‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 128 sur 438 · CARLOS, LE COMTE DE LERME · texte numérisé non relu

CARLOS, LE COMTE DE LERME

LERME

Sauvez-vous, prince. Le roi est furieux contre vous. Une atteinte à votre liberté.... sinon à votre vie. Ne m’en demandez pas davantage. Je me suis dérobé pour vous avertir. Fuyez sans délai.

CARLOS

Je suis dans les mains du Tout-Pui.ssant.

LERME

Comme la reine vient de me le faire entendre, vous devez quitter Madrid aujourd’hui niéme et vous réfugier à Bruxelles. Ne différez pas, de gréa’. La révolte favorise votre départ. C’est dans cette vue que la reine l’a excitée.... On n’aura pas la ha> diesse, en ce moment, d'user de violence envers vous. Des clievaux de poste vous attendent dans la Chartreuse, et voici des armes, pour le cas où vous seriez forcé.... {Il lui donm un poignard H des pistolets.)

CARLOS

Merci, merci, comte de liCrme.

LERME

Votre histoire d’aujourd’hui m’a ému jusqu’au fond du cœur. 11 n’y a plus d’ami qui aime ainsi. Tous les patriotes |)leurent sur vous. Je ne puis maintenant vous en dire plus.

CARLOS

Comte de Lcrme, celui qui n’est plus vous nommait un noble coeur.

■ LERME

Encore une fois, prince, partez, et que votre voyage soit heureux. Il viendra des temps meilleurs; mais alors je ne serai plus. Recevez ici, dès ce moment, mon hommage. (Il met un genou en terre devant lui.)

CAJU.OS veut C’en empêcher. Avec beaucoup d'émotion:

Pas ainsi.... non, pas ainsi, comte.... Vous ni’altendi issez.... Je ne voudrais pas amollir mon courage....

DON CA1U.ÜS.

LERME lui baise la main avec une vive sensibilité.

Roi de mes enfants! Oii! mes enfants pourront mourir pour vous. Moi, je ne le puis. Souvenez-vous de moi dans mes enfants.... Revenez en paix en Espagne. Sur le trône du roi Philippe, soyez homme. Vous avez aussi appris à connaitre la souffrance. Ne formez aucune entreprise sanglante contiaî votre père! Non, rien de sanglant, mon prince. Philippe H força votre aïeul à descendre du trône.... Ge Philippe tremble aujourd’hui devant son propre fils. Songez-y, prince.... et qu’aiiisi le ciel vous conduise! (fl s'éloigne rapidement. Carlos s’apprête à sortir à la hâte tfun autre côté, mais il revient tout ci coup sur ses pas et se prosterne devant le corps de Posa, qu'il presse de nouveau dans ses bras. Puis il quitte promptement la chambre.)

L’antich.'unbre du Roi.

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