LIVRE DEUXIÈME
une apparence de martyre, la commission devra proposer les moyens d’entourer ces exécutions de plus de mystère , et de ravir aux hérétiques condamnés l’honneur de leur constance. • .Mais pour être certain que cette commission particulière ne dépasserait pas son mandat, Philippe II requit expressément que l’évéque d’Ypres, homme éprouvé et le plus sévère zélateur do la foi catholique, fût un des conseillers délégués. Les délibérations, s’il était possible, devaient être secrètes, et avoir pour but ostensible l’introduction du concile de Trente : c’était vraisemblablement pour ne pas inquiéter la cour de Rome par ce synode particulier, et ne donner par là aucun encouragement à l’esprit de révolte dans les Provinces. I.a duchesse devait assister elle-même aux séances, avec quelques conseillers dévoués ; après quoi un rapport écrit lui serait adressé à lui-même sur CR qui aurait été fait. Philippe envoyait provisoirement à la gouvernante une somme d’argent pour ses plus pressants besoins. Il lui faisait espérer qu’il viendrait en personne; mais il fallait d’abord terminer la guerre avec les Turcs, qu’on attendait alors devant Malte. L’augmentation proposée du conseil d’Ètat et la réunion à ce corps du conseil privé et du conseil des finances furent passées entièrement sous silence; seulement le duc d’.\rschot, que nous connaissons pour un zélé royaliste, obtint séance et voix dans le dernier. Viglius était, il est \Tai, déchargé de la présidence du conseil privé, mais il dut néanmoins continuer encore d’exercer cette charge quatre années entières; parce que son successeur, Charles Tyssenacque, membre du conseil des affaires néerlandaises séant à Madrid, fut retenu pendant tout ce temps en Espagne'.
1. Hoppor, 44-40, 60. — Siraii., 107, 15f. — Fila Vigl., 40; Sol. ad Vil. figl-, 187. — Burgund., IT)5, sq., 119.