‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 101 sur 438 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

LA PRINCESSE D'EBOLI; aussitôt aprh CARLOS.

ÉBOLI

Elle est donc vraie cette nouvelle extraordinaire qui déjà remplit toute la cour?

CARLOS entre.

Ne vous effrayez pas, princesse! Je veux être doux comme un enfant.

ÉBOU.

Prince.... cette surprise....

CARLOS

Êtes-vous encore offensée? Encore?

ÉBOLI

Prince !

CARLOS, plus pressant.

Êtes- vous encore offensée? Je vous en prie, dites-le-moi.

ÉBOU.

Qu’est-ce que cela signifie? Vous paraissez oublier, prince.... Que cherchez- vous près de moi?

CARLOS, lui prenant la main avec vivacité.

Jeune fille, peux-tu haïr éternellement? L’amour blessé ne pardonne-t-il jamais?

ÉBOLI veut se dégager.

Que me rappelez-vous, prince?

CARLOS

Ta bonté et mon ingratitude.... Ah! je le sais bien! je t'ai cruellement offensée, jeune fille, j’ai déchiré ton tendre cœur, j’ai fait couler des larmes de ces yeux d’ange.... hélas! et même en ce moment, je ne suis pas ici pour en exprimer mon repentir.

ÉBOLI

Prince, laissez-moi.... je....

CARLOS

Je suis venu, parce que tu es une douce fille, parce que je

Page 1