‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 74 sur 228 · ri(. Vij/., Ç 88, 89. — Burg · texte numérisé non relu

ri(. Vij/., Ç 88, 89. — Burg

ril. rtj/i., 89. — C’est le même dans les Mémoires duquel j’ai puisé beaucoup d'écUircissements sur cette époque. Il partit plus tard pour l’Espagne* ce qui occasionna sa correspondance avec le président, qui est un des plus précieux documents pour cette histoire. (^Yo(e de l'auteur.)

U. Burg. , 1U3.

LIVnE DEUXIÈME.

ral et de modérer un peu les édits de religion. Mais, en même temps, il établit à Madrid une commission de théologiens, auxquels fut posée la question de savoir s’il était nécessaire d’accorder aux provinces la tolérance religieuse qu’elles réclamaient. Comme la pluiiart furent d’avis que la constitution particulière des Pays-Bas et la crainte d’un soulèvement pouvaient y faire excuser un certain degré d'indulgence, la question fut renouvelée en termes plus précis. 11 ne demandait pas de savoir « s’il le pouvait, mais s’il le devait. • La réponse sur ce second point ayant été négative, il se leva de son siège, et, se jetant à genoux devant un crucilix ; « Je te prie donc, majesté du Tout-Puissant, s’écria-t-il, de ne me laisser jamais tomber si bas, que je sois le souverain de sujets qui te repoussent. » Et c’est à |)eu près dans cet esprit que furent arrêtées les mesures qu’il avait résolu d'adopter pour les Pays-Bas. Sur l’article de la religion, la résolution du monarque était prise irrévocablement ; la pressante nécessité pouvait le forcer peut-être à se montrer moins rigoureux dans l’exécution des édits, mais jamais à les révoquer ou seulement à les restreindre légalement. Egmont lui représenta combien ces exécutions publiques des hérétiques augmentaient elles-mêmes leur parti, parce que les exemples de leur courage et de leur joie dans la mort remplissaient les spectateurs de la plus profonde admiration, et leur donnaient de hautes idées d’une doctrine qui peut faire de ses confesseurs des héros. Gette représentation ne fut pas négligée par le roi, mais elle produisit un effet tout autre que celui que le comte avait en vue. Pour éviter ces scènes séduisantes, sans rien retrancher cependant de la rigueur des édits, il eut recours à un expédient, et décida qu’à l'avenir les exécutions auraient lieu en secret. La réponse du roi à l’objet de l’ambassade fut remise par écrit au comte pour la gouvernante. Avant de le congédier, il ne put s'empêcher de lui demander des explications sur sa conduite envers Granvelle, et il fit mention particulièrement de sa livrée moqueuse'. Egmont protesta que tout cela n’avait été qu’une plaisanterie de table et qu’on n’avait eu aucune pensée qui blessât le respect envers le monarque. .S’il

l. Voyex la nute de la page 126.

!56- mSTOlIlE 1)E LA BÉVUl.TE DES PAYS-BAS.

savait qu’un seul d'entre eux eût songé en cela à quelque chose de si criminel, il le forcerait lui-niéine de mettre l’épée à la main’.

A son départ , le roi lui lit présent de cinquante mille florins, et y ajouta l’assurance qu’il se chargeait d’établir ses filles. 11 lui permit en même temps d'emmener avec lui à Bruxelles le Jeune Farnèsc de Parme, pour donner par li une marque d'attention à sa mère la gouvernante*. La feinte douceur du roi, et les assurances qu’il donna, pour la nation néerlandaise, d’une alTection qu’il ne sentait pas , trompèrent la loyauté du Flamand. Heureux du bonheur qu’il croyait rapporter à sa patrie, et dentelle n’avait jamais été plus éloignée, il quitta .Madrid, satisfait au delà de son attente, pour remplir toutes les provinces néerlandaises de la gloire de leur bon roi.

Dès l’ouverture de la réponse royale dans le conseil d’État de Bruxelles , ces agréables espérances diminuèrent déjà considérablement. « Quoique sa résolution au sujet des édits de religion, disait le roi, fût arrêtée et invariable, et qu’il aimât mieux perdre mille fois la vie que d’y changer une seule lettre, cependant, sur les représentations du comte d’Egmont, il n’avait voulu négliger aucun des moyens de douceur par lesquels le peuple pourrait être préservé de la contagion hérétique et arraché à ces châtiments irrévocables. Or, comme il avait appris , par le rapport du comte, que, jusqu’à ce jour, la principale cause des hérésies devait être cherchée dans la corruption des mœurs du clergé néerlandais , dans la mauvaise instruction du peuple, et le peu de soin apporté à l’éducation de lajeunes.se : il invitait la gouvernante à nommer une commission particulière de trois évêques et de quelques-uns des plus habiles théologiens, qui auraient à délibérer sur la réforme nécessaire, afin que le peuple ne fût pas à l’avenir ébranlé dans sa foi par le scandale, ou précipité dans l’erreur par ignorance. Gommé il a d'ailleurs appris que les exécutions publiques des hérétiques ne servaient qu'à leur donner l’occasion de faire parade d’un courage forcené, et de séduire le commun peuple par *

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