‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 119 sur 438 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CARLOS et LE MARQUIS DE POSA.

CARLOS, après que le Duc est sorti, s’adresse au .Marquis avec curiosité et surprise.

Mais qu’est-ce que cela? Explique-le-moi. N’es-tu* donc pas ministre ?

Je l’ai été, comme tu vois. {Allant à lui, avec une grande émotion.) Oh! Charles, cela a produit son effet. Oui, cela a réussi. Béni soit le Tout-Puissant qui a permis que cela réussit!

CARLOS

Réussi? Quoi? Je ne comprends pas tes paroles.

LE MARQUIS Saisit sa main.

Tu es sauvé, Charles.... tu es libre.... et moi.... (// s'arrête.)

CARLOS

Et toi?

LE MARQUIS

Et moi.... moi, aujourd’hui, pour la première fois, je te presse sur mon sein avec un droit plein et entier : ne l’ai-je pas payé de tout, de tout ce qui m’est cher?... Oh! Charles, que ce moment est doux, qu’il est grand! Je suis content de moi.

CARLOS

Quel changement soudain dans tes traits! Je ne t’ai jamais vu ainsi. Ta poitrine se soulève plus fièrement et tes regards resplendissent.

LE MARQUIS

Il faut nous dire adieu, Charles. Ne t’effraye point. Oh! sois homme! Quoi que tu entendes, promets-moi, Charles, ck ne pas me rendre celte séparation plus pénible par une douleur immodérée, indigne de grandes èmes.... Tu me perds, Charles.... pour beaucoup d’années.... Les insensés disent à jamais. {Carlos retire sa main, le regarde fixement et ne répond rien.) Sois homme! J’ai

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