DES POÉSIES DE BÛF.GER
celle disposition d'âme cjm; ju nommais idéale, ou, pour m'exprimer plus brièvement, idéalisé leurs sentiments? l'cut-êtro M. Bûrger pourrait-il objecler que le cas n'est point lu mime quand le poète sent et écrit on son propre nom..,, mais il faudrait , pour répondre ainsi , qu'il ignorai absolument que la personne du porte ne pnpt ici si uni lier quelque chose qu'autant qu'elle représente toulc l'espèce, i.'t que ses jnv'*ïf-s seraient de tristes produits s'il n'avait p;ts commencé par s'élever lui-même à l'idéal. S'il se contente de nous représenter fidèlement et naturellement certains sentiments, tels qu'il les a éprouvés dans certaines circonstances, il peut bien alors atteindre son but comme historien et instruira le public de telle ou telle chose qui s'est passée dans l'àmc du porte, et que le public ignore, sans leuir infiniment, je suppose, a la savoir; mais veut-il atteindre le but de l'art, c'est-à-dire loucher généralement, veut-il m cm c que les rceurs qu'il touche soient ennoblis par cette émotion , alors il Tant qu'il se décide à se détacher en certains points de son indiv [dualité , quelque chère qu'elle lui soit, à prendre sagement conseil di> ces [; |jesdu beau, du noble, de l'excellent, qui résident réellement eu lui, et à les concentrer, autant que faire se peut, en un seul rayon ; il faut qu'il s'clforce d'en séparer tout ce qui ne lient qu'à sou moi individuel, borné, prévenu , et surtout d'écarter, avant toute an ire chose, toutes ■ . s i ad-liii-jiit ift-' ii -h ii .1 im'H-.nliL'!. < l <1 Julnd
élémentsdu même genre, auxquelles d'ordinaire on ne regarde pas de si près dans la vi..: active. Plutôt que de prendre goût à des chants oii bruit encore et s'agite tout l'impur tourbillon d'une passion effrénée, et où se reflètent, avec le sentiment du poète inspiré, toutes les taches de son esprit, le lecteur cultivé rejetterait l'autorité d'Horace lui-même, s'il était possible que ce poète immortel en prononçant cette parole vraie, cette parole d'or : » Pleure toi-même , si tu veux faire pleurer, » eût eu l'idée de prendre sous sa protection toutes les sauvages productions d'un cerveau échauffé. L'n certain calme, une certaine liberté d'esprit sont choses tellement indispensables pour la belle représentation de la passion la plus ardente, que,... même des réponses à une critique ne peuvent, comme l'on voit, s'en passer, sans manquer enarande partie leur but.... H de tout
cela M. Bùrger ne veut rien savoir? Tous ces principes Élémentaires île l'art qui peinl aux yeux et à l'ânie résonnent à se:: oreilles comme des révélations nouvelles qui tumhcnt des nues. En vérité, c'est un bonheur pour lui et pour ses lecteurs que son génie poétique ait jusqu'ici piulé sa plume à la place de l'art qui lui fait défaut , et ait su se tirer d'affaire très-passablement sans le secours de l'esthétique.
Oue le lecteur réfléchi décida si l'auteur de la critique s'est "■'■'elli-iriciit ivndn '-DUiiiilde il'ime (.^ussi-rr rontradicli'in en tenant, d'une part, à ce qu'un ouvrage de l'art ne manque pas d'individualité, et en ne pouvant toutefois, d'autre part, trouver belle une individualité informe, inculte, offerte aux regards avec toutes ses scories. Ou bien , comme le pense M. Rùrger,
nalité que consisterait l'originalité, et la propriété, que l'on considère à bon droit comme un grand avantage pour toute œuvre d'artï Que le lecteur décide encore si le critique refuse ou non à M. liurger l'art d'idéaliser en général , quand il se plaint seule ment, t u tenues r^irès. de ne pas Viiir du:/, lui cette partie de l'art d'idéaliser que le crit ; jue a en vue, a savoir celle ipii rajiju'iri!: ii>n(e crvili, m ii!i'a!n is:u [ilu: ii'-ft^ du pore- A un idéal i:il>Tieitr de <! [ ] j- : 1 1' 1 r i i t.- perfection. ■ Ce qui importait a M. Bùrger, c'était rie contester l'application faite à ses poésies des principes établis par l'auteur des articles, mais non de combattre ces principes mêmes, qu'il ne peut guère nier sérieusement, sur lesquels il ne peut se méprendre sans rendre suspectes les idées qu'il se fait de l'art. Quand il se défend si vivement contre ces exigences, il confirme ou éveille !e soupçon , qu'en réalité il a peu d'espoir de mettre à couvert de ce cêté ses poéines. I! aurait dù nemmer celle de ses productions à qui le critique a fait tort par son jugement général. Quand , par exemple , M. burger tient pour impossible qu'un de ses confrères en poésie se soit oublié au point d'établir un idéal de l'art qui serait la condamnation des œuvres de celui-là même qui l'établit, il montre simplement par là combien son idéal à lui est soumis à l'influence de son amour-propre , si même il n'a été jusqu'à le déduire des productions particulières de son génie. Ce que le moraliste ne se
avec modestie, comme il espère l'avoir fait, mais non avec timidité. C'c>t à l'artiste Je comparaître avec timidité devant la .■riliijiii' <■[ ili'vajit le piililir, mais non à la critiqua île f(; montrer timide devant l'artiste, quand cet artiste n'est point un de ceux qui étendent et agrandissent les lois mêmes de la critique.
Serait-ce peut-être pour transporter la lutte sur un terrain étranger, que Ji. Bùrger interpelle toute la troupe des poètes lyriques allemands, qu'il crie ou feu ! sur tout le Parnasse, qu'il évoque, pour éteindre l'incendie, le génie d'un YVicland et de ses pareils. Qu'il prenne garde d Vvt.-illiT l'ombre de Samuel : il pourrait recevoir la mènie réponse qu'autrefois Saùl. L'auteur de la critique se souvent d'avoii' élevé M. Burgor au-dessus de tous ceux qui lui disputent la palme de la poésie lyrique. Mais il ne s'ensuit pas que tous ceux-là luttent avec lui pour cette palme, qui ont une fois exhalé dans un chant ou dans une ode la pli- ni tu du de leur enthousiasme; et ces poètes également ne luttent plus, qui ont depuis longtemps conquis la couronne. Enfin, quelle que soit la supériorité du génie de M. Bùrger sur ses concurrents, il pourrait se faire que plus (l'un parmi cu\, qui le lui céderait en talent de poésie, fût digne de lui servir de nimlèle dans des parties essentielles de la peinture poétique.
Si « ce public, largement favorable, « de M. Itûrger, . a pu tenir son génie pour un être encore supérieur à ce qu'il en pense lui-même, ■ ce qui est beaucoup dire; s'il a accueilli . avec une approbation excessive » un bien plus grand nombre de ses productions que l'auteur n'eût voulu; et si, avec une foi dévote dont l'auteur en personne a roupi, a s admirateurs ont organisé
ne serait réellement pas un aussi grand malheur que le dit M. Bùrger, de se trouver jusqu'à un certain point en désaccord avec le jugement de ce public. Aussi n'est-il pas nécessaire d'admettre que tout le monde des écrivains et des lecteurs se soit trompé , s'il se trouve , après examen , que M. flùrger ne soit point un poêle nul ri et achevé. Aisément la satisfaction