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ne faisait disparattre aucun abus e.ssenlicl, que le peuple, dans son nK'contentement, l’appelait non pas la modération, mais la •moorikraiion, c’cst-à-dire l’édit de meurtre
Après avoir ainsi surpris le consentement des états, on présenta la modération au conseil d’État, et, lorsqu’il l’eut signée, elle fut envoyée au roren Espagne, pour recevoir force de loi par sa ratification
L’ambassade à .Madrid, dont on était convenu avec les confédérés, fut d’abord confiée au marquis de Bergues*; mais, par une défiance trop fondée des dispositions actuelles du roi , et parce qu’il ne voulait pas se charger seul de cette affaire délicate, il demanda un collègue. 11 l’obtint en la personne du baron de Montigny, qui avait été déjà employé précédemment à une semblable affaire , et qui l’avait glorieusement terminée. Mais, comme les circonstances avaient considérablement changé depuis ce temps, et que Montigny avait de ju.stes inquiétudes sur la réception qui l’attendait à .Madrid cette seconde fois , il convint avec la duchesse, pour sa plus grande sûreté, qu’elle écrirait préalablement au roi à ce sujet, et que cependant il voyagerait avec son compagnon assez lentement pour que la réponse du roi pût l’atteindre encore en chemin. Son bon génie, qui voulait l’arracher, ce semble, au sort affreux qui lui était réservé à Madrid , troubla encore son voyage par un incident Inattendu : une blessure que le marquis de Bergues reçut en jouant à la paume, le mit hors d’état d’accompagner immédiatement Montigny. Néanmoins, celui-ci, comme la gouvernante le pressait de faire diligence, se mit seul en route, non pas, comme il espérait, pour gagner en Espagne la cause de ses concitoyens, mais pour mourir martyr de cette cause *.
La face des choses était maintenant si fort changée , et la démarche que la noblesse venait de faire avait rendu si imminente une complète rupture avec le gouvernement, qu’il sem-
1. Hist. ffi'n. des Prov. Un., 72 (t. V, p. 110, 111 (te l'éd. franc.).