‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome second. 6Chapitre 43 sur 219 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

tèrent dans l’inaction; le roi Jacques d’Angleterre se laissa tromper par les artifices de l'Espagne. Un ami après l’autre se retira; une espérance après l’autre s’évanouit. Si rapide avait été, en quelques mois, le changement de toutes choses !

Cependant les chefs de l’union rassemblèrent un corps d’armée; l’empereur et la ligue en firent autant. Les forces de la ligue étaient réunies près de llonawert, sous les ordres de Maximilien; celles de l’union près d’Ulm , sous le margrave d’Anspach. On croyait toucher enfin au moment décisif, qui devait terminer par un grand coup cette longue querelle, et fixer irrévocablement les rapports des deux Églises en Allemagne. Les deux partis attendaient l’événement avec anxiété. Mais quel ne fut pas l’étonnement, lorsque la nouvelle de la paix arriva tout à coup, et que les deux armées se séparèrent sans coup férir !

L’intervention de la France avait produit cette paix, que les deux partis acceptèrent avec un égal empressement. Le ministère français, qui n'était plus dirigé par Henri le Grand, et d'ailleurs la politique de ce roi n’était peut-être plus applicable à la situation du royaume , craignait maintenant beaucoup moins l’agrandissement de l’Autriche que la puissance où s'élèveraient les calvinistes si la maison palatine se maintenait sur le trône de Bohème. Engagé lui-même, précisément alors, dans une lutte difficile avec les huguenots de l’intérieur , il n’avait pas de plus pressant intérêt que de voir la faction protestante écrasée le plus tôt possible en Bohême, avant qu’elle pût offrir à la faction des huguenots en France un dangereux modèle. Afin que l’empereur eût les mains libres pour agir sans délai contre les Bohèmes, le ministère français s’interposa donc comme médiateur entre l’union et la ligue, et ménagea cette paix inattendue, dont l'article le plus important était « que l’union ne prendrait aucune part aux affaires de Bohême, et que les secours qu’elle pourrait prêter à Frédéric V ne s'étendraient pas au delà des pays palatins. » La fermeté de Maximilien, et la crainte de se voir prise entre les troupes de la ligue et une nouvelle armée impériale, qui s’avançait des Pays-Bas, décidèrent l’union à cette paix honteuse.

Toutes les forces de la Bavière et de la ligue étaient mainte-

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