L'ÉDITEUR DES PROPYLÉES
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L'ÉDITEUB DES PROPYLÉES'.
Je viens d'examiner If s lahlmix riij\ijin-U ont donné lieu vos deux derniers concours; et, encore occupé de ces impressions toutes vives, j'essaye de coordonner et de rendre les idées qu'ont éveillées en moi ces intéressantes œuvres d'art. Les ouvrages de l'imagination ont cela de particulier, qu'ils ne permettent point de jouissance simplement passive, et qu'ils sollicitent l'esprit' du spectateur à l'activité. Les œuvres d'art nous ramènent à l'art , que dis-je ï ce sont elles qui le produisent en
En donnant ces sujets de prix, vous n'aviez, Il est vrai, songé qu'au! artistes , niais de plus, par cette institution , vous avez ouvert aux simples spectateurs une source féconde de plaisir et d'instruction. Ces deujj séries, l'une de dit-neuf, l'autre de neuf tableaux, composées chacune sur un même sujet, offrent à l'entendement un intérêt tout particulier, dont ne saurait en vérité se faire aucune idée celui qui ne fait que s'aban-
1. Celle lellrc aélé insérés, en 1800, dans lu deuiième cahier du lomolllrtos
Goethe, écrivit ci? morceau, qui fui imprimé h lu suite d'un Itrl-mênu el iFhd uKm de Mtyer.
donner sans rétk'rlnr aux impressions des œuvres d'art, l'n aussi grand nombre de v^rï (;iJt!<.-.s cbefs-d'ieuvrc, mais où l'on aurait traité des sujets différents, nous eût incontestablement procuré une plus haute jvuissaiirt artistique; mais peut-être n'eût-elle pas suscité une aussi féconde idée de. l'art, que ces façons multiples de traiter un même thème : c'est du moins ce que j'ai éprouve 1 .
Un mot d'abord sur les sujets proposés. Eu fait de beauxsujets, car l'un et l'autre, sous des mains habiles, sont effectivement devenus des tableaux espressifs , originaux et agréables.
Bien que l'art soit un tout indivisible , bien que l'imagination et la sensibilité doivent agir toutes deux pour le produire , il y a toutefois des œuvres d'arl d'imagination, et des œuvres d'art de sensibilité , suivant qu'elles se rapprochent surtout de l'un ou de l'autre de ces deux pôles esthétiques : mais toute œuvre artistique et poétique doit appartenir à l'une de ces deux classes, ou elle n'a absolument aucune valeur au point de vue de l'art. Vous avez fait en sorte, dans ces deux programmes, que chaque artiste fût occupé dans sa sphère, et que celui que ia nature aurait doué assez richement pour cela, pùt briller dans les deux domaines de l'art.
Les Adieux d'ilecinr 1 se prêtaient à une peinture sentimentale, naïve et pleine de cœur. L'Enlèvement des chevaux de Rhésus', scène nocturne . prêtait au contraire è un tableau de fantaisie, hardi el fort. Les deux sujets, considérés en euxmêmes, au point de vue de l'intérêt esthétique, sont d'égale valeur, et, à tout prendre, ils offraient peut-être, au point de vue de l'exécution, autant ou aussi peu de difficultés l'un que l'autre. C'est donc le génie propre et l'inclination de l'artiste qui devait déterminer son choix, et l'on pouvait prévoir de quel coté se porterait le plus grand nombre. Le premier sujet