moralement < la route de la montagne
5Cllll.LF.lt. — I11ST. II
nand II la couronne électorale. Sourd aux conseils d’une sage politique, il ne suivait que les mouvements d'une fougueuse ambition. En soutenant l’empereur il provoqua la France, sa redoutable voisine, et, pour courir dans les pays lointains après un brillant fantôme, qui cependant fuyait toujours devant lui, il découvrit ses domaines héréditaires, qu’une armée française envahit comme un torrent irrésistible. On lui accorda sans peine en Autriche l'honneur de se perdre, comme les princes de la ligue, pour l’avantage de la maison archiducale. Enivré de vaines espérances, ce prince rassembla une armée de dix-sept mille hommes, qu'il voulut conduire en personne contre les Suédois. Si ces troupes manquaient de discipline et de courage, elles éblouissaient du moins les yeux par une brillante parure, et autant elles cachaient leur bravoure devant l’ennemi, autant elles s’en montraient prodigues envers le bourgeois et le paysan sans défense, au secours desquels elles étaient appelées. Cette armée, élégamment parée, ne pouvait tenir longtemps contre le hardi courage et la redoutable discipline des Suédois. Une terreur panique la saisit quand la cavalerie suédoise fondit sur elle, et elle fut aisément chassée des quartiers qu’elle occupait dans l’évêché de Würtzbourg. L’échec de quelques régiments causa une déroute générale parmi les troupes, et leur faible reste se hâta de se dérober à la bravoure des soldats du Nord dans quelques villes au delà du Rhin. Objet de risée pour les Allemands et couvert de honte, leur chef se sauva chez lui par Strasbourg , trop heureux d’apaiser par une humble lettre d’excuses la colère de son vainqueur , qui commença par le battre, et ne lui demanda compte qu’après de ses hostilités. Un paysan d’un village du Rhin se permit, dit-on, de porter un coup au cheval du duc, comme il vint à passer près de lui dans sa fuite. « Allons, seigneur, dit le paysan, il faut courir plus vite, quand vous fuyez devant le grand r^j de Suède. »
Le malheureux exemple de son voisin avait inspiré à l’évêque de Bamberg de plus sages mesures. Pour préserver ses domaines du pillage, il vint au-devant du roi avec des propositions de paix, mais qui ne devaient servir qu’à retarder le progrès de ses armes, jusqu’à l’arrivée des secours. Gustave-Adolphe, beaucoup trop loyal lui-même pour craindre la ruse chez autrui, accepta