Dans la première édition : « Corbev. s
294 H1ST0IR E DE I,A GUERRE DE TRENTE ANS. soumis à la domination suédoise les villes de Benfeld, Schelestadt, Colmar et Haguenau, il en remit la défense au rhingrave Othon-Louis, et se hâta de passer le Rhin pour renforcer l'armée de Banner. Mais, quoiqu’elle fût dés lors forte de seize mille hommes, elle ne put toutefois empêcher l'ennemi de s’établir sur la frontière de la Souabe, de prendre Kempten et de s’accroître de sept régiments venus de Bohême. Pour garder les rives importantes du Lech et du Danube, on dégarnit l’Alsace, où, après le départ de Horn, le rhingrave Üthon-Louis avait eu de la peine à se défendre contre les paysans soulevés. Il fallut que lui aussi vînt renforcer avec ses troupes l’armée du Danube ; et, comme ce secours ne suffisait pas encore, on invita instamment le duc Bernard de Weimar à tourner ses armes de ce côté.
Peu après l'ouverture de la campagne de 1633, Bernard s’était emparé de la ville et de tout l’évêché de Bamberg, et il préparait le même sort à Wurtzbourg. Sur l’invitation de Gustave Horn, il se mit aussitôt en marche vers le Danube, battit, chemin faisant, une armée bavaroise, commandée par Jean de Werth, et fit près de Donawert sa jonction avec les Suédois. Cette nombreuse année, commandée par d'excellents généraux, menace la Bavière d’une formidable invasion. Tout l’évêché d’Eichstædt est inondé de troupes, et un traître promet de faire tomber môme Ingolstadt dans les mains des Suédois. L'activité d’Altringer est enchaînée par l’ordre formel de Friedland, et, ne recevant aucun secours de Bohême, il ne peut s’opposer aux progrès de l'armée ennemie. Les plus favorables circonstances se réunissent pour rendre victorieuses dans ces contrées les armes des Suédois, quand les mouvements-de l'armée sont tout à coup arrêtés par une révolte des officiers.
On devait aux armes tout ce qu’on avait acquis en Allemagne ; la grandeur même de Gustave-Adolphe était l’ouvrage de l’armée, le fruit de sa discipline, de ses travaux, de son courage inébranlable au milieu de fatigues et de dangers infinis. Si habilement que l’on traçât les plans dans le cabinet, l’armée seule, en définitive, en était l’exécutrice, et les projets des chefs en s’étendant ne faisaient qu’augmenter toujours ses fatigues. Dans celle guerre, tous les grands résultats avaient été obtenus