‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 1 sur 228 · Oeuvres de Schiller Oeuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5 · texte numérisé non relu

Oeuvres de Schiller Oeuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5

Lorsque je lus, il y a quelques années, l’histoire de la révolution des Pays-Bas sous Pliilippe II, dans l’excellente relation de Watson, Je me sentis saisi, à cette lecture, d’un enthousiasme auquel les événements politiques ne nous élèvent que rarement. Après un examen plus attentif, je crus découvrir que cet enthousiasme était moins chez moi le produit du livre qu’un rapide etTet de ma propre imagination, qui avait elle-même donné au sujet qui m’était otlert la forme sous laquelle il me

La première édition de Vffistoire de ia rt^olte des Pays-Bas parut cheï Crusius, à Leipzig, dans l’automne de 1788. L’introduction elle commencement de l’histoire, jusqu'à la fin de la section intitulée ; les Pays-Bas touj Charles- (>uinf, avaient été insérés, peu de temps auparavant, dans le Mercure nllemandf dirigé par Wicland (cahiers de janvier et février 1788). — Une seconde éilition, retra\-ailléo par l'auteur (nous indiquerons les variantes), fut publiée en 18ul. C est le texte définitif que reproduisent les OKurres complètes et que nous avons traduit. La première étlUion promettait une suite : elle portait la désignation de Tome /, et avait pour second titre : Primière partie^ contenant Vllistoire de la rébellion jusqu à l’union d'Ütrcchl. Les quatre livres d à présent n'en formaient que trois, qui avaient chacun un titre général et n’étaient point partagés, comme Us le sont, à partir de l'éiliiion de 1801 , en sections. Le premier livre, ayant le titre d’/ntroduftion, contenait, ne faisant qu’un seul tout, rintroiiuclion et le premier livre actuels; le second livre, intitulé : Gouvernement de Marguerite de ParmCy commençait et finissait aux mêmes endroits que maintenant; le troisièmo livre, avec un double titra : Uouremé'went de Marguerite de Parme, Conjuration de la noblessey renfermait nos liv. III et IV. — La seconde feuille de titre de cette première ^lition est ornée d'une vignette représentant un chapeau de la liberté, placé au haut d’une lance plantée sur un tertre. C’est l’cnihlème d'affranchifcsement adopté par les Provinces-Unies. (Voyez plus bas une note de Schiller, placée non loin de la fin de la première section du livre II; voyez aussi Vilistoire métallique des Pays fias.)

(A l’exception des renvois aux auteurs, lesquels sont extraits de l'original allô* mand, toutes les notes non signées sont de M. Hcgnicr.)

charmait si vivement. Cet effet, je souhaitai de le rendre durable, de le multiplier, de l'accroître; ces impressions généreuses, je souhaitai de les répandre et de les communiquer à d'autres. Telle a été la première origine de cette histoire, et c'est aussi toute ma mission pour l'écrire.

L’exécution de ce projet m'entraîna plus loin que je n’avais pensé d’abord. Une connaissance plus approfondie de mon sujet m’y fit bientôt découvrir des côtés faibles, que je n’avais pas prévus, de grandes lacunes, que je devais combler, des contradictions apparentes, qu’il me fallait lever, des faits isolés, qu’il était nécessaire de lier aux autres. .Moins pour remplir mon histoire de beaucoup d’événements nouveaux que pour chercher la clef de ceux que je savais déjà, je remontai aux sources mêmes ; etc’est ainsi que s’étendit, jusqu’à former une histoire détaillée, ce qui n’était destiné d’abord qu’à devenir une esquisse générale.

Cette première partie, qui se termine au moment où la duchesse de Parme se retire des Pays-Bas, doit être considérée seulement comme une introduction à la révolution proprement dite, qui n'éclata que sous le gouvernement de son successeur. J’ai cru devoir consacrer à cette époque préparatoire d’autant plus de soin et d’exactitude, .que ces qualités m'ont paru manquer davantage chez la plupart des écrivains qui l'ont traitée avant moi, et que je me suis plus convaincu que toute la suite reposait sur elle. Si donc l'on trouve cette première partie trop pauvre en événements importants, trop détaillée sur des faits minutieux, ou qui paraissent tels, trop prodigue de répétitions, et, en général, trop lente dans la marche de l’action, qu’on se souvienne que c’est jirécisément de ces faibles germes que sortit peu à peu la révolution tout entière, et que tous les grands résultats ultérieurs furent produits par une somme innombrable de petites circonstances. Une nation comme était celle que nous avons ici sous les yeux fait toujours les premiers pas avec lenteur, réserve et incertitude ; mais les suivants sont d’autant plus rapides ; je me suis tracé la même marche dans le récit de cette révolution. Plus j’aurai arrêté le lecteur à l’introduction, plus il se sera familiarisé avec les acteurs et accoutumé au théâtre sur lequel ils agissent : mieux aussi je pourrai le conduire, d’un pas rapide et sûr, à travers les périodes sui-

Page 1