les troubadours pour les leurs, cp serait en vain qu'on le chercherait Je. nos jours. Noire momie n'est plus ce

à pou do chose prés, à la moine hauteur lus uns que les autres.

se reconnaître sans point dans la morue peinture , se rencontrer dans l'expression dis niâmes sentiments. Aujourd'hui, entre l'élite d'une nation et les masses populaires, il y a une grande et si'iisihle distance, qui s'explique ou partie par celte première raison, que le progrès des idées et l 'ennoblissement des masses forment un tout , dont on gagne peu à n'avoir que des fragments. Indépendituiutoul de cette différence d'éducation, il faut tenir compte aussi des convenances sociales, qui établissent ontro les diverses classes do la nation nue iiyne de démarcation si profonde, et pour la fat. on de sentir, et pour la manière d'exprimer ce que l'on sent, Ce serait donc perdre son temps

et sa peine que de m o foudre ,i rt titrai rement sous une seule idée ce qui depuis longtemps déjà n'est plus .susceptible d'aucune espèce d'unité. Ainsi de nos jours un poète populaire n'aurait a choisir qu'entre la plus facile et la plus difficile de toutes les tiches: il lui faudrait on s'araimniniier exclusivement à la portée du vulgaire , et renoncer aux: suffrages de la classe cultivée, ou combler à force d'an 1'abfine infini qui sépare ces deux publics , et poursuivre à la fois l'un et l'autre but. Nous ne manquons pas de poètes qui ont réussi par la première de ces deux voies , et qui ont fait fortune auprès de leur public à eux; mais il est absolument impossible qu'un auteur te! que M. Bùrger ait ravalé son talent et son art jusqu'à rechercher un succès si vulgaire. La popularité pour lui , iiien loin de faciliter la tache du poète, ou de pallier la médiocrité, n'est qu'une

difficulté de plus , et, en vérilé , une diflieulié si désespérai", te ,

que le plus grand triomphe du génie serait précisément de la vaincre. Quel problème en effet, que de satisfaire les délicats et leur goût susceptible, sans par cela même déplaire à la foule; de se mettre m la portée du peuple et de son intelligence d'enfant , sans déroger en rien à la dignité de l'art I La difficultéest grande, mais non pas insurmontable ; et tout le secret de s'en tirer, c'est de choisir heureusement sa matière, et de la metlre en œuvre avec une extrême simplicité. En fait de situations et de sentiments , ne prendre que ce qui est commun à tous les hommes , en tant qu'hommes; s'interdire scrupuleusement tout ce qui suppose dus expériences, des raisonnements, des aptitudes, qui ris sont possibles que dans certaines conditions d'art et de culture ; enûn , par cette attention sévère a ne retenir de l'homme que ce qui est proprement humain, le ramener pour ainsi dire à cet état primitif et de nature , qu'il a perdu : voilà ce qu'aurait a faire notre poète. S'entendant par

n;iuire!lemeii] le plu- iiceessiiiles et le plus tendres, il exercerait en eux le sentiment du beau , et par là viendrait en aide aux inclinations morales ; il ferait servir ce besoin depassion auquel les poètes vulgaires donnent une satisfaction si grossière et souvent si pernicieuse , à épurer la passion même. Il serait en

3tiS MÉLANGES. ' '

quelque sorte rium'inV^: r-clairé et délieat -li-s sentiments populaires; il do m R' rail à ces affeetidiis <[ui débordent et qui cherchent une langue : 4 l'amour, à la joie , à la piété, à la tristesse , 4 l'espérance, etc. , une expression plus spirituelle et plus pure; et en les traduisant de la sorte, il s'en rendrai! maître, et, sur les livres mêmes du peuple, il en contiendrait et ennoblirai! l'explosion, naturel l.'ineul rude, grossière e! souvent tout animale. Il n'est pas jusqu'à la philosophie morale de l'ordre le plus sublime qu'un poêle ainsi fait no sût ramener aux sentiments les plus simples de la nature, il transporterait dans le domaine de l'imagination les résultats des plus pénibles recherches, et donnerait 4 deviner 4 ces intelligences enfantines, a déchiffrer, dans la langue des images , dans une langue facile, les secrets mêmes du penseur. Précurseur de la science lumineuse, il répandrai! parmi le peuple, snus une enveloppe attrayante et non suspecte, les vérités rationnelles les plus hardies, longtemps avant que le philosophe et le législateur eussent ose les prmluire dans tonttr loin* splendeur. Ilidee. a lui. avant de devenir, par la conviction, la propriété de l'esprit, elles exerceraient leur sen-ète puissant 1 sur lecrcur, et il éveillerait d'impatients et unanimes désirs de connatlre, que la raison même serait bientôt mise en demeure de satisfaire.

Envisagé de cette sorte , ii nous semble que le poète populaire, soit par les facultés qu'une telle mission lui suppose, soit par le vaste cercle où s'exercerait son action, mériterait une très-haute place dans notre estime. Il n'appartient, en effet, qu'4 un talent supérieur di: se jouer ainsi avec les résultats do la méditation la plus profrmde . de dégager l'idée sdentilii]ur de la forme oii primitivement elle était attachée, et 4 qui peut-être elle doit sa naissance, de la transplanter dans un autre ordre d'idées et, pour ainsi dire, dans une région étrangère; de déployer tant d'art avec si peu d'appareil, et de dissimuler sous un voile si simple en apparence une si prodigieuse richesse. M. Biirger n'a donc rien exagéré lorsqu'il dit que « la popularité pour un poëme est le sceau de la perfection.- Mais quand il affirme cela, il sous-entend ce 4 quoi plus d'un parmi ceux qui le lisent pourrait bien ne pas songer du tout , il sous-entend que la première et indispensable condition

DES POÉSIES DE bObGEH. 367 pour qu'un poème soit parlait, c'est qu'il ait un mérite absolu et intrinsèque, parlaileiilont indépendant du plus Ou moins

irintelligence du lecteur. « Quand un poëme, semble-t-il vou-

plus à col avantage le mérite d'une clarté , d'une simplicité qui lui permet d'être aisément oompcis cl de livre dans la bouche du peuple, c'est un ouvrage marqué nu coin de la perfection : » proposition qui revient exacte) lient à celle-ci : ■ f.c qui plaît aux esprits excellent est bon ; ce qui pl:ii! à tous, sans distinction, est meilleur encore. ■

Ainsi , bien loin de su relâcher eu quoi que ce soit des plus hautes exigences de l'art lorsqu'il s'agit de pmVirs destinées au peuple , il faut au contraire, pour en apprécier !e roérild (mérite qui consiste uniquement dans l'heureuse union de qualités sj différentes ) , il faut se poser avant tout cette question essentielle : ■ Le poète n'a-t-il sacrifié, à la popularité aucune des conditions supérieures du beau? Ces poésies, en devenant plus intéressantes pour les masses , n'ont-elles rien perdu au jugement des connaisseurs? *

Et voilà où nous sommes bien forcé d'avouer que les poésies de M. Bùt'Ker nous laissent beaucoup à désirer; que, dans le plus prand nombre de ces pièrrs. nous chi'crliuiis en vain cette inspiration toujours ««aie . toujours lumineuse, cet esprit

i ,imr i iiril, .jui, mille Sut iniîi-i ■ j U ti\ <)<i H--M--

et du vrai, descend dans le peuple uour l'instruire et le former, mais sans jamais démentir, dans l'intimité même la plus familière, sa céleste origine. Il arrive trop souvent à M. Bûrger de

à se faire semblable à son public. Le peuple pour lequel il écrit n'est pas toujours celui que M. Itiu-gcr voudrait nous faire entendre quand il l'appelle de ce nom. Jamais je ne croirai que les lecteurs à qui s'adressent sa Vrillée de Venus, sa Unore, Son Chant a V Espérance, les Èlimentt, le Jubile de Gatlingue, ta Chas-

que CCUX pour qui le poète a rédigé nue Madame Schnips, le Pilori do Fortune, la Hàiti-jerii. du D'aux, les YUaget humains,

et autres pièces semblables. Et pourtant, si nous apprécions comme il faut le porte populaire , son mérite ne consiste pas a pourvoir successivement iliaque elassc de lecteurs de quelque pièce qui s'adresse particulièrement h sou gaiil , mais bien a satisfaire indisliriclenteiii, dans Mutes ses pièces, le goût de chaeune des classes qui composent le peuple.

Mais ne nous arrêtons pas plus longtemps à des fautes qui peuvent trouver leur excuse dans la malheureuse inspiration du moment, et auxquelles il lui serait facile de remédier avec un peu plus de sévérité dans le triage de ses œuvres. 11 y a quelque chose de plus difficile . non-seulement à corriger, mais même à excuser, c'est que souvent on retrouve cette inégalité de goût dans le cours d'une seule et même pièce. L'auteur de cet article est forcé d'avouer que, parmi toutes les pièces de M. Bùrger ( et il ne parle que de celles oii le poêle, s'est le plus mis eu frais el'iin.virnti.in ; , il n'en s/meut cile.r presque aucune qui lui ail procuré une satisfaction sans mélange, une jouissance qu'il n'ait fallu pa;ii-r d'aucun s. ■ m i nient de déplaisir. Eiait-ce faute d'Jiarnsi 'nie entre l'image et la pensée, faute île dignité dans lé sujet , ou manque escessif de relief dans la forme? N'était-ce même qu'une image sans noblesse qui venait, ci et là, gâter la beauté de la pensée, une expression plate, une inutile emphase dans les mots ï Était-ce enfin ( défaut qui se rencontre plus rarement que tous les autres chez M. Bùrger), était-ce une rime inexacte , ou un vers dur, qui troublait l'effet harmonieux de l'ensemble? Quoi qu'il en soit, cette contrariété, au moment d'une jouissance , a cela près , si complète , nousétait d'autant plus sensible , qu'elle nous obligeait à reconnaître que l'esprit qui s'olt're à nous dans ces compositions , n'a point atteint cette maturité morale, ce dernier degré de culture qu'on doit exiger du poète; et que ses productions ne pouvaient porter l'empreinte de la perfection, uniquement parce que cette perfection lui manque à lui-même '.

I. Ici Schiller, dans l'Unit» Jt IMS, reproduits par 1» OEurra compKiM, i eupprimo le morceau suivant ;

. On comprend que ce n'est pu Ici le tien île donner en détail la preuve d'une meriion ïi générale. Cependant, pour faire voir en petit ce que li mute de H. IKltger est capable de «J perinelire, Je veut parcourir ici, uniquement au

370 MÉNANGKS.

hors de lui ), dégager ce qu'il y a d'excellent , de tout mélange grossier ou tout au moins étranger; rassembler dans un même oliji'l 1, -u.- les t'.r.oti- ili Inviolé iii.-jTi ht rjutu-i tki ulijrtuliii i - : subordonner a l'harmonie de l'ensemble les traits particuliers qui troublent les proportions; entin élever re qui n'est qu'individuel et lowil à la hauteur d'un type général. Toutes les conceptions idéales qu'il forme ainsi une à une, ne sont,. pour

ainsi dire , que ib-~ i-iii.i: iiMihih d'u:i i d in'énciir de perfection qui réside dans Iïliiil.' du puelu. l'Ius il aura épuré , plus il aura fécondé cet idéal intérieur universel, plus ces conceptions particulières , qui en sont le reflet, se rapprocheront de la perfection suprême. Cet art d'idéaliser un sujet, nous ne le trouvons pas chez M. llùrger. Non-seulement sa muse en

Comme le ver I lu main d'un jeune droleî

poul-etra, quelque temps yiie rr.'l.l dure, ■ïinUg* nnilra-l;il encore Je là pour noi

Souvenlje demeure assis j.<!ii.:f , -ii j» m'iuii

M I': nit-t i i ^ i J i . ■ ' i- -lit re.

I'.i i. I.. ].. i il ■'.<: !iic:.!.'ilr-ji: Lr,

liellï ■ | Li i ■ - e " - k:::v r i',lil Ml ]„ïv.e? »

Oue monsiuour soii un lilire fleuve, Sur lequel je «ois un lilir,; iaiulier.

Disons cependant, en faveur Je M. ïlurcer, nue lu chant que nous anal Ctioiii ,ei donl les qualie ilerui-Ti'- ■ilnijini* ne i.Vs— ni peu que [l'eire d'une rare

noua devons ajouter que nous I le ce qui cous ;-

D choqué. Nous taul-il encore enrairc 'lu ("((..ri de for lune (p. 1S6) : ■ Les nomme! el les ieu', pourris..., » lus nu,! s o! luiuniiuis Hir jjirilfi, llir eieklt..., f ueipenttin/er... . .V,:/iiurlcrJ™nJirn.... .Vcfiirrftrn... , Fuiclbrcnner..., Gofoen- Jcfctr.er.fjei. . . , //m" m:.! l'[ui... . ,. ji,iij,,i: i.iit ', !. e ,:i.me le chat avec la

goill qui s'esl permis île Mies l-.i-j IlWs, el iImiiiiI qui elles ont Iruuvé tjrSce dans le travail d'une douille i-'.'. ,sion . r,e peul eu: r.. i:i.ir ile |>our M. Bûrfer, mime dans ses nitos les plus Ik-uiouks, un quille sur el liclel

]. Celle phrase, qui. dans la l.o ;,■(!.' un.rcrirdf, couimanco In second ariicle. a éle un peu modifiée dans li seeoiule (Jli.uii. ïoir.i quelle en ÉUil la forme primitive : ■ Une dos premières DUligaiions du patte o.l d'idialiier. d'ennoblir : sans quoi il eeise, etc. ■

DES rOÉSIE.S DE B0l\GEI\. 371

général nous paraii avoir un caractère trop sensuel, et souvent vulgairement sensuel ; non -se u lumen I l'amour n'est le plus ordinai renient chez lui qu'une jmtiss.'inee physique ou une piture toute sensuelle pour les yeux ; la beauté, une simple fleur lie jeunesse, de santé; le bonheur, uniquement le bien-être ; mais on pourrait dire de ses tableaux qu'ils forment une colleetïon d'images , une compilation de traits divers, et une manière de mosaïque. plul'U qu'un idéal. Veut-il, par exemple, nous ■peindre la beauté d'une feinuwï il cherchera de toutes parts, pour chaque attrait de sa mai tresse, une image qui y corresponde dans la nature ; et c'est de tous ces emblèmes qu'il composera sa déité. Voyez, dans la première partie, page 124, la pièce intitulée : ta Fillette' que j'ai en vue. Voyez aussi le Cantique dus Cantiques, el plusieurs autres poésies. Veut-il nous représenter un objet aimable eoinmc un modèle de toutes les perfections! il emprunte ses qualités h toute une troupe de déesses. Voyez, page 86, les DeuxAmants:

Pour la pensée c'est Pallaa,

El lunnn pour la noblesse de la démarche,

Terpsichoro dans la danse joyeuse.

AgtBéT . l '^j ri0 p° ur d son | chai,t ;

Hdpoinene, quand doucement elle se plaint.

Elle est la Volupté pendant la nuit, L'aimable Décence durant le jour 1 .

Nous citons cette strophe, non que nous pensions qu'elle dépare la pièce où elle se trouve, mais parce qu'elle nous parait le plus frappant exemple du procédé habituellement employé par M. Burger quand il veut idéaliser. A la première vue, cette richesse et celte variété de couleurs ne peuvent manquer de charmer et d'éblouir le lecteur, surtout s'il est de ceux qui ne connaissent d'autres impressions que celles des sens, et qui, semblables aux petits enfants, n'admirent que l'éclat et le

1. À cité du motjfedel, i Bllalta, t Schiller, ilanj ta Ca.-tirt millruffi, n |>1k4 un point il'uitcn i i. .jl p:ilrc imr.-i.tlif-M!s [?). uans une édition Jrasloriiiirc. liùr^iT a :-.îtd;i!.ic 0 ce le tac tjn^r [ur <l,e IMJe, - la BeUu, tAicir. ,■

S. A la mils île cane ilroplia Schiller place encore uu poinl d'inlerrog.i-

sont-elles pas in-isnilianlcs pr,urcc:i\ qui ont et: sentiment plus raffiné de l'arl que satisfait non la richesse , niais bien la sage distribution des couleurs; non la matière, mais la beauté de la forme; non la palette du peintre, mais son habileté b fondre les nuances. .\ous ne voulons point examiner combien il faut d art, ou jieud'art, pour inventer de la sorte; mais nous avons éprouvé par nous-méme, à cette occasion, (pie ces tours de force qui plaisent a la jeunesse, soutiennent malaisément h contrôle d'un goût épuré par les années. Aussi avons-nous été surpris, et d'une façon médiocrement agréable , de retrouver dans ce recueil de poésies , œuvre d'un Age déjà mûr, soit des pièces entières, soit des passages, ou des expressions (sans oublier le kliwilbvjVm'j ; hn;i]i, hopp, hi'pjtl Ituiw, sum ' , Trultynim tarum et autres choses île même ^.'iire), <|ui m.' pouvaient avoir d'autre excuse que l'inexpérience eu poêle, et que l'approbation équivoque de la foule a pu seule lu ;t in tenir si Iciigiemps dans ses œuvres. Lorsqu'un poète coiun e M. liûrger protège par l'autorité de son exemple ot la magie de 60t) pinceau de tels enfantillages, comment voulez-vous qu'on se corrige de ce goût efféminé et puéril, que toute une armée de barbouilleurs a importé chez nous dans la poésie lyrique? C'est la même raison qui empéebe l'auteur de cul article de louer sans reserve la pièce, d'une poésie d'ailleurs si aimable, qui est intitulée : Fleurette, gracieuse merveille. .M, liurp-r a beau si' complaire à cette invention et s'en applaudir, toujours est-il qu'une fleurette magique, attachée sur la poitrine, n'est pas un emblème tout à fait digne ni même bien ingénieux pou r exprimer la modestie : tranchons le mot, c'est pure fadaise. Quand on nous dit de celte petite fleur :

Tu donnes 1b doui non de la flûte Au puior du criard, El cil lin |>3s levers doZèphyre Lu luarcbo bruyante du tapageur,

parler ainsi , c'est faire assurément trop d'honneur à la mo-

1. Plusioiin de ces onotoilo|>6es el u'iulres du même genre in trounnl dans 1« ballade île Linoreel ilini telle ilii Clu-. ■ u i lui, -:ijI. JVulîi/ruin larum est

DES POÉSIES DE BCuGEK. 373 destie. Je trouve de plus une expression malencontreuse, le ne; qui reni/lr t'éliter, et une rime inr\arte {bhi-hn et ic/itrn) , qui déparent cette pièce d'un tour si léger el si beau '.

IV est surtout quand il veut peindre des sentiments qu'on s'aperçoit que M. Bùrger ne sait point idéaliser. Ce reproche s'applique en particulier aux plus récents poèmes dont il a enrichi ce recueil, et qui pour la plupart sont adressés à Molly. La langue et ia versification y sont généralement d'une inimitable beauté; mais si, dans ces pièces, l'autour chante en vrai poète , il ne me paraît pas sentir de même. Leasing, quelque part , fait une loi au poêle tragique de ne pas représenter des singularités , des rni-aclères. îles situ rit ions rigoureusement individuels : cela s'adresse bien plus encore au poète lyrique. Il doit, dans la [ir.nl irre di s rin< liions de l'.iine , s'écarter d'autant moins d'un certain lie^rr de généra lité , qu'il a le champ moins libre pour s'éiendre sur les circonstances particulières qui ont pu éveiller ces sentiments. Les nouvelles poésies de M. Bûrger, pour la plupart, lui sont inspirées par une de ces situations tout à fait particulières , situation moins rigoureusement individuelle , j'en ru m ifiu . h m oins t-\i:rplionnelle, que celle de \'tkaiUonilmr,i-:ii:nivis dans Térenfe , mais trop individuelle cependant pour que le lecteur puisse pleinement et nettement s'en rendre compte, et que le défaut d'idéal , défaut inséparable d'une telle donnée , ne trouble pas sa jouissance. Toutefois, ce ne serait là qu'une perfection de moins a admirer dans les pièces où cette situation est e\primc"c ; malheureusement il s'y joint une autre circonstance plus grave, qui leur nuit essentiellement. Je m'explique ; ces pièces ne sont pas seulement Ytxjirr.wimi d'une siluatinii toute particulière (et fort peu |idélique); elle:; -eut i i iiienunent le pii-thjt! de cette situation. La susreptihililé du jmi-lc , son humeur, an mélancolie, ne sont pas seulement l'objet de ses chants; souvent, hélas J c'est son Apollon même rt [mile son inspiration . Hais les déesses de la grAce comme de la beauté sont de bien singulières divinités : elles ne récompensenl d'autre passion que celle qu'elles

. 37'i MÉLANGES.

ont elles-mêmes inspirée: et elles ne tolèrent pns volontiers sur leur autel un autre feu que celui d'un enthousiasme pur et

en proie a la douleur. Dès que le poète lui-même a dans sa pièce un Inférât qui le rend purement passif, les sentiments qu'il exprime, au lieu d'atteindre au degré nécessaire de généralité idéale, se réduisent inévitablement à quelque chose d'individuel, c'est-à-dire d'imparfait. Il faut qu'il se place à distance, et attende que le smivenir ait adouci ses impressions, pour les confier à la poésie : alors, plus il aura éprouvé par

qu'il n'exprime jamais, an uniment niénu: où elle le domine, la passion dont il doit nous offrir l'image embellie. Dans les poésies même dont on a coutume de dire que l'Amour, l'Amitié, etc., ont guidé de leurs propres mains le pinceau du poète, le poète, pour bien faire, a dû commencer par devenir étranger à lui-même , pur dégager île sou individualité l'objet de son inspiration, par contempler sa passion dans un lointain qui l'adoucit. Le beau idéal , rn ancun cas', ne peut s'atteindre qu'à la condition d'une certaine liberté d'esprit, d'une activité propre, incompatible avec ta passion tant qu'elle nous domine.

Les nouvelles poésies de M. flnrgcr sont empreintes d'une sorte d'amertume et de mélancolie presque maladive. C'est surtout par là que la pièce la plus saillante de ce recueil : /( Cantique des Cantiques, à la femme uiiinue, perd lieaucoup de son mérite, du reste incomparable. D'autres critiques se sont prononcés déjà avec plus de détails sur celte magnifique inspiration de la musc de Bùrger, et nous sommes heureux de nous associer à la plus grande partie des éloges qu'ils lui onl dé- >■( it.l':.. The i - 1 1 ■ "i .: i ' seuieiiieril nous étonne . c'est que l'issnr du [inéle . l'ardeur dont il lin'ile, la riclies>e de ses images , l'énergie de son style, l'harmonie de son vers, aient pu faire excuser chez lui tant d'infractions aux lois du bon goflt; qu'on ail pu être assez ébloui pour ne pas voir que l'inspiration du poète remporte souvent et tourne au délire, que son ardeur devient

DES POt.SUiS DE BCBGEH. 375 de lu furie, el que, par cela même, la disposition où nous sommes après avoir lu ce chant n'es! point du lout cet état saturions place. Nous concevons bien que M. Burger, entraîné par la passion i|tii lui dictait ce chant, el séduit par le rapport intime que la pièce avait avec l'étal de son flme, avec ses sentiments personnel?, qu'il y déposait comme dans un sanctuaire, nous concevons que M. Hùrgerait pu s'écrier, a la fin de son poème, que cet ouvrage portait le sceau de la perfection; mais, par telle raison même, nous serions tenté de n'y voir, malgré les qualités qui y brillent, qu'une excellente pièce fa circonstance, c'est-à-dire une de ces pièces qu'on excuse à la rigueur en tenant compte de leur origine et de leur destination, lorsqu'il y manque celte pureté idéale , et ce fini , qui seuls peuvent satisfaire h: bon goût.

Ce grand et sensible intérêt que la personne du poète, son moi, avait dans cette pièce, et dans quelques autres du même recueil, nous explique, accessoirement, pourquoi il nous parle si fréquemment de lui-même, et avec si peu de mesure. L'auteur de cet article ne connaît pas de poète moderne qui ait plus souvent à la bouche que M. Burger le Sublimi [triam ridera sertie* d'Horace, et qui en fasse le même abus. Kon pas que nous le soupçonnions, quand il parle de la sorte, d'avoir laissé choir de son sein la Fleurette merveilleuse' : il est évident qu'on ne peut se prodiguer tant de louanges à soi-même que par manière de plaisanterie; mais, à ne prendre au sérieux qu'un dixième tout nu plus de ces plaisanteries, un dixième qui revient dix fois dons ou uiêini: ivciieii tir laisse pas: de l'aire, en somme, une dose de sérieux passablement forte et nmère. Même chez un Horace, cet éloge de soi n'est que pardonnable ; et l'on n'aime pas à pardonner au poète qui vous charme, on voudrait n'avoir qu'à l'admirer.

Il nous semble que ces indications générales sur l'esprit même du poète sont lout ce qui se peut dire, dans une gazette,

mériteraient une analyse détaillée. Le suffrage unanime du publie , depuis longtemps bien dei'idé, non.' dispense de parler des ballades, sorte de composition où il ne sera facile ù aucun poëte allemand de l'emporter sur M. Btirger. Quant à ses sonnets qui sent lies modèles du genre, et qui, bien déclamés, oui toutr l'hann-ioie d'un ni'OTeau île chaut, nous souhaitons,

que cet imitateur ne toit aussi habile que l aideur lui-même, ou que son excellent ami, 11. Sriilegt-I \ ii manier la lyre du dieu de Delphes. Nous nous serions volontiers passe, dans ce recueil, des pièces <pii ne sont que spirituelles, et surtout des

M. fliirger renoncer à la poésie légère et railleuse qui ne va point à sa forte nature et & son style nerveux, l'ar exemple, pour vous en convaincre, comparez sa Chanson ù boire (1™ partie, p. 142) à quelque phVe iinalugne d 'Ariiieréon ou d'Horace. Enfin, si i on nous demandait, en conscience, quelles sont, au fond, do toutes les poésies de M. Iliirgcr, des poésies sérieuses ou des poésies satiriques , des morceaux proprement lyriques ou des narrations de forme lyrique, des pièces les plus anciennes ou des plus récentes, celles qui nous paraissent mériter la préférence, nous nous prononcerions en faveur des poésies sérieuses, des narrations ri des pièces les plus anciennes. On ne peut nier que M. Biirger, comme poète, n'ait g;igné en force et en abondance, qu'il ne soit devenu plus maître de la langue, que sa versification ne soit plus belle ; mais ni sa manière ne s'est ennoblie, ni son goût ne s'est épuré.

Si, en parlant de poésies où il y a infiniment de belles choses à louer, nous avons surtout signalé le côté défectueux, ce sera, si l'on veut, une injustice, mais une injustice dont nous

r. L'edlfic* d» Parti» il Bûrgtr, publia en I7S9, en précédée d'une uni longue préface, dans laquell* I auteur dit euuv autrui r.huses <|ifii ép rouie le besoin - de se décharger lu Civiir ni île dire si façon dépenser au sujet dol'imr-

Istion ou plutôt de util ■Liiii-dc .i rieur. |ui. au lieu de l'amande, prend le noyau.

Il crainl - une inondation do mauvais sonnets, si les siens, ce pelil nombre qu'il i ri«|ue. ont du racées. .

g. AuBusie-Guillaumo Schlïgsl, né on 1767, était venu étudier h Gcptlingue en 1786, et s'y était lié d'amitié hv.-c Biirjier. La prérace que nous citions tout £ l'heure contient un grand éloge de ce Jeuni! pnet,-; un de >os sonnets y est cité.

ne pouvions nous rendre coupable qu'envers un poète du talent et de la réputation de M. Biirger. H faut un poète de cet ordre, un poète sur qui lant de gens ont les jeux ouverts, la plume toute prête a l'imiter, pour qu'il vaille la peine de prendre contre lui le parti de l'art; et j'ajoute qu'il n'y a qu'un grand génie poétique qui soit en état du réveiller ainsi chez l'ami du beau, la pensée des plus hautes exigences de l'art: avec un homme d'un talent médiocre, on les écarte spontanément, ou l'on risque de les oublier tout a fait. Nous avouons sans difficulté que, parmi loua ceux de nos poètes aujourd'hui vivants qui disputent à M. Biirger la palme du genre lyrique, il n'en est aucun qui, à nos yeux, ne soit tout aussi loin de ce rival, que M. Biirger lui-même, au moins dans notre opinion, est

parfaitement bien mie plusieurs des défauts que nous avons signalés dans ses ouvrages, doivent être mis sur le compte des circonstances, qui ont contrarié dansson plus bel essor le génie du poète : circonstances auxquelles ses poésies mêmes font de si touchantes allusions. Le calme, la sérénité rie l'âme est une condition nécessaire pour produire quelque cliose de parfait, La lutte avec les circonstances extérieures et avec l'hypocondrie paralyse toute faculté de l'esprit : l'âme du poète, plus que toute autre, a besoin que ces épreuves lui sniou! épargnée-; : il faut qu'il se puisse dégager du présent, pour s'élever, d'un vol libre el hardi, dans le monde de l'idéal. Quelle que soit la tempête déchaînée dans son cœur, nous vouions qu'un éclat serein rayonne autour de son front.

Après tout, s'il est un de nos poètes qui doive prendre la peine de se perfectionner lui-même pour arriver à produire une œuvre parfaite, c'est assurément M. liur^er. l lotir; veine si poétique

imposantes, tantôt se joue avec un aimable murmure, et qui distingue si éminemment tous les ouvrages de M. Biirger; entin, ce cœur honnête, qui parle, en quelque forte, à chaque ligne : voilà un fonda qui vaudrait bien la peine qu'on y joignit un sens moral et esthétique (oujours soutenu, la dignité virile, la solidité de la pensée, une grandeur enfin haute et

calme, île maniSre à conquérir la couronne souveraine de Is perfrcliou classique.

Le public a en a- moment une belle occasion de bien monter de la poéaie nationale. M. Bûrger prépare, nous dit-on, «ne nouvelle édition de ses neutres, une édition embellie : serace aussi une édition corrigée, et mise au point de la perfection? Cela dépendra du plus ou moins de concours que lui prêteront les amis de sa muse.

Tel est le Jugement que nous portions, il y a onze ans', du mérite poétique de M. ilurycr; notre opinion n'a pas cbaiigé : seulement nous l'appuierions aujourd'bui de preuves plus concluantes; car notre sentiment était plus juste en ce tempslà que notre argumentation. La passion et l'esprit de parti se sont mêlés de ce débat ; mais qu'on mette de cùlê tout intérêt personnel, et l'on rendra justice a l'intention qui dictait notre critique.

I. mis tnrirlinii.il f.n ijmgiée l<ir*\ue Tanieur, en ISHî. liwira la cri!»)!» qui préc&te, d.ins le rcru.'il de se- Opmatlrt p 'if. (.Vol< d' In proiHfri

RÉPONSE DE BËBGEH.

Biirjpr. qui refusa lnnslemps rie croire que la critiqua qui précède fut I '(du ire ri,> Schiller, fil insérer cians la (7n:-Tff uim-frsrth de littérature if/eno [h\eliigm-M<M, n" W. 6 avril 17911 la réponse suivante. Quoiqu'elle nous paraisse fnri peu remarquable, Huns l'insérons ici, parce que sans elle lu réplique de Schiller ni' serait [in-, inielligible-

l.e jugement p<uté sur moi et sur mis [W'iit's dan* les n°" 13 et 14 rie lacïniflrf um'iw.'dfr île .'rite an m'',', ne peut manquer d'oiriler tout parti cil il cremenl mon altcntion et celle de tout mon public. Car c'est en se donnint les plus respectables apparence; île la plu. solide profondeur, île la judiciaire la plus eierc.ee. dupiùt le pin? raffiné, bref an prenaaten ion d'autorité d'un seigneur et matire en littérature, qui réduirait à un humble silence l'esp' it de contradiction le plus haï rii : c'est de cet air que l'auteur de la critique cherche a démontrer que depuis vingt ans nous nous sommes grandement trompés. ■

CUn moment de ma vie, ri 'abord que je ri" m:s pi.H une intelligence mûr» et paifaitc. puis que je n'ai pas exprimé une telle perfection dans mes Œuvres. En effet, comment pourrait me. hippi'r ei Ile vérité triviale, que nul esprit fini n'arrive jamais à la ma lu nié parfaite î Toutefois je croyais que mon esprit , ou du moins quelques-uns de ses fruits , é ^'"^ P 3 '-

par ces esprits d'élite qui, pour être un peu plus avancés que le commun des hommes, no sont pour cela absolument, comme nous tous rians ce monde sublunaire, ni mors ni parfaits. Mjis c'était là une erreur

lifcnce mûre et parfaite, et ne donner que des fruits unir* et parfaits.

d'être mù'rl^sci. q P° 'J

«un public lardera. -ni favorable esi dupe d'une erreur bien pire enrore que la mienne. Car en général il si' Faisait de men jjéiiîe une idée bien supérieure il celle que j'ai jamais pu reni-nu'uie en concevoir, même dans ces heurca où le jeune homme se rom plaît le plus en lui-même, fi en

vérité le» lecteur- applaudissaient à murant à un bien plus grand nombre de mes écrits qui' ji> n'eusse voulu. Oïl" fui ovriéréf à iiinti talenl. celle

maintenant il me Faudrait lui enlever jusqu'à mus figures 1rs nueui réus-

sir».

Car, ïovral un erand critique, u:. cénie mur Pi parfait, pat descendu d'une sphère eu lu' 1 rie lire sur la V.ti-.ttle umi-enttlr de liltrraturt, d'une sphère oui les courants lie | n » ■ 1 1 ■ ■ mi! un iiummitv m niable comme ,'elui

llèirir jusque dans la Miisna drs fruits, > c'est-à-dire où ce qui prèfi'tle et ce suit peut ■'■In- tuns'-lrri' eunulie uni- même rliosr flans un seul instant de la dur™, i l paraître à la fois dans uns même imarje; •l'une sphère où l'on n'u pas besoin do s'exprimer d'une manière aussi oiacle et aussi déterminée qu'u i-liiis, où l'on peut prendre l'une pour l'aulrp, comme svm.tivmes, lei, leeutions , < acheter quelque rhoBO pur una feule jouissante rtilrfii/He , . ou ■ /ur uiif -fuie privaliu» MfV-

bien qu'ono r/ia/rur rajeunissante, des daers d'une vieiltes-n promatu-

sepanit-i et isolées; où la poésie • ras-'iuble dan" son miroir, i en les épurant et les ennoblissant, les mœurs, le caraclère et lente là sagesse de son temps; en un mot. d'une sphère où l'un pense, contemple, sent, combine, où l'on fait les fipures du style ou les imae.es et détigoe les objets d'après de tout aulres luis que relies qu ma nous croyons

qui ne soîl iichetcc par aucun mélange de déplaisir. Celle assertion esl immédialement suivie d'une longue liste de tuorils de blâme. Je demande en ur.ke qu'on la enmpiirr an relevé qui précède....

A nolri; fjrilnll clnnneinent nous apprenons, tous sans eiccplinti . ce que ni moi, ni mon «raiid ptitilie elilimi. n'avions rêvé jiisqu'iri : non pas

DES POÉSIES DE BÛllCEH. 381 iln minier son nom. Or. on no Iroove pas chez moi ce lulunt d'idéaliser.

A cause- de celte inqniis-anu-e , je ne suis sans dnutr- . amant dire, rien. Mais combien vous devi-i •■in- moins encore , moins que rien, vous mes très-chersetirés-lionoiés frère* en Apollon . t|ui i» disputez In eouronno do la poème lyrique, As.nus'. Bluniuer, Gleim, Gœckingk, Goethe ',

encore du beau suprême. ■ Que! enfant de la lerre ne sorait pris de vertige rien qu'à l'idée de cette hauteur suprême où réside le beau et ce critique de génie qui piano tout auprès !

Mon i-léjjie iiiibiuléi- i Quand SI; Il y voulait ^.irradier do mes bras i appartient, nons^ a[ipi "lui -il ni-, . ;■. 11.1 - Li Ive* ]>rui(oi-[ioiis. »

il aurait pu. ait- il, doubler lu nombre; cl après lesquelles toute parole devenait inutile. Prenez-™ bonne note, vous tonte-, tant que vous êtes, ames |{ios-ièr,>s, mm mûries, uiiji.n faites, d'hommes et de femmes, qui vous iie- laissé pcni'UiT si intimement, toucher pi profondément par les accents naturels et vrais de eo chant. Vous êtes consternées et no savez i-e qui vous arrive? Oli! croie;- moi, je le sais enroro moins que vous, Mais, désormais, il me l.iinlia sans doute Placer aussi ce poSme du

méinenl a lliuli |Mii|'ir ,:, ;ir. n m'. |,:.ovt:,a'. [..'.- il'<-n .1-1', a patelle/- le do mon jufto suprême el du vrrtro : Celle pièce que vous avez tant vantée, f la Flsurel/e merveilleuse est, pour parler Ira nnhoi nent, purs fadaiao. > Ht en effet que puari ail-ell-.- cire outre chose que fadaise et niaiserie?

Initiés et profanes, égarés par le mol d'Horace : Si eu vie litre'.... avaient cru jusqu' ici que les sentiments «primes par lo poète devaient être vrais, nalurels. humains. Ils avaient cru que le meilleur moyen do les bien rendre était que le poète ne les iniaejnat pas artificiellement, mais les éprouvât plutôt dans son propre creur. Mais notre critique mur et parfail entend bien mieux la chose. Il faut qu'ils soient idéalisés.... oui, idéalisés. Obi vous. Eogel, Garve, Herdcr, Wieland,

I. Ce pseudonyme daigna la jwi'te et prosateur populaire Claudius, 11 sïiil publié sas ouvrages sous le titre d'M omm'11 Kium portant, ou OEuvrti curojiHm du Ueiiager de WaïuUbeek.

•1. Dans !■' Iiuili.'-llin ,i.auiie lie *■■, l'iiti!.. IX„lt ne ffliravr I — l.iclll" mil publié eu l"8T, a Leipzig, lu* qn.ïii.: ei-. a'.ci , volumes de ses lEuvres; en l'Hrt. le iniitV;» 1789, le tome vil], qui nommait, •ntraautra thot», lu Po*. sic» ditachiej, les com| oulions )Yi!:(ues: en ITHu. le.. Lûmes VI Et VU.

:i. l'an- ->'. ]i.-l»I;ii;1jiiis Iiriout* ■: Ver- rlH IhaiJ.I

4, VOJWI la nom de lu pa~i) JON.

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