‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome second. 6Chapitre 98 sur 219 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

ril. Dans l’entrefaite, ce général vaincu avait rassemblé sur le Wéser les débris de ses troupes dispersées; il s’était renforcé dés garnisons impériales de la basse Saxe et avait fait sa jonction dans la Hesse avec ses deux lieutenants Altringer et Fugger. A la tète de ces forces considérables, le comte Tilly brûlait d'impatience d’effacer la honte de sa première défaite par une victoire plus éclatante. Dans son camp près de Fulde, où il s’était avancé avec son armée, il attendait, plein d’une extrême ardeur, la permission du duc de Bavière d’en venir aux mains avec Gustave-Adolphe. Mais, après l’armée de Tilly, la ligue n’en avait pas une deuxième à perdre, et Maximilien était beaucoup trop circonspect pour livrer toute la destinée de son parti au hasard d'une nouvelle bataille. Tilly reçut, les larmes aux yeux, les ordres de son maître, qui le contraignaient à l’inaction. Ainsi fut retardée la marche de ce général vers la Franconie, et Gustave-Adolphe eut le temps d'envahir tout l’évêché. Ce fut en vain que Tilly se renforça ensuite à AschafTenbourg de douze mille Lorrains , et accourut , avec des forces supérieures , pour débloquer VVui tzbourg : la ville et la citadelle étaient déjà au pouvoir des Suédois, et Maximilien de Bavière fut accusé, non sans quelque fondement peut-être, par la voix publique, d'avoir accéléré par ses hésitations la ruine de l’évêché. Forcé d'éviter une bataille, Tilly se contenta de s’opposer aux projets ultérieurs de l’ennemi; mais il ne put soustraire que bien peu de places à l'impétuosité des Suédois. Après une vaine tentative pour jeter un renfort dans la ville de Hanau, où les Impériaux n’avaient qu’une faible garnison, et dont la possession donnait au roi un trop grand avantage, il franchit le Mein près de Seligenstadt, et dirigea sa course vers la Bergstrasse1, pour défendre les provinces palatines contre l'attaque du vainqueur.

Le comte Tilly ne fut pas le seul ennemi que Gustave-Adolphe trouva sur sa route en Franconie et qu’il chassa devant lui. Le duc Charles de Lorraine, fameux, dans les annales de l’Europe de ce temps, par l’inconstance de son caractère, ses vains projets et sa mauvaise fortune, avait aussi levé son faible bras contre le héros suédois, pour mériter de l’empereur Ferdi-

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