‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 130 sur 228 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

(jiic, alors, croyez-moi, l’on n'entcnclra plus parler ici de trouj>es es|iagiioles ; et c’est à cela que je vous invite tous en ce moment |)ar mon conseil et mon exemple; à cela aussi que la plupart de nos frères inclinent déji. .Moi pour ma part, je ne crains rien de la colère du monarque. .Ma conscience m’absout ; mon sort dépend de sa justice et de sa bonté'. •

Vainement Nassau , lloorn et Orange s’etrorcèrent d’ébranler sa constance, et de lui ouvrir les yeux sur le danger prochain , inévitable. Egmont était sincèrement dévoué au roi ; le souvenir de ses bienfaits et des procédés obligeants dont il les avait accompagnés, vivait encore dans sa mémoire. U's attentions par lesquelles il l’avait distingué de tous ses amis n’avaient pas manqué leur effet. C’était plus par fausse honte que par esprit de parti qu’il avait défendu contre lui la cause de ses concitoyens; c’était plus par tempérament et par bonté naturelle de cœur que par des principes éprouvés qu'il avait combattu les mesures rigoureuses du gouvernement. L’amour de la nation, qui l’adorait comme son idole , avait égaré son ambition. Trop vain pour sacrilier un renom qui résonnait si agréablement à ses oreilles, il avait dù faire quelque chose pour le mériter; mais un seul regard jeté sur sa famille, une qualification sévère sous laquelle on lui représentait sa conduite, une dangereuse conséquence qu’on en tirait, le seul nom du crime, l’arrachaient à cette illusion, et le ramenaient tremblant et empressé à son devoir.

La retraite d’Egmont fit échouer tout le plan du prince d’Orange. Egmont avait les cœurs du peuple et toute 1a confiance de l’armée, sans laquelle il était absolument impossible d’entreprendre quelque chose d’eflicace. On avait si sûrement compté sur lui! Sa déclaration inattendue rendit toute la conférence inutile. On se sépara sans avoir rien résolu. Tous ceux qui s’étaient rencontrés à Dendermonde étaient attendus à Bruxelles au conseil d’Etat; mais Egmont seul s’y rendit. La gouvernante voulut le questionner sur ce qui avait été l’objet de l’entretien; elle n’obtint autre chose de lui que la lettre d’Alava, dont il avait emporté une copie, et qu’il lui présenta en ajoutant les reproches

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