‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome second. 6Chapitre 44 sur 219 · SCHILLER. — H1ST. H · texte numérisé non relu

SCHILLER. — H1ST. H

82 HISTOIRE DE LA GUERRE DE TRENTE ANS. nant aux ordres de l’empereur contre les Bohèmes, que le traité d’Ulm abandonnait à leur sort. Avant que la nouvelle de ce qui s'était passé à Ulm se fût répandue dans l’Autriche supérieure, Maximilien y parut tout à coup, et les états, consternés, nullement préparés à repousser une attaque, achetèrent le pardon de l’empereur, en lui rendant l'hommage sur-le-champ et sans condition. Le duc fut renforcé, dans la basse Autriche, par les troupes néerlandaises du comte de Bucquoi , et cette armée austro-bavaroise, qui s’élevait, après la jonction, è cinquante mille hommes, pénétra, sans perdre un moment, sur le territoire de Bohême. Elle chassa devant elle tous les escadrons bohèmes, répandus dans la basse Autriche et la Moravie. Toutes les villes qui tentèrent de résister furent prises d'assaut ; d'autres, effrayées par le bruit du châtiment infligé à celles-ci, ouvrirent volontairement leurs portes : rien n’arrêtait la course impétueuse de Maximilien. L'armée bohème, sous les ordres du vaillant prince Christian d’Anhalt, se replia jusque dans le voisinage de Prague , et Maximilien lui livra bataille sous les murs de cette capitale.

Le mauvais état dans lequel il espérait surprendre l’armée des rebelles justifiait la précipitation de Maximilien et lui assura la victoire. Frédéric n’avait pas rassemblé trente mille hommes; le prince d'Anhalt lui en avait amené huit mille; Bethlen Gabor lui avait envoyé dix mille Hongrois, l'ne incursion de l'électeur de Saxe dans la Lusace avait intercepté tous les secours qu’il attendait de ce pays et de la Silésie; la pacification de l’Autriche* le privait de tous ceux qu’il s'était promis de ce côté. Bethlen Gabor, le plus important de ses alliés, se tint en repos. L’union avait livré Frédéric à l’empereur. 11 ne lui restait plus que ses Bohèmes , qui manquaient eux-mêmes de bonne volonté, d’accord et de courage. l.es magnats de Bohême étaient mécontents de se voir préférer des généraux allemands; le comte de Mansfeld resta à Pilsen, séparé du quartier général, afin de ne pas servir sous Anhalt et Hohenlohe. Le soldat, qui manquait du nécessaire, perdit toute ardeur et tout courage , et la mauvaise discipline de l’armée provoquait chez

1. Dans la première édition : • La soumission de l’Autriche. »

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