Uoloren, 495. — Strad
SUPPLÉMENT
ot longue de quarante. Il remplit cette chambre de soixante quintaux d’une poudre extrêmement line, de son invention, et la couvrit de grandes pierres tumulaires et de meules, aussi lourdes que le vaisseau les pouvait porter. I.ii-dessuS il construisit encore, avec des pierres semblables, un toit qui finissait en pointe , et qui s’élevait de six pieds au-dessus du bord des bateaux. Le toit même fut bourré de chaînes de fer, de crocs, de boulets de métal ou de pierre, de clous, de couteaux et d’aulrcs instruments meurtriers. Le reste du vaisseau , qui n’était pas occupé par la chambre , fut rempli de pierres, et le tout recouvert de planches. La chambre même avait plusieurs petites ouvertures pour les mèches qui devaient faire partir la mine. Par surcroît de précaution , on y avait placé une horloge qui pouvait, au bout d’un temps tixé, faire jaillir des étincelles, et, lors même que les mèches n’agiraient pas, mettre le feu au navire. Pour faire accroire aux ennemis que ces machines n'avaient d’autre objet que d’incendier le pont; on entretint sur le faîte un feu de soufre et de poix, qui pouvait briller une heure entière. Même, pour détourner plus encore leur attention du véritable siège du danger, Gianibelli équipa de plus trente-deux schuyits (petits bateaux plats), sur lesquelles brûlaient seulement des feux d’artifice, et qui n’avaient d’autre destination que de faire illusion à l’ennemi. Ces brûlots devaient descendre vers le pont, de demi-heure en demi-heure, en quatre différents transports, et tenir les ennemis incessamment en haleine pendant deux heures entières , afin que, fatigués de tirer, et lassés par une attente inutile, ils fussent moins sur leurs gardes quand les véritables volcans arriveraient. Il fit encore, par surcroît, voguer en avant quelques bateaux où était cachée de la poudre, pour faire .sauter l’ouvrage qui flottait devant le pont et ouvrir le chemin aux bâtiments principaux. Il espérait, en même temps, parce combat d’avant-poste, donner de l’occupation aux ennemis, les attirer et les exposer à tout l’effet meurtrier du volcan*.
On fixa pour l’exécution de cette grande entreprise la nuit du 4 au 5 avril. Un bruit sourd s’en était déjà répandu dans le