‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome second. 6Chapitre 125 sur 219 · SCHILLER. — BIST. U · texte numérisé non relu

SCHILLER. — BIST. U

242 HISTOIRE DE LA GUERRE DE TRENTE ANS. tion, et la désobéissance à ses ordres effaçait même le plus éclatant mérite. L'empereur avait besoin de ses services, et, comme empereur, il les exigeait. Quelque prix que Wallenstein voulût y mettre, l'empereur le lui accordait. Mais il voulait l’obéissance : sinon le poids de sa colère écraserait l'indocile serviteur. »

Wallenstein, dont les vastes possessions, enclavées dans la monarchie autrichienne, étaient sans cesse à la merci du pouvoir impérial, sentit vivement que cette menace n’était pas vaine; mais ce ne fut pas la crainte qui surmonta enfin son obstination simulée. Ce langage impérieux ne lui découvrit que trop clairement la faiblesse et le désespoir qui en étaient la source; l’empressement de l’empereur à lui accorder toutes ses demandes lui persuada qu’il touchait au terme de ses vœux. Il se déclara donc vaincu par l’éloquence d’Eggenberg, et le quitta pour aller rédiger ses conditions.

Le ministre n’attendait pas sans angoisse un écrit où le plus orgueilleux des serviteurs avait l’audace de dicter des lois au plus orgueilleux des princes. Mais, si faible que fût sa confiance en la modestie de son ami, les prétentions excessives contenues dans cet écrit dépassèrent cependant de bien loin ses craintes les plus vives. Wallenstein demandait une autorité suprême et absolue sur toutes les armées allemandes de la maison d’Autriche et d'Espagne, avec le pouvoir illimité de punir et de récompenser. Ni le roi de Hongrie, ni l’empereur lui-même n’auraient la permission de paraître à l’armée, et moins encore d’y faire aucun acte d'autorité. L’empereur ne devait y disposer d’aucun emploi, y distribuer aucune récompense; aucune lettre de grâce ne devait être valable sans la ratification de Wallenstein. Il disposerait seul, à l'exclusion de tous tribunaux de l’empereur et de l’Empire, de tout ce qui serait confisqué ou conquis en Allemagne. On lui céderait, à titre de récompense ordinaire, un domaine héréditaire impérial, et en outre, comme don extraordinaire, un des pays conquis dans l’Empire. Toute province autrichienne lui devait être ouverte, comme refuge, aussitôt qu'il en aurait besoin. Il demandait de plus que le duché de Mecklembourg lui fût garanti dans le traité de paix futur; enfin il voulait un congé formel et signifié longtemps

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